Rencontre avec : Yoann Gasiorowski

© Patrick Fouque

Yoann Gasiorowski est entré à la Comédie-Française en 2018. Acteur et musicien, il apparaît cette saison dans pas moins de trois spectacles musicaux : Music-Hall, Mais quelle Comédie ! et Le Bourgeois Gentilhomme.

As-tu commencé par une formation musicale ou théâtrale ? 

J’ai commencé par une formation musicale. Je faisais du solfège et de la batterie dans un conservatoire de région. Et puis à un moment donné, j’ai du choisir entre plusieurs activités périscolaires et j’ai choisi le théâtre. Je me souviens très bien du jour où j’ai annoncé à mon professeur au conservatoire que j’arrêtais le solfège car je voulais faire du théâtre. J’ai continué à faire de la batterie chez moi, ce qui m’a permis de me perfectionner. C’est d’ailleurs assez singulier car, généralement, c’est plutôt un instrument qui se travaille en groupe. Mais au fur et à mesure, le théâtre a pris plus de place. Je crois que dès lors que j’ai été pris au conservatoire de ma région, dans une formation théâtrale de deux ans, je me suis dit qu’il fallait que j’arrête les cours à l’université pour me consacrer au théâtre. C’était deux années formidables. On rencontrait des intervenants excellents : Richard Sammut, Anne Théron, Cyril Teste… Je ne voulais pas que ça se termine après seulement deux ans, donc je me suis demandé comment faire pour que ça continue. Ce n’était pas vraiment dans l’idée d’en faire un métier mais simplement pour que ces rencontres ne s’arrêtent pas.

Dans Mais quelle Comédie ! tu lis au public une lettre que tu as écrite plus jeune à l’administrateur pour lui demander d’intégrer la Troupe de la Comédie-Française. Est-ce une histoire véridique ?

Oui, c’était une lettre assez audacieuse ! Après Saint-Étienne, j’ai été comédien au théâtre de Dijon où il y avait cet esprit de troupe, que je retrouvais. Car, avant de commencer la musique, ma mère, actrice, m’emmenait souvent voir sa troupe, dans notre village. J’y allais enfant et je voyais un groupe d’adultes qui se retrouvait tous les ans pour jouer. Déjà, ma pensée du théâtre était façonnée par l’idée de troupe. À Dijon, j’ai retrouvé cette sensation d’appartenir à un lieu dans lequel je venais faire un relai. Et j’ai alors écrit une lettre à la Comédie-Française. Je savais très bien que cette lettre était une goutte d’eau dans un océan mais j’ai voulu tenter. Leur faire entendre ce que je vivais, ce que je ressentais. C’est Serge Bagdassarian et Marina Hands (les metteurs en scène de Mais quelle Comédie !, NDLR) qui m’ont convaincu que lire cette lettre allait réellement dans le sens du spectacle.

Ce n’est pas trop surréaliste de relire une telle lettre sur la scène de la salle Richelieu, devant un public, maintenant que tu fais partie de la Troupe ? 

Si, c’est très intimidant car c’est extrêmement intime. Ce sont des sensations que tu n’as pas forcément envie de partager avec neuf cent personnes d’un coup. En répétition, je ne me posais pas trop la question, je ne me projetais pas. Mais la première fois que je l’ai lue devant des gens, j’étais effectivement assez bouleversé. Parce que je ne pouvais pas parler plus de moi qu’en lisant cette lettre. Elle a vraiment été déterminante dans ma vie.

Cela a donc toujours été la visée du spectacle, raconter intimement chaque comédien et son rapport à la Troupe ? 

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Mais quelle Comédie !

Comédie-Française

Serge Bagdassarian © Vincent Pontet

Mais quelle Comédie ! est un spectacle né grâce à la web-télé de la Comédie-Française : durant les confinements, la Troupe, à travers des épisodes Youtube, propose à son public des lectures, des saynètes. Mais surtout, des moments d’échange. Les comédiens, isolés, se racontent individuellement et collectivement. La web TV traduisait ce besoin de se sentir troupe, même virtuellement. Mais quelle Comédie ! répond toujours à ces désirs mais les transpose sur scène, devant un public affamé de théâtre.

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Le Côté de Guermantes

Théâtre Marigny

Réunion mondaine dans l’hôtel particulier des Guermantes ©Jean-Louis Fernandez

Adapter Marcel Proust sur scène est un tel défi que se rendre au théâtre pour voir Le Côté de Guermantes est à la fois très excitant et une source d’inquiétude. Comment incarner les mots de l’auteur d’À la recherche du temps perdu ? Comment mettre en scène une prose inouïe qui ne provoque des émotions profondes que parce qu’elle tient entièrement de la littérature? Christophe Honoré, avec la troupe de la Comédie-Française, répond à ces questions en choisissant de mettre l’accent sur l’univers aristocratique auquel appartient le narrateur du roman.

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