Faux mouvement

Rétrospective Wim Wenders

© im Wenders Stiftung, Albatros Produktion, Solaris Film, WestDeutscher Rundfunk (W.D.R.)

Un an après l’errance de deux solitaires dans Alice dans les villes, Wim Wenders retrouvait celui qui deviendra son acteur fétiche, le blond taciturne et séduisant Rudiger Vögler, dans Faux mouvement, nouveau road movie cette fois-ci en couleurs mais autrement plus grisâtre dans le ton, épaississant un style et un univers fondés sur le sentiment postmoderne de l’épuisement et celui romantique du désenchantement, sources d’un besoin immodéré de mouvement.

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En bonne compagnie

Au cinéma le 18 octobre 2023

© Damned Films

Aujourd’hui, 41% des femmes vivent sous des législations restreignant leur droit à l’avortement et près de 39 000 d’entre elles meurent tous les ans des suites d’avortements non-sécurisés. La lutte pour ce droit essentiel, qu’elle vise à l’acquérir ou à le conserver, demeure alors plus qu’actuelle. Dans En bonne compagnie, Silvia Munt nous ramène en 1977, le long de la côte basque, à la frontière espagnole, où l’avortement ne sera dépénalisé que huit ans plus tard et les activistes sont traînées en procès pour avoir aidé des femmes à avorter.

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Vera

Au cinéma le 23 août 2023

© Vento Films

Vera Gemma, fille de l’icône des westerns spaghettis des années 60, l’italien Giulianno Gemma, est elle aussi une actrice, aujourd’hui âgée d’une cinquantaine d’années. Seulement voilà, comme l’exemplifie cette phrase introductive, Vera est toujours définie, en premier lieu, par son lien de parenté à l’interprète de Ringo (Un pistolet pour Ringo, Duccio Tessari, 1965). Cette condition envahit son identité, et jusqu’aux murs de sa chambre, un énorme poster de son père trônant en guise de tête de lit.

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Le colibri

Au cinéma le 2 août 2023

© Paname Distribution

Que diriez-vous d’une dose de drame italien en ce début de mois d’août ? Amis vacanciers vous ne serez certainement pas dépaysés par l’ouverture du long-métrage Le colibri, dans une maison familiale en bord de mer, entre plage, amours d’été et mésentente entre frères. L’action se passe au début des années 70 et la famille italienne Carrera est soudain vivement remuée par le décès de leur fille aînée, morte noyée. Ce drame traumatisera le cadet, Marco (Pierfrancesco Favino). Il tentera à chaque étape de son existence de trouver sa place et d’accepter le destin funeste qui est le sien. 

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État limite

Disponible sur ARTE tv

© Les Alchimistes

Dans le service de psychiatrie de l’hôpital Beaujon, il n’y a plus qu’un seul psychiatre. Le bateau coule, mais le Dr Jamal Abdel Kader ne quitte pas le navire. Malgré des conditions de travail qui se dégradent de jour en jour, il remplit sa mission avec une déontologie héroïque au vu du contexte critique. Il lutte contre la cadence impossible qu’on lui impose, s’efforçant de prendre le temps d’écouter pour mieux soigner.

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Mon Crime

Au cinéma le 8 mars 2023

© Carole Bethuel

La nostalgie est semble-t-il affaire de notre temps. Combien de sorties récentes nous replongent dans ces reconstitutions, se voulant souvent “esprit d’époque”, se targuant en quelque sorte de laisser voir “la vérité” d’un passé que l’on regrette, que l’on ne se lasse de contempler. D’aucuns pourraient y voir une forme de crainte d’un présent ou d’un futur moins lumineux que ces petites madeleines colorées. Voilà que François Ozon s’y met également (même si Peter Von Kant, Huit femmes et Potiche tenaient déjà du pastiche de film d’époque), avec la subtilité de ne pas reconstituer un temps mais d’en pasticher le corpus cinématographique. Résultat : une liesse ludique, le plaisir de l’ancien, la fougue du contemporain. 

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Radio Metronom

Au cinéma le 4 janvier 2023

© Pyramide Distribution

Radio Metronom nous est conté comme une fresque murale – objet sculptural sur lequel s’initie le premier mouvement de caméra – nous menant sur une place en forme d’arc, alors que se rencontrent les sujets de notre composition picturale. Dans un lien sensible entre l’espace et ceux qui l’occupent, Alexandru Belc compose déjà une gracieuse chorégraphie du mouvement des corps. Ana (hypnotisante Mara Bugarin) retrouve Sorin (Serban Lazarovici). Nous sommes à Bucarest, en 1972. Les jeunes gens suivent leur dernière année de lycée et Sorin a décidé de bientôt quitter le pays pour l’Allemagne. Le sourire d’Ana s’efface doucement, alors que dans ses yeux perlent des larmes.

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Sous les figues

Au cinéma le 7 décembre 2022

Jour2Fête

« Leila, dis-nous, pourquoi est-ce si dur l’amour ? » À l’ombre des figuiers d’un verger tunisien, des ouvrières agricoles se reposent autour du thé, et les plus jeunes interrogent l’une de leurs aînées. En guise de réponse, la concernée chante, puis s’interrompt un instant, émue aux larmes. Plus tard, à la fin de la journée, les jeunes filles en fleurs entonneront un autre chant. La plainte mélancolique de Leila sera alors remplacée par l’air joyeux que chantent Melek, Fidé, Sana et Mariem, maquillées, les cheveux au vent, à bord du camion qui les ramène du verger.

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