On avait l’habitude d’appréhender l’œuvre de Mélanie Laurent sous l’angle de la poésie, de l’intimité et de l’émotion (notamment avec Respire, sélectionné à La Semaine de la Critique à Cannes, en 2014). Avec Voleuses, elle signe un film d’action décalé, une comédie dramatique féministe en contre-point des blockbuster américains éminemment masculins. C’est en cela original, mais le film obéit malheureusement la plupart du temps au cliché et au formatage.
Une scène introductive ancrée dans la réalité d’une prise de bec entre un père (Romain Duris) et son fils (Paul Kircher) dans les embouteillages – le cinéma étant peut-être le seul lieu où une sortie de véhicule dans de telles circonstances pour circuler entre les voitures devient banale – se poursuit par la surprise de leur rencontre avec un homme ailé, le corps attelé, se propulsant hors d’une ambulance. Si nous sommes, en premier lieu, persuadés que cet évènement est aussi inédit pour les personnages que pour le spectateur, nous découvrons que ce phénomène n’est pas totalement nouveau pour François et Emile. Dès lors, s’ouvrent les portes de l’univers science-fictif. Car une manifestation récente et complexe de mutation de l’Homme vers l’animal sévit. Ou bien libère t-elle ? Des centres spécialisés contrôlent l’évolution de ces individus. Lana, la mère d’Emile est elle-même touchée par ce changement. François décide de tout quitter pour partir avec son fils à la recherche de sa femme, alors qu’elle s’est enfuie du centre spécialisé qui la soignait.
Ils sont une petite dizaine attablés autour de leurs menus McDo, à échanger blagues, rires et disputes ; ou entassés à l’arrière d’une voiture trop petite pour les contenir, à raconter la même anecdote sur Francis Cabrel ; ou encore debout devant le bureau du proviseur, tassés sur eux-mêmes, maladroits et silencieux, et incapables de trouver les bons mots pour se faire entendre. Ce sont bien des professeurs et non des élèves que filme ici Thomas Lilti, livrés à eux-mêmes et se débattant pour comprendre un système qui semble avoir abandonné les petits comme les grands.
Encore assez méconnue en France, la justice restaurative se révèle dans le dernier film de Jeanne Herry, Je verrai toujours vos visages, qui met en scène des rencontres entre des victimes et des auteurs d’infraction, visant à réparer le lien social par les mots.
Quatrième long-métrage de Cédric Jimenez, BAC Nord pourrait presque se voir comme le prolongement contemporain de son deuxième film, le divertissant La French (2014). En résulte un thriller policier ambitieux et bien ficelé mais qui néanmoins emprunte, au fil de son récit, une piste dangereuse…
Serions-nous au début du premier épisode de Twin Peaks ? Un corps inerte est étendu sur la plage. Est-ce le cadavre de Laura Palmer ? En aucun cas : c’est un type enroulé dans son sac de couchage, en train de dormir sur le sable. Il s’appelle Manu et son pote Jean-Gab vient le chercher pour une mission. Une vraie mission de mafieux : il faut remettre une valise remplie de billets à un homme mystérieux.