Dans Fleur Pâle, Masahiro Shinoda met en scène le retour de Muraki après trois ans d’emprisonnement pour homicide. Le meurtre de quelqu’un d’autre devient ici l’ultime don de soi aux yakuzas. La vie de Muraki appartient au clan, elle appartient à Tokyo. Seul, il erre dans cette ville dont les lumières bleutés subliment son spleen.
Alors que la prochaine œuvre de Bong Joon-ho se fait toujours désirer, les salles françaises s’offrent la ressortie de The Host, paru 17 ans plus tôt et bénéficiant d’une cure de jouvence 4K. Voilà l’occasion de redécouvrir le réalisateur sud-coréen en pleine jeunesse et aux rênes d’un blockbuster multi-face qui brisa tous les records d’audience en Corée mais demeura assez confidentiel chez nous. Plus d’une décennie avant le triomphe planétaire de Parasite, Bong Joon-ho prouvait-il déjà son génie ?
Bardot, Moreau, Malle. Ce trio éveille déjà une certaine curiosité, Viva Maria ! s’écarte pourtant de l’attendu, pour offrir un spectacle aussi explosif qu’insolite (et qui passe haut la main le test de Bechdel).
« J’aimais éperdument la comtesse de *** ; j’avais vingt ans, et j’étais ingénu ; elle me trompa ; je me fâchai ; elle me quitta. J’étais ingénu, je la regrettai ; j’avais vingt ans, elle me pardonna ; et comme j’avais vingt ans ans, que j’étais ingénu, toujours trompé, mais plus quitté, je me croyais l’amant le mieux aimé, partant le plus heureux des hommes ». Louis Malle a 26 ans lorsqu’il réalise LesAmants, inspiré du roman bref de Dominique-Vivant Denon. Le jeune homme a déjà connu un franc succès avec Ascenseur pour l’échafaud et, du film noir au drame romantique, il n’y a qu’une main. Le noir des gants de Julien Tavernier laisse place au blanc des draps de Jeanne Tournier.