Hamnet appartient à une catégorie de films qui, prenant pour objet une célébrité, choisissent de privilégier l’homme derrière la figure publique et/ou, la femme derrière l’homme. Dans cette optique, Chloé Zhao adapte Maggie O’Farrell qui fantasme la vie privée de William Shakespeare et de sa femme. Pas de Shakespeare à l’horizon donc, seulement William. Alors pourquoi déconstruire le mythe et s’évertuer à rendre l’homme, et la femme, intéressants ?
C’est une église dans un pays de charbon. On la voit sous tous ses angles, toujours de l’extérieur. L’image est sombre, tachée comme les visages et les mains de ceux qui remplissent et transportent des sacs de houille toute la journée. Bill Furlong (Cillian Murphy) gère sa petite en19treprise. C’est lui qui livre le charbon. Il est généreux, taiseux, travaille dur. Un bon père de famille des années 1980, l’incarnation d’une virilité d’apparence tranquille. Ça pourrait être cliché, mais la mélancolie qu’il y a toujours au fond des yeux de Cillian Murphy confère au personnage une profondeur naturelle, une grande humanité dans l’immobilité et le silence les plus totaux. De tranquille, la virilité devient hantée. Le regard et le silence suffisent. Travelling après travelling, on s’accroche à Bill, à son ennui. La caméra divague sur la ville avant de rattraper le protagoniste, qui n’a pas changé. On n’avait pas besoin de plus. Un personnage anesthésié qui, soudain, serait confronté à l’horreur.
L’intrigue du film se consacre à la dernière partie de la vie d’Oscar Wilde : de sa sortie de prison à sa mort. Rupert Everett écrit le scénario, réalise et interprète lui-même Wilde, en combinant dans The Happy Prince la trame narrative à des passages cités des magnifiques textes de Wilde.