Ring

Rétrospective J-Horror

© The Jokers / Les Bookmakers

Troisième film du réalisateur Hideo Nakata, Ring n’est ni son premier ni son dernier film d’horreur. Suivant la trajectoire lancée par Curse, Death and Spirit (1992) et Le spectre de l’actrice (1996), qui influença grandement les choix créatifs du réalisateur pour Ring, son premier grand film d’horreur ressort aujourd’hui, faisant découvrir à une nouvelle génération l’immense talent d’Hideo Nakata.

Lors d’une soirée, deux adolescentes, Masami et Tomoko, discutent d’une rumeur selon laquelle une cassette vidéo aurait le pouvoir de tuer une semaine après ceux qui l’ont visionnée. Tomoko finit par confier à son amie qu’elle a également vu la vidéo exactement une semaine plus tôt. Plus tard dans la soirée, Tomoko meurt dans d’étranges circonstances. La journaliste Asakawa, tante de Tomoko, décide d’enquêter sur l’affaire. Ses pistes ne tardent pas à la mener à la cassette. Elle et son ex-mari vont alors tenter de comprendre, quitte à y laisser leur vie.

Cela fait déjà longtemps que le mythe du Yūrei a sa place dans le monde du cinéma d’horreur contemporain. Au cours de la dernière décennie, les spectres de ces femmes pâles en robe blanche et aux longs cheveux noirs cachant des yeux pleins de haine ont envahi nos écrans. D’ailleurs, presque tous les Yūrei eiga (films de fantômes japonais) ont eu droit à leur remake aux États-Unis : Ju-On Legend de Takashi Shimizu, Cairo de Kurosawa Kiyoshi, Dark Water de Hideo Nakata… Et Ring également. Mais c’est bien le personnage de Sadako qui en est la première occurrence populaire du yurei au cinéma, le cinéaste s’inspirant très régulièrement de légendes urbaines pour ses films.

Ring c’est la mort par la puissance du regard, par la puissance de la caméra. L’émotion qui touche le spectateur droit au cœur. Le film reste suffisamment dans la retenue pour ne pas montrer de mort sanglante mais l’atmosphère de malaise qui règne tout au long du film est, elle, impitoyable. La notion de regard est à double tranchant, car ce n’est qu’en perpétuant la vidéo qu’on évite d’être tué par celle-ci.

Tragédie ironique et critique de son époque, Ring d’Hideo Nakata est un grand film. Un film qui marque aussi bien les prémices d’un style narratif et visuel fondamental dans la construction du J-horror mais aussi le sacrement d’un des cinéastes les plus prolifiques du genre.

Ring / De Hideo Nakata / Avec Nanako Matsushima, Hiroyuki Sanada, Rikiya Otaka et Miki Nakatani / Japon / 1h36 / 1998.

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