Parmi les rôles complexes, obscurs et tortueux interprétés par Isabelle Huppert, on compte celui d’Erika Kohut dans La pianiste de Michael Haneke : un film dérangeant, portant un trio de personnages ambigus et déroutants, dont les relations interrogent les rapports entre hommes et femmes.
Deux hommes cheminent sous le soleil implacable du désert. Habillés de costards, l’un tout en noir, l’autre tout en blanc, ils discutent avec nonchalance d’un jeune homme mort après une chute de huit étages (sans compter une balle dans l’estomac et une overdose), s’arrêtant à peine le temps d’échanger des sacs d’argent contre de la drogue. Il suffit d’une scène à Elias Belkeddar pour planter ses personnages et son décor, dans un style teinté d’une ironie noire où la violence et la mort sont des occurrences quotidiennes sans réelle gravité.
En Polynésie, le Haut-Commissaire de la République est confronté à des tensions grandissantes lorsque des rumeurs de nouveaux essais nucléaires se propagent. De Roller est un tampon entre le peuple indonésien et l’État Français : le premier lui réclame des informations que le second n’a pas daigné lui donner. Son ignorance se transforme alors en inquiétude. Un complot ? Peut-être.
Dans son précédent film Proxima (2019), Alice Winocour s’emparait de ce qui est devenu un genre cinématographique à part entière, le film d’astronaute, pour mettre en scène un drame autrement plus intime que ce que son schéma générique présuppose d’ordinaire, loin de tout enjeu scientifique ou de survie, celui de la douloureuse mais nécessaire séparation d’une mère et sa fille. Si Winocour congédiait alors l’attrait du spectaculaire pour ne montrer que l’exigeante phase de préparation au voyage spatial, c’est cette fois-ci à l’après, aux séquelles d’une catastrophe, qu’elle dédie son récit et sa caméra dans Revoir Paris.