Faux mouvement

Rétrospective Wim Wenders

© im Wenders Stiftung, Albatros Produktion, Solaris Film, WestDeutscher Rundfunk (W.D.R.)

Un an après l’errance de deux solitaires dans Alice dans les villes, Wim Wenders retrouvait celui qui deviendra son acteur fétiche, le blond taciturne et séduisant Rudiger Vögler, dans Faux mouvement, nouveau road movie cette fois-ci en couleurs mais autrement plus grisâtre dans le ton, épaississant un style et un univers fondés sur le sentiment postmoderne de l’épuisement et celui romantique du désenchantement, sources d’un besoin immodéré de mouvement.

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Perfect Days

Actuellement au cinéma

© Haut et Court

On le croyait perdu notre poète des paysages, sauvages ou urbains, errant comme ses personnages, égrenant ça et là quelques documentaires oubliables et fictions peu inspirées, pour ne pas dire ratées. On le retrouve au Japon, notre cinéaste itinérant, admirateur d’Ozu dont il avait suivi les traces en 1985, dans son documentaire Tokyo Ga. Avec un art similaire de l’épure, du cadrage et de la durée, Wenders arpente de nouveau la capitale sous un visage inattendu : celui de ses toilettes publiques.

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Kokon

Au cinéma le 5 avril 2023

© Salzgeber & Co. Medien GmbH

C’est l’été. Nora a quatorze ans. Elle grandit entourée de sa sœur, Jule, protectrice, et d’une mère absente, alcoolique, au sein d’un cocon familial chaotique. Elle se cherche, regard inquiet, timide, déstabilisée par l’exposition de l’intimité propre aux réseaux sociaux, au sein de laquelle Jule excède, se filmant avec son téléphone portable sur fond de musique rebelle, embrassée par une caméra volatile, de dos ; où chacun vit en permanence sous le regard des autres, à l’affût d’images, de paroles, de conseils à enregistrer.

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Seule la joie

Au cinéma le 2 novembre 2022

© Outplay

Un fast-food berlinois. En fond, des discussions inaudibles et des bruits de couverts. Deux femmes sont assises à une table. L’une d’elles, brune, un anneau dans le nez et des tatouages sur les bras, récite un poème.  »Mon mot pour famille n’est pas leur mot pour famille / Mon mot pour poésie n’est pas leur mot pour poésie. / […] Et je suis une femme en ce sens que je suis faite par dépit. » C’est dans ce décor trivial que la poésie est la plus belle, libre de prendre son envol et de sublimer le lieu comme les personnages.

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Ondine

Au cinéma le 23 septembre 2020

Paula Beer, brillante dans le rôle-titre. ©Schramm Film/ Christian Schulz

La rupture amoureuse ne peut être qu’à l’origine de sentiments intenses. Celle qui affecte Ondine (Paula Beer), au début du film, est ravageuse. Ce n’est pas une simple fin pour elle, c’est une trahison, et un abandon. Johannes (Jacob Matschenz) lui annonce qu’il la quitte. Mais l’histoire ne fait que commencer, et Ondine porte bien son prénom : selon la mythologie germanique, une ondine est une nymphe qui ne peut vivre parmi les hommes qu’à travers l’amour, et se retrouve contrainte de tuer son amant si jamais celui-ci la trahit.

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