Passion simple

Actuellement au cinéma

Serguei Polounine (Alexandre) et Laétitia Dosch (Hélène) © Pyramide Distribution

L’adaptation du roman d’Annie Ernaux par Danielle Arbid raconte une aventure entre une mère divorcée et un jeune homme russe marié. 

Passion simple nous plonge immédiatement au cœur de son intrigue : Hélène attend qu’Alexandre sonne chez elle, lui fasse l’amour puis reparte. Si retranscrire le désir charnel et l’acte sexuel était son ambition première, Passion simple nous en livre une version bien sage. Sans perdre de temps, le film s’éloigne de l’intrigue sexuelle pour basculer vers – tenez-vous bien – le sentiment amoureux. La femme plus âgée brise le contrat d’une relation exclusivement physique pour révéler au jeune homme son amour. L’idée d’une mutation de cet amour en véritable obsession se révèle prometteuse mais Danielle Arbid reste sur ses gardes. L’amour dépeint reste donc, lui aussi, banal. 

En évitant de plonger pleinement dans le thème d’un désir brutal et d’un amour obsessionnel, la réalisatrice prive ses personnages de profondeur. À plusieurs reprises, elle manque l’opportunité de rendre Hélène extrêmement ambivalente, choisissant plutôt de la laisser se languir, victime de cet homme. Le ton pathétique employé ne permet pas au spectateur d’éprouver autre chose qu’une légère empathie – globalement assez désintéressée – pour cette femme.

Ces choix narratifs plats sont accompagnés d’une réalisation sans grand relief non plus. Lors des scènes sexuelles, nous voyons les personnages baignés dans une lumière blanche. La caméra descend le long de leur corps pour nous montrer l’endroit qui les unit… Et ainsi de suite. Si bien que chacune de ces scènes finissent par tristement se ressembler. Et si cet acte sexuel toujours identique n’a pas l’air lassant pour les personnages, il l’est bien pour le public. Entre chacune de ces séquences, Hélène erre, dans sa maison, dans la rue, dans un supermarché au son d’une musique pop et triste. Le film est donc un montage de segments qui s’apparenteraient plus à des clips vidéos qu’à un long-métrage. 

Passion simple n’a rien de sulfureux, ni de subtil : son intrigue insipide et son esthétique fade nous propulsent dans les gouffres de l’ennui passées les dix premières minutes. De la passion il ne reste que le simple.

Passion simple / De Danielle Arbid / Avec Lætitia Dosch, Serguei Polounine / France / 1h39 / Sortie le 11 août 2021.

Auteur : Chloé Caye

cayechlo@gmail.com

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