House of Gucci

Actuellement au cinéma

Lady Gaga incarne Patrizia Gucci © Fabio Lovino, Metro-Goldwyn-Mayer Pictures Inc. / Universal Pictures

Seulement deux mois après Le Dernier duel, un nouveau film de Ridley Scott est à l’affiche. House of Gucci, basé sur le livre éponyme, retrace l’histoire de la dynastie Gucci.

House of Gucci se raconte presque exclusivement selon le point de vue de Patrizia Gucci (Lady Gaga, charnelle et magnétique). La femme qui avant de commanditer son meurtre, aima furieusement, le plus jeune des héritiers Gucci : Maurizio (Adam Driver). Patrizia épouse Maurizio au moment même où il est chassé de l’entreprise/empire familial. Pourtant, la jeune femme – monstre d’avidité et de manipulation – le guide malicieusement jusqu’à ce qu’il en devienne l’actionnaire majoritaire, aux dépens de son oncle (Al Pacino en superbe forme) et son cousin (Jared Leto, clown méconnaissable). Famille et couple sont chez Gucci à la fois source de richesses et de conflits. Ce sont les deux instances décisives dans l’histoire de la marque.

Le rôle important de la voyante et jeteuse de sorts Pina (Salma Hayek), n’est pas anodin. Quelque chose de l’au-delà semble dicter l’histoire de Gucci : fatalité quant à la séparation du couple et la malédiction familiale sont de mise. Lorsque Patrizia s’écrie avec désespoir qu’elle n’avait pas conscience d’avoir épousé un monstre, Maurizio lui répond avec cynisme « pas un monstre, un Gucci ». Ridley Scott travaille ici sur deux fronts, l’histoire d’une ascension : celle de Patrizia. Les coiffures, costumes et décors qui changent nous renseignent sur l’acquisition grandissante de richesses des protagonistes; mais aussi son déclin.

Et pour se faire, il ne se refuse pas au tragique. Le réalisateur ne délaisse pas le côté vulgaire et parfois grotesque associé au nom de Gucci. Ainsi, aussi bien les performances des acteurs que la mise en scène tendent à l’excès au sein d’un chaos exubérant et, assez délectable. 

Si le film ne tient certainement pas la longueur, sa deuxième partie continue mollement ce qu’entreprend la première. Il offre un spectacle tout aussi hors nome que trivial. Malgré sa mise en scène profondément maîtrisée, House of Gucci tient plus de la série de télé-réalité que de l’œuvre cinématographique. Mais on ne saurait pourtant nier cette jubilation régressive que le film parvient à provoquer. À l’image de la marque qu’il traite, House of Gucci possède au moins le mérite de ne jamais reculer devant rien, y compris devant le ridicule.

House of Gucci / De Ridley Scott / Avec Lady Gaga, Adam Driver, Jeremy Irons, Al Pacino, Jared Leto, Salma Hayek / États-Unis / 2h37 / Sortie le 24 novembre 2021.

Auteur : Chloé Caye

cayechlo@gmail.com

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