La Conspiration du Caire

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© Atmo

Adam, jeune égyptien provincial, vient d’être accepté dans la prestigieuse université sunnite al-Azhar au Caire. Lorsque le grand imam (la plus haute autorité de l’islam en Égypte) meurt brutalement, les sphères politiques et religieuses se mobilisent dans l’ombre pour lui trouver un successeur. Adam est alors recruté comme informateur par les services de la Sûreté nationale pour influencer le choix du nouvel imam et déjouer les conspirations concurrentes.

Après Le Caire Confidentiel, Tarik Saleh signe un nouveau thriller politique et sonde les jeux de pouvoir entre les élites religieuses et politiques en Égypte. La Conspiration du Caire se construit comme une partie d’échecs. Le rythme est lent, implacable jusqu’à l’escalade finale. La structure est complexe et les règles du jeu auquel on assiste ne se clarifient que progressivement. L’atmosphère oppressante du film doit beaucoup au travail du chef opérateur Pierre Aïm qui filme l’université comme une prison. Le lieu de savoir devient ainsi un lieu d’oppression : de la cour au réfectoire en passant par le dortoir, Adam paraît continuellement enfermé dans l’imposante enceinte, et ses rares évasions nocturnes sont toujours faites dans la plus grande discrétion.

Mais La Conspiration du Caire n’est pas un portrait à charge contre l’islam. Sorte de transposition du roman de Umberto Eco Le Nom de la rose, le film agit par métonymie. Il interroge les limites inhérentes à tout lieu de pouvoir, qu’il soit politique ou religieux. « Le pouvoir est une arme à double tranchant » : cette assertion du chef des services secrets à la fin du film résonne comme la morale d’une fable. Et de fait, La Conspiration du Caire a bien la profondeur et la clairvoyance d’un apologue. L’une des plus belles scènes du film fait cohabiter un concours de récitation du Coran avec une trahison inattendue. Cette séquence reflète l’ambition de Tarik Saleh : réaliser un thriller qui milite pour la démocratisation du savoir, jouer des codes du polar pour mettre en lumière les dérives du pouvoir.

La Conspiration du Caire / de Tarik Saleh / Avec Tawfeek Barhom, Fares Fares, Mohammad Bakri / Suède / 2h00 / Sortie le 26 octobre.

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