How to Have Sex

Au cinéma le 15 novembre 2023

© Condor Distribution

Afin de célébrer la fin du lycée, trois meilleures amies partent pour la Crète avec pour mission d’essayer le plus de boissons et de partenaires possibles. En particulier pour Tara (Mia McKenna Bruce), la plus bruyante et la plus vulnérable, prête à tout pour perdre sa virginité et dont ces vacances fantasmées prendront des allures de baptême de feu et enfin de cauchemar, notamment à travers le charmant mais maladroit Badger (Shaun Thomas), son voisin de palier. Titre ironique pour ce film lauréat du prix Un Certain Regard à Cannes : How to have sex montre les pires façons de vivre sa première fois.

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Ça tourne à Séoul ! Cobweb

Au cinéma le 8 novembre 2023

© The Jokers / Bookmakers

Figure centrale de la nouvelle vague sud-coréenne, Kim Jee-woon fait office d’oublié, plus enclin à ravir le public que la critique. Auteur touche-à-tout, à l’aise dans le thriller sanglant (J’ai rencontré le diable, 2011) comme le fantastique (Deux sœurs, 2003), il revient à ses origines avec la comédie dramatique à la violence bon enfant et aux loosers magnifiques. Il piège Song Kang-ho (star de Parasite) en réalisateur au centre du tournage chaotique d’un mélo insignifiant, Dans la Toile, dans la Corée des années 70. Gangréné par le manque de moyen, les magouilles administratives et la censure d’une dictature quasi-mafieuse, le protagoniste semble être le seul à croire en son projet, selon lui chef-d’œuvre progressif et féministe qui prouvera à tous son talent.

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Rencontre avec : Kleber Mendonça Filho

© Urban Distributions / Dean Medias

Après le prix du jury au festival de cannes en 2019, le réalisateur brésilien revient avec un documentaire multiforme à la richesse démentielle. Que cela soit pour dessiner les portraits de sa famille ou des salles de cinéma de son quartier, Kleber Mendonça Filho pose son regard mélancolique et plein d’empathie avec une maitrise cinématographique impressionnante sur laquelle il a accepté de se confier.

Portraits Fantômes couvre l’industrie du cinéma de Recife étalée sur une large période tout en narrant l’histoire de votre maison familiale, ce qui résulte en une grande masse d’information et un rythme de montage assez rapide. Pourtant, tout parait cohérent et parfaitement fluide. Comment vous êtes-vous organisé ?

J’avais des idées écrites sur des carnets, des calepins ou même sur mon téléphone mais le film n’avait pas de scénario, ainsi tout s’est décidé au montage, un processus très long car rien n’était réellement prévu à l’avance. Je ne suivais aucune règle ou idée préconçue, il s’agissait d’écouter et de faire attention aux besoins de l’œuvre. Par exemple, un passage faisait défiler une collection d’anciens films et cela paraissait trop pragmatique, sec. Il faut trouver de quoi le film parle, où il se dirige, et je n’étais pas satisfait du montage. J’ai lentement pris conscience des plus grandes difficultés, dont l’une était que ma femme et moi avions décidé de déménager, de quitter cette maison dans laquelle j’avais vécu tout ma vie. Il y avait cette impression de changement imminent, de devoir abandonner tout un pan de ma mémoire, de souvenirs très forts que j’ai de cet endroit. J’ai redécouvert, entre autres, les nombreux films amateurs que j’y avais tournés avec des amis, surtout de l’horreur, avec beaucoup de faux sang. Je trouvais beau de montrer cette maison à travers les nombreuses archives que j’avais en ma possession, que cela soit des vidéos VHS ou Betacam. C’est ainsi que l’on peut photographier le temps : voir la même pièce évoluer sur une vingtaine d’années, d’abord en 35 mm, puis VHS, puis en film. J’ai fait de nombreuses découvertes, retrouvé des souvenirs enterrés comme ces photographies de fantômes et un ami déclarant que j’étais médium. Tous ces éléments ont formé la première partie du film pour une durée d’environ vingt-cinq minutes, alors que cinq étaient prévues à l’origine.

Votre film est chapitré, en commençant d’abord par la maison de votre famille, puis le cinéma du quartier, comme dans un mouvement d’expansion continu. Est-ce une structure qui est apparue très tôt dans la conception de l’œuvre ? Ou plus en aval, lors du montage ?

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Portraits Fantômes

Au cinéma le 1er novembre 2023

© Urban Distribution / Dean Medias

Après un détour métaphysique dans la campagne brésilienne pour le western Bacurau, dignement récompensé par le Prix du Jury au Festival de Cannes en 2019, Kleber Mendonça Filho porte son regard sur la ville de Recife. Déjà au centre d’Aquarius comme des Bruits de Recife, le réalisateur offre ici une nouvelle exploration, plus personnelle encore, de son lieu de naissance et clé de voute de son cinéma social et fantastique. Retour au bercail doublé d’un retour dans le temps : Portraits Fantômes amorce un voyage historique, politique et social à travers les salles de cinéma qui ont enchantées son enfance. Loin d’être un simple documentaire didactique sur un artiste ou un espace clairement définis, voici peut-être l’œuvre la plus intimiste et ambitieuse d’un auteur au sommet de son art.

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The Pod Generation

Au cinéma le 25 octobre 2023

© Jour2fête Distribution

La science-fiction n’est que la projection de nos espoirs et craintes vers un futur chaque jour plus incertain. De par son potentiel à générer des images fortes, qu’elles soient des croques mitaines robotiques du futur ou des monolithes noirs plus âgés que l’humanité, le genre a trouvé de beaux classiques au cinéma, si bien qu’il est difficile aujourd’hui de proposer des expériences nouvelles, aux idées fortes, sans tomber dans le sensationnalisme bas de gamme. La réalisatrice Sophie Barthes nous présente à son tour son high-concept cauchemardesque : une grossesse décharnée et accueillie à bras ouverts.

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Le Consentement

Au cinéma le 11 octobre 2023

© Pan Distribution / Julie Trannoy

En 2020 paraissait Le Consentement, témoignage sans concession de la relation entre Vanessa Springora et l’écrivain Gabriel Matzneff, célébrité des cercles littéraires parisiens. Elle avait 14 ans, lui 49. La réalisatrice Vanessa Filho, déjà à l’œuvre pour décrypter la défaillance des rapports familiaux et des jeunes corps dans Gueule d’Ange (sélectionné à Cannes en 2018), transpose le récit au cinéma et revient sur les traces d’une liaison qui n’aurait pas dû être.

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Bernadette

Au cinéma le 4 octobre 2023

© Warner Bros

Bernadette Chirac, icone féministe ? Après Jeune et Golri, série OCS décryptant les rapports déréglés entre hommes et femmes, Léa Doménach transporte son ton désopilant au cœur de l’Élysée et des nineties. Bernadette est un biopic qui s’annonce comme fantasme (ni Bernadette ni Claude Chirac n’ont été consultées) et dont les bandes annonces assumaient un ton vintage acide égratignant autant la Première dame que son entourage. Le retour de Catherine Deneuve comme protagoniste plus grande que nature achevait de piquer notre intérêt pour ce film et laissait rêver une comédie française enfin plus inventive que la moyenne.

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The Creator

Au cinéma le 27 septembre 2023

©20th Century Studios

En 2065, les Intelligences Artificielles peuplent le monde et sont au cœur d’une guerre entre les États-Unis, meurtris par une attaque nucléaire, et la Nouvelle-Asie, havre pour cette nouvelle population non-humaine. Les victimes sont nombreuses, parmi lesquelles la femme enceinte de l’américain Joshua Taylor (John David Washington) qui se retrouve embrigadé dans un commando d’élite pour infiltrer la Nouvelle-Asie et détruire une arme secrète. Fermement persuadé que les IA ne pourront jamais être humaines, Joshua découvre que la cible est Alphie (Madeleine Yuna Voyles), enfant-robot cherchant à retrouver sa mère.

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Loup y es-tu ?

Au cinéma le 13 septembre 2023

© Morgane Production

Un enfant de 10 ans reçoit un adulte et lui demande son carnet de correspondance ; une fille appelle son frère « la chose » et regrette sa naissance, sous l’œil amusé de sa mère ; un groupe d’adolescents débat de leur avenir jusqu’à ce que l’un révèle ses envies suicidaires… entrecoupé des aventures d’un étrange petit personnage fait de deux morceaux de crayon. La réalisatrice Clara Bouffartigue a posé sa caméra au centre médico-psycho-pédagogique (CMPP) et y a suivi durant plusieurs années les rendez-vous de plusieurs enfants chez des pédopsychiatres au gré des réussites comme des échecs.

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Visions

Au cinéma le 6 septembre 2023

© SND

Suite à l’accueil mitigé d’Un homme idéal et la sortie confidentielle de Burn out, Yann Gozlan trouvait enfin son public avec Boite Noire, thriller aérien d’une précision diabolique qui piégeait Pierre Niney au centre d’un complot mortel. Avec une efficacité narrative redoutable et sa suite de rebondissements, le réalisateur prouvait enfin qu’il était plus à l’aise à la barre d’un scénario agréable que des explorations psychologiques poussées. Pourtant, c’est bien à cela qu’il s’essaie avec Visions, hommage à Hitchcock réunissant Diane Kruger, Mathieu Kassovitz et Marta Nieto dans un triangle amoureux au bord de la folie et du fantastique. Essai réussi ou ambition ratée ?

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