Le 7 mai dernier, Parlement a fait son retour sur la plateforme france.tv, avec la diffusion de sa dernière saison. La série franco-germano-belge offre un final à la hauteur de ce qu’elle a été jusqu’à présent : une satire grinçante à l’acuité politique sans pareille.
Sous le brutal soleil andalou, Sofia (Emma Mackey) marche sans cesse. À l’ombre de la maison de location, sa mère, Rose (Fiona Shaw) est immobile. Depuis des années, sans que quiconque sache bien pourquoi, ses jambes ne fonctionnent plus. Après avoir hypothéqué leur maison, elles ont quitté Londres en espérant qu’un médecin réputé (Vincent Perez) guérisse enfin Rose. C’est l’ultime tentative. Sofia, à la fois fille et infirmière à domicile, repousse encore et encore la fin de ses études d’anthropologie. Rose est aigrie, épuisée. La tension est déjà là, tout est prêt à éclater. Entre en scène Ingrid (Vicky Krieps), allemande bohème et sa flopée d’amants, que Sofia désire ardemment. Sans cesse, leur relation est entravée par le poids de leur passé respectif, jusqu’à un final cauchemardesque.
Mais que diable Les Dents de la mer (Steven Spielberg, 1975) allait-il faire dans cette galère ? Alors qu’on a tout juste croisé la route de Marcelo (Wagner Moura) au détour d’une station essence pour le moins sinistre, nous voilà jetés dans l’institut océanographique de Recife aux côtés d’un trio de flics mené par le docteur Euclides (Robério Diógenes), tiré de la débauche carnavalesque que signale la persistance de fard et de quelques confettis sur son visage. Sur une table chirurgicale, un requin attend aussi impatiemment que les trois policiers inquiets qu’on lui ouvre les entrailles pour en extraire une jambe bien embarrassante, puisque nullement là où elle devrait être. Une jambe qui aurait tout de celle de ce pauvre quidam dans sa barque, troisième casse-croûte du squale enragé de Spielberg, figurant synecdochiquement son état de chair à poissons. Plusieurs minutes plus tard, on verra le jeune fils du mystérieux Marcelo dessiner l’affiche du film, confirmant son statut d’hypotexte crucial de L’Agent secret.
Dans les galeries souterraines de Londres, Ethan Hunt est pris à partie par l’Entité. Elle se présente à lui sous la forme d’un gigantesque caisson high-tech qu’il ouvre d’un simple effleurement de la main. L’équipe de l’IMF regarde interdite leur leader s’installer dans ce sarcophage d’acier et recouvrir son visage de l’étrange masque qu’il contient. À cet instant, le piège se referme et l’agent se retrouve pieds et poings liés, à la merci de cette intelligence artificielle omnisciente, qui déverse dans son subconscient un flux électrique d’images représentant l’apocalypse qu’elle prépare. Soumis à ces terribles visions, pareil au traitement Ludovico enduré par le héros d’Orange mécanique, Hunt perd progressivement pied avec le réel avant d’être libéré et de s’écrier : « est-ce que c’est la réalité ? »
Si 2h45 est généralement une durée plus que raisonnable pour le biopic moyen, elle paraît presque dérisoire pour Lav Diaz, habitué aux récits-fleuves, et pour son sujet, Fernand de Magellan, figure emblématique du colonialisme qui appellerait aisément à une exhaustivité biographique.
Dans les années SIDA, Alpha est une jeune adolescente en pleine crise, fille d’une infirmière gentille mais parfois trop protectrice et nièce d’un oncle addict mais parfois rigolo. Voilà à peu près le nouveau film de Julia Ducournau résumé et l’évolution des personnages synthétisée. Une tâche, on l’avouera, peu complexe étant donné qu’Alpha ne fait que du sur-place.
À l’évolution standard du cinéaste installé — affirmant son style par effet de complexification ou de densification — Christian Petzold fait figure d’exception, tant sa filmographie semble viser progressivement son propre évidement. Nouvelle variation autour de Vertigo après Phoenix, sorti en 2014, Miroirs No. 3 permet précisément de constater l’horizon esthétique de l’auteur.
Au milieu du désert, on installe des enceintes. La puissance du son qu’elles produisent est telle qu’on dirait qu’elle a érodé les falaises qui entourent la plaine. Les fissures qui parcourent la pierre rouge ressemblent à un électrocardiogramme de la musique. Parmi les teufeurs, des cœurs qui battent à des rythmes différents : chacun vivant une expérience profondément introspective dans la sureté qu’offre le groupe. Au sein de ces personnages unis par les liens de la drogue, Luis cherche celle qui l’est par le sang : sa fille. Et bientôt, les deux liens finiront par n’en devenir qu’un.
“Maman, pourquoi tout le monde déteste la police ?” Vaste question posée par Rémy à sa mère, Stéphanie, enquêtrice de l’IGPN chargée d’enquêter sur une bavure lors d’une manifestation de Gilets Jaunes. Vastes réponses que se promet de livrer Dossier 137, nouveau long-métrage de Dominik Moll.