Stalag 17

Rétrospective Billy Wilder

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William Holden, oscarisé pour son rôle dans Stalag 17

  1944. Deux prisonniers du « Stalag 17 », un camp allemand, ont tout prévu pour s’évader, avec le soutien de leurs camarades de baraque. Le tunnel est creusé, soigneusement camouflé sous un poêle. L’itinéraire est calculé afin de ne pas être repéré par les gardes et leurs projecteurs. Le moment venu, les deux hommes s’engouffrent. Mais quand vient le moment de respirer l’air libre, trois soldats allemands les attendent et les fusillent. Comment pouvaient-ils être au courant ? Il y a forcément un traître dans la baraque… Ainsi commence Stalag 17, un film trop méconnu – à tort – réalisé par Billy Wilder en 1953 suite à l’échec commercial du Gouffre aux chimères. Une voix off annonce en ouverture, avec ironie et désenchantement, en avoir marre des films de guerre traditionnels, spectaculaires et sensationnels. Il est en effet tout le contraire, et prend un parti pris inédit : c’est un film d’évasion, dans le veine de ceux de Jean Renoir, doublé d’une intrigue d’espionnage, qui reste jusqu’au bout une comédie. Cynique, bien entendu.

  Qui d’autre que Billy Wilder pour parvenir à faire rire avec un film se passant dans un camp de prisonniers durant la Seconde guerre mondiale ? Aussi étonnant que cela puisse paraître, Stalag 17 réserve bien des moments de pure comédie. Le décor ne laissait pourtant rien présager de l’absurde de situation qui parcours le film. Les personnages portent en eux certains tics de la comédie, du facteur et son gimmick de parole (doublé en français par Louis de Funès) au duo comique composé par Robert Strauss (le concierge de Sept ans de réflexion) et Harvey Lembeck. L’idée géniale est de traiter le camp de prisonniers, par moments, comme un camp de vacances ! On y joue au volleyball, un inspecteur vient demander aux prisonniers s’ils ont des réclamations à faire. L’un des prisonniers reçoit une lettre de sa mère, heureuse d’apprendre qu’il y a des courts de tennis et rassurée de le savoir en sécurité (« je préfère te savoir là-bas, car ici nous sommes rationnés »). Un bel exemple d’humour intelligent qui, à l’évidence, renforce la portée du film. 

  Au sein des moments de franche camaraderie, où l’on entonne en choeur When Johnny Comes Marching Home, cet air fameux datant de la guerre de Sécession, la traitrise n’est jamais loin. Elle menace. Elle s’insinue au coeur même des relations humaines, dans les veines de la solidarité. Et les lucides sont cupides. Tout accuse le Sergent Sefton, interprété par William Holden, qui remporta son unique Oscar du meilleur acteur avec ce rôle. La psychologie de son personnage, élaborée avec beaucoup d’intérêt, résulte de la liberté prise par Billy Wilder vis-à-vis de la pièce de Broadway dont le scénario est adapté. Il est un homme pour qui tout se marchande, n’hésitant pas à parier sur le sort des gens sans se soucier de la morale. Même dans son geste ultime, le personnage reste intéressé. Dans ce microcosme que constitue la baraque du camp, la liberté et l’entraide restent motivées par le profit.

Stalag 17 / De Billy Wilder / Avec William Holden, Don Taylor, Otto Preminger / 1953 / À la Cinémathèque le 20 janvier et le 2 février

21015133_20130625150618806.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx©Swashbuckler Films

Une réflexion sur « Stalag 17 »

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