Jeune mathématicienne à l’ENS, Marguerite effectue sa thèse sur la conjecture de Goldbach mais une erreur dans sa démonstration la pousse à abandonner ses travaux et commencer une nouvelle vie, plus ou moins loin des mathématiques. À l’image de la vie de sa protagoniste, le film d’Anna Novion s’en éloigne, lui aussi, constamment.
On avait l’habitude d’appréhender l’œuvre de Mélanie Laurent sous l’angle de la poésie, de l’intimité et de l’émotion (notamment avec Respire, sélectionné à La Semaine de la Critique à Cannes, en 2014). Avec Voleuses, elle signe un film d’action décalé, une comédie dramatique féministe en contre-point des blockbuster américains éminemment masculins. C’est en cela original, mais le film obéit malheureusement la plupart du temps au cliché et au formatage.
Il n’est pas exagéré de décrire Hayao Miyazaki comme l’un des plus grands réalisateurs de notre temps. Des films comme Princesse Mononoké, Mon voisin Totoro ou Le château ambulant ont bercé l’enfance de générations entières et ont rempli leur imaginaire de nourriture délicieuse, de forêts magiques et de petites bestioles adorables – aussi bien que de traumatismes indélébiles. Bien que des rumeurs circulent déjà sur un nouveau projet du maître, Le Garçon et le Héron condense néanmoins en une explosion débordante la somme de son œuvre, et plus encore.
Après un détour métaphysique dans la campagne brésilienne pour le western Bacurau, dignement récompensé par le Prix du Jury au Festival de Cannes en 2019, Kleber Mendonça Filho porte son regard sur la ville de Recife. Déjà au centre d’Aquarius comme des Bruits de Recife, le réalisateur offre ici une nouvelle exploration, plus personnelle encore, de son lieu de naissance et clé de voute de son cinéma social et fantastique. Retour au bercail doublé d’un retour dans le temps : Portraits Fantômes amorce un voyage historique, politique et social à travers les salles de cinéma qui ont enchantées son enfance. Loin d’être un simple documentaire didactique sur un artiste ou un espace clairement définis, voici peut-être l’œuvre la plus intimiste et ambitieuse d’un auteur au sommet de son art.
Qu’est-ce qu’un bon Nakache et Toledano ? Question légitime, car après 7 longs métrages parmi lesquels d’immenses succès populaires et critiques (Intouchables, Nos Jours Heureux, Le Sens de la Fête ou encore Hors Normes), on est en droit de s’interroger sur le secret de la réussite des comédies sociales du tandem. Ce qui amène également à disséquer leur 8ème et dernier film, Une Année Difficile, ne réitérant ni la recette ni l’accueil de ses prédécesseurs.
À 87 ans, l’ancien combattant Ken Loach paraît plus que jamais fatigué. Au moins autant que son héros las mais résistant TJ Ballantyne, tenant à bout de bras son Old Oak (en français : vieux chêne…), dernier pub de son village minier du nord de l’Angleterre, paupérisé suite aux fermetures successives des mines, dans l’indifférence étatique. Alors que viennent s’y installer plusieurs familles de réfugiés syriens, notre brave Ballantyne, dont le nom rime avec « choukrane » (et qui a une lettre près s’appelait comme le whisky), choisit, sous l’impulsion de sa jeune amie Yara, d’ouvrir deux fois par semaine dans son bar une cantine gratuite pour les nécessiteux, accueillant familles de réfugiés et de déclassés.
Après deux tentatives ratées de soft reboots, la saga Saw fait marche arrière comme si de rien n’était : affiche à l’ancienne, reprise de la numérotation initiale et retour des héritiers de Jigsaw, tout est fait pour appâter les fans de la première heure. Mais ce serait oublier que Saw 3D est sorti il y a maintenant 13 ans, et que son public de l’époque est désormais en âge d’être parent. Pour autant, il est difficile de dire que les producteurs ont évolué avec les spectateurs tant ce “retour aux sources » fait l’effet d’un pétard mouillé.
La science-fiction n’est que la projection de nos espoirs et craintes vers un futur chaque jour plus incertain. De par son potentiel à générer des images fortes, qu’elles soient des croques mitaines robotiques du futur ou des monolithes noirs plus âgés que l’humanité, le genre a trouvé de beaux classiques au cinéma, si bien qu’il est difficile aujourd’hui de proposer des expériences nouvelles, aux idées fortes, sans tomber dans le sensationnalisme bas de gamme. La réalisatrice Sophie Barthes nous présente à son tour son high-concept cauchemardesque : une grossesse décharnée et accueillie à bras ouverts.
Un an après l’errance de deux solitaires dans Alice dans les villes, Wim Wenders retrouvait celui qui deviendra son acteur fétiche, le blond taciturne et séduisant Rudiger Vögler, dans Faux mouvement, nouveau road movie cette fois-ci en couleurs mais autrement plus grisâtre dans le ton, épaississant un style et un univers fondés sur le sentiment postmoderne de l’épuisement et celui romantique du désenchantement, sources d’un besoin immodéré de mouvement.