White Noise

Disponible sur Netflix

© Netflix

De son premier (Kicking & Screaming) jusqu’à son dernier film (Marriage Story), modestie et délicatesse sont les maîtres-mots de Noah Baumbach. Son cinéma fait la part belle aux différents points de vue et à la banalité du quotidien pour mieux cerner la chaleureuse humanité de ses héros et héroïnes. Il est donc surprenant de voir le jeune Américain revenir sous la tutelle de Netflix avec White Noise, long-métrage au budget conséquent de 80 millions de $ – soit quatre fois supérieur à son précédent – adapté du roman éponyme de Don DeLillo.

Même aux commandes d’une telle machinerie, force est de constater que Baumbach n’a rien perdu de son talent d’esthète. Bardé d’influences diverses et variées, allant de l’étrangeté lynchienne jusqu’au spectaculaire spielbergien, le cinéaste compose avec un amas colossal de références et parvient miraculeusement à trouver une certaine identité en déjouant chacune d’entre elles. Tout au long de ses deux heures, White Noise se fait ainsi œuvre de déviation des attentes et de variation des styles, passant tantôt d’un drame conjugal à une comédie apocalyptique surréaliste.

Malheureusement, à mesure que le récit progresse laborieusement, cette effervescence d’abord jouissive se transforme en trop-plein exténuant, où le script esquisse des dizaines d’idées en tous genres – le pouvoir des images, les fake news, la peur de la mort – pour espérer raconter quelque chose de l’Amérique moderne. Consommateurs, imbus d’eux-mêmes, prisonniers de leur train-train quotidien : Baumbach tarde ici à voir ses protagonistes comme autre chose que des entités volontairement définies par leurs stéréotypes et défauts.

N’attendant que le dernier acte pour les dépeindre enfin avec une sincère tendresse, le long-métrage succombe trop souvent à son regard distancé et postmoderne, peinant à impliquer le public en conséquence. À l’aune de son superbe générique de fin, White Noise laisse cette amère impression d’assister au sommet esthétique d’un cinéaste talentueux au service d’une adaptation confuse et accablante.

White Noise / De Noah Baumbach / Avec Adam Driver, Greta Gerwig, Don Cheadle & Raffey Cassidy / U.S.A / 2h16/ Sortie le 30 décembre sur Netflix.

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