L’Étoile Filante

Actuellement au cinéma

© Potemkine

Dans le film de Dominique Abel et Fiona Gordon, les plans sont animés d’un mouvement intérieur, intrinsèquement cinématographique car souvent invraisemblable. En s’appropriant la thématique du double, elle même ayant profondément inspiré de nombreux films, le couple d’auteurs en livre une version au dynamisme renouvelé et à la poésie retrouvée.

Le sens du mouvement au sein du cadre propre au duo de réalisateurs-acteurs rend parfois leurs personnages semblables à des pantins, longilignes et bousculés doucement de lieu en lieu, de scène en scène. Protagonistes malgré eux, ils se retrouvent embarqués dans une intrigue loufoque, qu’ils subissent plus qu’ils n’en sont la cause. De prime abord, une distance se créée avec eux, effet récurrent et parfois inévitable de l’humour absurde. Mais au fur et à mesure que L’Étoile Filante progresse, ce mouvement perpétuel amène les personnages à nous et l’on découvre que cette agitation qui les anime – jusque dans leur sommeil -, révèle aussi leur âme. Cette impulsion que leur donne les cinéastes s’avère être délicate, bienveillante et elle nous embarque avec eux dans cette fuite en avant. L’absurdité devient mélancolie. La frénésie devient chorégraphie. Et tout reprend sa place avec une certaine grâce.

Des couleurs, qui ne sont pas sans rappeler celles des bandes dessinées, aux personnages mutiques et désemparés, qui ne sont pas sans rappeler ceux de Kaurismäki ; tout finit par devenir harmonie. Et lorsque le son s’arrête et l’image animée avec lui, enfin les personnages connaissent la sérénité. Le mouvement les aura autant séparés que rapprochés et la fixité viendra, elle, enfin mettre un terme à leur solitude. 

De Dominique Abel et Fiona Gordon / Avec Dominique Abel, Fiona Gordon, Philippe Martz et Kaori Ito / 1h38 / Belgique / Arras Film Festival 2023 / Au cinéma le 31 janvier 2024.

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Auteur : Chloé Caye

Rédactrice en chef : cayechlo@gmail.com ; 0630953176

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