Il aura fallu attendre un film de guerre pour voir Roberto Minervini changer son fusil d’épaule. Pour la première fois, le cinéaste italien s’éloigne d’une facture proprement documentaire pour nous plonger dans une fiction, au cœur du grand Ouest américain durant la guerre de Sécession.
Guerre de sécession. « La mer, on ne la possède pas », jette Vivienne (Vicky Krieps) à Olsen (Viggo Mortensen), qui la demande en mariage avant de s’enrôler dans l’armée de l’Union. Un départ sur un mode non héroïque, un engagement pour une désertion. Désertion du foyer, de la guerre quotidienne, d’une vie simple en marge de la violence. Et de l’amour. Beau et salutaire parti pris de Viggo Mortensen dans ce Jusqu’au bout du monde, deuxième long métrage où l’on retrouve la sensibilité du premier, cette fois au cœur du Nevada, pour un western aux nobles ambitions qui risque hélas de plonger plus d’un jusqu’au bout de l’ennui.