La Montagne

Au cinéma le 1er février 2023

© Le Pacte

Pour son deuxième long métrage, Thomas Salvador poursuit sa quête de renouvellement du cinéma fantastique français. La Montagne emprunte au conte, au film social, et au film d’alpinisme, fondant le tout dans une ode à la plénitude qu’offrent les hautes altitudes.

Après Vincent n’a pas d’écailles sorti en 2014, Salvador investit une nouvelle fois le champ, finalement assez maigre, du cinéma fantastique français. Comme dans son précédent long métrage, le corps, la performance physique se voient sujets centraux des envies de mise en scène du réalisateur : faire faire à des corps des choses extraordinaires.

Pierre (Thomas Salvador), ingénieur dans la robotique, décide sur un coup de tête après un séminaire dans les Alpes de tout quitter pour la montagne. Bivouaquant sur le glacier, Pierre fait ses armes d’alpiniste, poussant le plus loin possible son mode de vie extrême. Il rencontre en parallèle Léa (Louise Bourgoin), chef dans le relais le plus proche, avec qui il se lie très vite. Un soir, Pierre observe d’étranges lumières sous la glace…

Le cinéaste travaille une fois encore au lien profond entre chair et nature qu’il tente d’instaurer. Dans un mouvement d’immersion, dans la glace ou dans l’eau, Pierre comme Vincent finissent par faire littéralement corps avec la nature. L’élément, qui d’habitude ralentit décuple ici les performances, une façon de voir la nature comme une alliée, avec qui coopérer, à respecter et à connaître intimement. Le corps passe là aussi d’outil, de surface d’échange, à objet conscient et sensible du monde qui l’entoure. S’effaçant ou s’incluant dans les paysages qu’il traverse, Thomas Salvador laisse voir et sentir au spectateur son amour et son profond respect pour le milieu qu’il filme. S’amorce là aussi un projet quasi spirituel, où le cinéaste aspire davantage à faire corps lui-même avec son environnement que de mettre en scène cette symbiose.

C’est dans la sincérité du montage, dans le temps, le plaisir contemplatif pris à chaque plan que se retrouve cet amour. Pour tout cela, La Montagne vit. Le film paraît presque diffus, ambiant, comme si seulement une part nous en était livré. Cette ambiance construite, cette reconstitution sensitive, en est le principal intérêt, le scénario n’étant en effet malheureusement pas le point fort. On regrettera également certains effets sonnant assez faux. Mais quel plaisir de sentir le vent froid, les rayons chauds du soleil, la beauté de la mer de glace, simplement assis depuis votre siège de cinéma.

La Montagne / De Thomas Salvador / Avec Thomas Salvador, Louise Bourgoin, Martine Chevallier / France / 1h52 / Sortie le 1er février 2023

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