Corps et âme

Au cinéma le 25 octobre 2017

563445.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg
©Le Pacte

Le directeur d’un abattoir et une nouvelle employée se rendent compte qu’ils font le même rêve : dans une forêt enneigée, près d’un lac, ils se rencontrent sous l’apparence d’une biche et d’un cerf. Pourtant, sur leur lieu de travail, ils peinent à communiquer. Maria est froide, inadaptée à son environnement social, et Endre pas assez sûr de lui pour faire le premier pas. Mais grâce à cette rencontre mentale, à priori inconsciente, la fusion des corps s’envisage.

Continuer à lire … « Corps et âme »

Take Shelter

Au cinéma le 4 janvier 2012

19856886.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg
©Ad Vitam

Dès l’ouverture du film, Curtis LaForche (Michael Shannon) contemple avec crainte des nuages noirs. Tandis que tombe une étrange pluie ocre, un vol d’étourneaux évoque Les Oiseaux d’Hitchcock : le ciel devient très vite menaçant dans le regard de cet homme. Il mène une vie tranquille dans une zone rurale de l’Ohio, un état où se déchaînent régulièrement d’impressionnants cyclones. Les cyclones, voilà justement l’obsession maladive de Curtis. Et de plus en plus fréquemment, sa peur lui cause de violents cauchemars. « Ce n’est pas qu’un rêve, c’est un sentiment », assène-t-il avec croyance. Au cours d’un déjeuner, il annonce à sa famille qu’il va réhabiliter leur abri anti-tempête. Le shelter (refuge) du titre devient le seul espace dans lequel il parvient à se projeter, s’enfermant progressivement dans sa paranoïa…

Continuer à lire … « Take Shelter »

Follies

National Theatre

00285_follies_at_the_national_theatre_c_johan_persson
© Johan Persson

L’oeuvre de Stephen Sondheim est une des productions phares du National Theatre pour cette fin d’année. Une comédie musicale sur le showbiz, le temps qui passe et l’envie de rester jeune pour toujours. Un décor qui tombe en ruine autour de personnages qui tentent, eux aussi de maintenir une apparence parfaite alors que leur vie s’écroule peu à peu. Sous une esthétique tape à l’oeil, Follies nous montre des personnalités terrifiées du futur. Avec un goût de nostalgie, la pièce semble être un hommage à l’âge d’or de la comédie musicale.

Continuer à lire … « Follies »

A Ghost Story

Au cinéma le 20 décembre 2017

0147555.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx
Casey Affleck (C) et Rooney Mara (M) ©Universal Pictures International France

Le film écrit et réalisé par David Lowery avait fait sensation au festival de Deauville, remportant, entre autre, le prix du Jury et le prix de la critique. Tourné en format carré avec un grain d’image qui donne l’impression d’assister à un film familial personnel, le film créé une atmosphère intimiste pour insister sur l’aspect matériel du souvenir. David Lowery raconte l’histoire d’un jeune couple qui emménage dans une maison, et la symbolique que ce lieu prend lorsque le mari meurt subitement et vient le « hanter » sous forme de fantôme.

Continuer à lire … « A Ghost Story »

L’Usine de rien

Au cinéma le 13 décembre 2017

FullSizeRender
L’équipe du film lors de la première du film, le 25 mai 2017 à Cannes ©Victorien Daoût

Pour éviter d’être licenciés, des ouvriers décident d’occuper leur usine qui se démantèle sous leurs yeux. Mais la direction disparaît soudainement, les laissant sans directive. Dans un espace qui perd tout son sens lorsque le travail humain disparaît mais où il est possible de le réinventer, s’entrevoit alors une ample et convaincante réflexion sur la place de l’individu dans le monde du travail.

Continuer à lire … « L’Usine de rien »

Lucky

Au cinéma le 13 décembre 2017

2677931.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg
Le dernier rôle de Harry Dean Stanton ©KMBO

Le quotidien ritualisé de Lucky (Harry Dean Stanton), 90 ans, a des allures d’Un jour sans fin. Dès son réveil, la succession de ses gestes est parfaitement réglée, comme ses activités : café, mots croisés, mêmes émissions TV, puis il retrouve ses camarades de bar. Dans son village au beau milieu du désert, il est profondément indépendant et vit au rythme de ses habitudes. Autonomie illusoire ? Son visage creusé et sa silhouette longiligne le rendent à la fois respectable et fragile. Lorsqu’il fait une chute sans en trouver la cause, il constate que toutes les belles choses ont une fin. Dans l’ouest américain, les cow-boys solitaires vieillissent aussi. Continuer à lire … « Lucky »

La La Land

Au cinéma le 25 janvier 2017

29826475976_f173df6900_b
Emma Stone (Mia) et Ryan Gosling (Sebastian) ©SND

La La Land c’est le film qui remet les comédies musicales à la mode, avec une promotion monumentale, des attentes incroyables autour du film, une pluie de nominations pour toutes sortes de récompenses. A première vu, que du positif pour les adeptes de ce genre, pas très populaire auprès des nouvelles générations. Pourtant les passionnés de comédies musicales ont été les plus nombreux à critiquer le film, tandis que ceux qui ne s’y intéressent pas particulièrement ont tous été séduit. Alors pourquoi autant de division autour du film de Damien Chazelle, le réalisateur qui avait marqué les esprits en 2014 avec l’excellent Whiplash. La La Land est un film exemplaire dans sa réalisation, les couleurs et la mise en scène sont remarquables, on ne peut rien reprocher au réalisateur qui exerce son art avec une maitrise parfaite. Cependant ce que le film accomplit principalement c’est de rendre hommage aux comédies musicales classiques. Il s’agit d’un genre qui ne cesse de s’inspirer de ses prédécesseurs en utilisant les mêmes codes et règles, pourtant chaque grande comédie musicale parvient à les détourner afin d’y ajouter sa marque. L’enjeu devient alors de rendre un hommage tout en apportant quelque chose de nouveau au genre, ce que La La Land peine à faire. L’apogée du film est son superbe épilogue qui reprend cependant au plan près des classiques comme Un jour à New York, Les Parapluies de Cherbourg, Un Américain à Paris ou encore Broadway qui danse, parmi beaucoup d’autres. Chazelle nous propose un condensé des plus belles scènes des comédies musicales et les recrée magistralement. Si le cinéaste s’était contenté de cette séquence onirique afin de témoigner de son amour pour les comédies musicales, alors il aurait pu apporter un peu d’originalité au reste du film. Or, le film entier n’est qu’une pale copie d’oeuvres déjà réalisées; dès la scène d’ouverture on éprouve un sentiment de déjà vu avec des chorégraphies et une séquence qui rappelle celles Jacques Demy. Pendant tout le film ce sentiment ne nous quitte pas et Chazelle ne parvient jamais à dépasser cet aspect de référence qui aurait fait bon office pour un court métrage mais captive difficilement le spectateur sur le long terme.

Continuer à lire … « La La Land »

Masterclass – Pablo Larraín

Réalisateur

063772.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg
Pablo Larraín sur le tournage de Jackie ©Bac Films

A l’occasion de la 9e édition du festival Un état du monde, le Forum des images rendait un hommage au cinéaste chilien Pablo Larraín. Même si pour lui le cinéma s’apprend et ne s’enseigne pas, il s’est confié au cours d’une masterclass sur son parcours, sa vision du cinéma et de la politique de son pays natal.

Continuer à lire … « Masterclass – Pablo Larraín »

Young Marx

Bridge Theatre

6E014336-190A-493F-9A58-46A7FB3A1372
Rory Kinnear (Karl Marx) © Manuel Harlan

Young Marx est la première production du Bridge Theatre, un nouveau théâtre situé juste en dessous du célèbre London Bridge. Le lieu est accueillant et chaleureux, quant à la salle, elle peut être maniée au bon vouloir des metteurs en scène. Cette nouvelle pièce de Richard Bean et Clive Coleman raconte l’histoire de la jeunesse de Karl Marx en tant que réfugié à Londres. Entre ses difficultés financières, l’effondrement de son mariage et son amitié avec Friedrich Engels, la pièce retrace son cheminement personnel le menant à l’écriture du « Capital ».  Continuer à lire … « Young Marx »

The Revenant

Au cinéma le 24 février 2016

the-revenant-2015-1200-1200-675-675-crop-000000
Leonardo DiCaprio (Hugh Glass) ©Twentieth Century Fox France

Après le triomphe de Birdman, qui avait remporté l’Oscar du meilleur film, du meilleur scénario original, de la meilleure photographie (Emmanuel Lubezki), et celui du meilleur réalisateur, la sortie du nouveau film d’Alejandro González Iñárritu est un véritable événement. Il revient cette fois avec un survival, mêlant aventure et western. Basée sur des faits réels, il raconte l’histoire de Hugh Glass, un trappeur américain cherchant à se venger après avoir été laissé pour mort par ses compagnons. Si Iñárritu, de plus en plus hollywoodien, s’attelle à un style assez particulier et nouveau pour lui, il est loin de décevoir.

Continuer à lire … « The Revenant »