El buen patrón

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© Alamode Film

Le dernier long-métrage de Fernando León de Aranoa s’ancre dans l’univers professionnel pour mettre en scène la vie d’une entreprise. Les rapports hiérarchiques sont au cœur de cette comédie grinçante et subtilement écrite dans laquelle Julio Blanco (Javier Bardem) dirige une société qui fabrique… des balances. Le réalisateur des Lundis au soleil et de Escobar retrouve Bardem pour une tragicomédie qui a cette année, mais il en a l’habitude, décroché toutes les distinctions à la cérémonie des Goya (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original, meilleur acteur, meilleure musique originale et meilleur montage). 

Il est déjà question de récompense dans le récit écrit par Aranoa, car en effet le centre de l’intrigue et la quête du protagoniste reposent sur le très attendu prix d’excellence, décerné par la commission afin d’honorer l’entreprise. Mais avant de devenir saint patron, des imprévus déséquilibrent la mesure qu’avait Blanco des évènements. Un employé récemment licencié, pour faire connaître sa contrariété et le désespoir de sa situation, décide de camper devant l’usine, un chef de chantier bascule lorsqu’il comprend que sa femme le trompe, et l’arrivée d’une charmante stagiaire retourne l’esprit de notre cher patron. Le contrepoids est sévère au sein de l’établissement qui a pour maîtres-mots justice et équilibre. Alors que les forces, les éléments et les choses ne sont plus dans les justes proportions et aux antipodes du crédo de l’entreprise, l’activité sommeille, l’harmonie balance, et l’équilibre vacille.

Si les Goya assignaient un prix à la modernité, El buen patrón n’en aurait pas été le lauréat. À cette satire sociale sur le monde moderne, c’est bien le manque de modernité que l’on pourrait reprocher. Les personnages sont-ils caricaturés ou bien Fernando León de Aranoa a-t-il une manière un peu datée de concevoir les rapports entre hommes et femmes, entre espagnols et immigrés ? Cela n’est jamais vraiment clair pour le spectateur, quand tous les personnages féminins sont réduits à des gloussements ou à des ricanements. Toujours subordonnées à des hommes, elles ne parviennent à réaliser leurs ambitions professionnelles que lorsqu’elles font du tort à ces derniers. S’il s’agit d’une caricature, peut-être aurait-elle mérité, pour être plus convaincante et faire pencher la balance, d’être poussée à l’extrême ou d’en changer les codes.

El buen patrón / De Fernando León de Aranoa / Avec Óscar de la Fuente, Javier Bardem, Manolo Solo, Almudena Amor / Espagne / 2h00 / Sortie le 22 juin 2022.

Auteur : Lise Clavi

Lise. Fondamentalement indécise, mais de cinéma, définitivement éprise. Mon année à travailler pour un cycle de festivals cinématographiques, mon temps libre à cultiver mon intérêt pour l’actualité artistique. Décoller vers une nouvelle destination pour filmer de nouveaux horizons.

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