Past Lives – nos vies d’avant

Actuellement au cinéma

© ARP Selection

Nora et Hae Sung sont de très bons amis d’enfance, ils n’envisagent pas la vie l’un sans l’autre. Mais lorsque la famille de Nora émigre aux États-Unis, leur relation s’arrête abruptement. Et ce jusqu’à ce que Hae Sung parvienne à retrouver Nora grâce aux réseaux sociaux et à reprendre contact avec elle. Des deux enfants jouant à grimper sur les statues d’un jardin en Corée, on retrouve le regard enjoué lorsque les deux adultes se rencontrent des années après, dans un parc américain.

Continuer à lire … « Past Lives – nos vies d’avant »

Vermines

Paris International Fantastic Film Festival 2023

© Tandem

Principale source d’angoisse dans l’inconscient collectif, l’araignée est étrangement le parent pauvre du cinéma horrifique. Lorsqu’elle n’est pas reléguée à une simple séquence choc (L’homme qui rétrécit, L’au-delà), l’arthropode ne trône que rarement en tête d’affiche, le dernier exemple honorable étant Arachnophobie en 2001. Suite à quelques courts-métrages inégaux mais non dénués de promesses, Sébastien Vaniček troque les maisons californiennes filmées par Frank Marshall pour un HLM de Noisy-le-Grand, sujet d’une invasion.

Continuer à lire … « Vermines »

Godzilla Minus One

Paris International Fantastic Film Festival 2023

© Piece of Magic Entertainment

Parmi les nombreuses franchises qui pullulent dans l’industrie cinématographique actuelle, Godzilla est une des seules parvenant à trouver du renouvellement dans chacune de ses itérations, réussies ou non. Tour à tour protagoniste ou antagoniste, symbole du traumatisme nucléaire ou d’un problème écologique plus global, le lézard ne cesse de muter pour accompagner les inquiétudes de son époque. Shin Godzilla, dernier exemple japonais en date, offrait notamment une passionnante alternative bureaucratique au kaijū eiga et figurait la banqueroute politique du pays à travers l’évolution progressive de la bête. 37e épisode de la saga, Godzilla Minus One décide de faire à nouveau table rase et impose un retour aux sources, en plaçant son film dans l’immédiat après-guerre, contexte qui n’avait pas été abordé depuis le premier épisode de 1954.

Continuer à lire … « Godzilla Minus One »

Dream Scenario

Paris International Fantastic Film Festival 2023

© Metropolitan FilmExport

Si Les Griffes de la Nuit marque les esprits à sa sortie en 1984, c’est qu’il tombe probablement au moment opportun pour incarner les angoisses d’une jeunesse en crise. Plus de quarante ans plus tard, Kristoffer Borgli décide, après son remarqué Sick of Myself, de reprendre peu ou prou le même concept mais transpose Freddy Krueger dans le corps d’un cinquantenaire moyen, apparaissant soudainement dans les rêves de millions de personnes. Hélas, au slasher brut succède désormais un lourd pensum sociétal. 

Continuer à lire … « Dream Scenario »

Kokomo City

Actuellement au cinéma

© Magnolia Pictures

Un clip de hip-hop avec des transitions coup de poing, des lettres jaunes dégoulinantes qui s’écrasent sur l’image, et un discours sur l’intersectionnalité des luttes trans, noires et féministes mieux articulé que certaines thèses académiques : c’est le mélange explosif mis en place par D. Smith. Dans ce documentaire qui brise tous les codes du genre, le rire, la tragédie, la performance expérimentale, l’exubérance flamboyante et le quotidien le plus banal se côtoient en un débordement parfois étourdissant mais toujours fascinant.

Continuer à lire … « Kokomo City »

Fremont

Actuellement au cinéma

© JHR Films

Dans Land, Babak Jalali évoquait déjà la situation des indiens d’Amérique ; avec Fremont, il signe le portrait d’une femme Afghane réfugiée, représentante, elle aussi, d’une communauté défavorisée, dévoilant en creux une facette non édulcorée de l’Amérique, en contre-pied total de l’American Dream.

Continuer à lire … « Fremont »

La Chimère

Actuellement au cinéma

© Ad Vitam

Bien que seulement constituée de quatre longs-métrages, la carrière d’Alice Rohrwacher se fait le théâtre de multiples connexions entre chaque œuvre. La Chimère ne fait pas exception et s’ouvre comme une suite officieuse de Heureux comme Lazzaro, dans lequel l’ange protecteur désormais nommé Arthur aurait décidé de purger sa peine et de revenir dans sa campagne natale. Même traits juvéniles, même habits identiques tout le long du film – la chemise blanche ayant remplacé le vieux t-shirt agricole -, même air détaché, les deux héros semblent incarner une seule et même figure. Cependant, Arthur entretient une différence majeure avec son prédécesseur : son regard n’est plus le fruit de l’innocence mais d’une tristesse insondable, qui infiltre l’ensemble du long-métrage.

Continuer à lire … « La Chimère »

Napoléon

Actuellement au cinéma

© Apple

Mais quelle mouche a donc piqué Ridley Scott ? Supposer une seconde l’adhésion des Français – ce peuple qui ne s’aime pas lui-même, disait l’intéressé – devant une telle boucherie, tant filmique qu’historique, relève d’une inconscience plus folle que la charge solitaire de Ney à Waterloo. Car ternir Napoléon est bien de droit pour un français. Pour un Anglais, on parlera sobrement de crime.

Continuer à lire … « Napoléon »

Anna

1967 / Ressortie le 29 novembre 2023

© Malavida

La comédie musicale de Pierre Koralnik réalisée en 1967 pour la télévision est un ovni formel et un cadeau sonore pour tous les aficionados de Serge Gainsbourg. Le réalisateur fait de son coup de foudre amoureux la prise d’une photo – un coup de flash ? – comme l’avait précédemment fait Stanley Donen dans Funny Face (1957). La muse n’est plus ici Audrey Hepburn mais Anna Karina, au sommet de son charme.

Continuer à lire … « Anna »

Rencontre avec : Bertrand Mandico

© Radio France

Après Les Garçons Sauvages et After Blue – Paradis Sale, Bertrand Mandico revient avec un troisième long-métrage sélectionné à la Quinzaine des Cinéastes, Conann. À cette occasion, nous l’avons rencontré.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans l’histoire de Conan le barbare ? 

Je voulais faire un récit sur la barbarie et raconter l’histoire d’une femme à travers plusieurs moments de sa vie. Je me suis dit que c’était intéressant de commencer par une période antique, à l’origine de la barbarie. Par association d’idées, je me suis amusé à jouer avec cette figure à la fois de la culture populaire, mais aussi de la mythologie, puisque Conann est un personnage qui aurait vraiment existé. Je suis parti des origines pour remonter le temps et les époques jusqu’à notre monde, voire un monde plus futuriste.

Comment avez-vous défini les époques du film ?

Le socle, c’est-à-dire la période antique, est celle décrite dans les bouquins de Robert E. Howard. La deuxième époque renvoie plus à une antiquité symbolique qu’on peut retrouver dans les films de Cocteau, c’est la période des 25 ans. Après, j’ai décidé de marquer une rupture en propulsant le récit dans le futur. Et puis quitte à aller dans le futur, autant aller dans une époque proche de la notre, donc les années 1990 dans le Bronx. À partir de là, j’ai imaginé cet autre monde qui peut rappeler les guerres contemporaines dans les pays de l’Est.

Même s’il est très fantasmé, le passage au Bronx est effectivement le plus réaliste du film. Comment avez-vous abordé ce décor ?  

Continuer à lire … « Rencontre avec : Bertrand Mandico »