Dans son troisième long-métrage, Coup de foudre, Diane Kurys déploie dans une veine autobiographique (que l’on retrouvait déjà dans Diabolo Menthe) le vécu de sa propre mère, d’origine juive, internée au camp de Perpignan en 1942.
Parmi les rôles complexes, obscurs et tortueux interprétés par Isabelle Huppert, on compte celui d’Erika Kohut dans La pianiste de Michael Haneke : un film dérangeant, portant un trio de personnages ambigus et déroutants, dont les relations interrogent les rapports entre hommes et femmes.
Le genre du film noir, dont fait partie Acte de violence de Fred Zinnemann, est marqué par la psychanalyse, en ce qu’il propose des personnages torturés par leur passé et emprisonnés dans des situations inéluctables, dont la seule issue est une fin tragique. C’est bien le cas de Frank Enley, dont la vie paisible et respectable va être entravée par l’arrivée d’un vétéran invalide, Jo Parker, qui partageait son régiment lors de la Seconde Guerre Mondiale. Plus qu’une histoire de vengeance pour trahison et lâcheté, Fred Zinnemann donne à voir les conséquences traumatiques du conflit sur la psyché des protagonistes.
Matilde Landeta est une des (trop nombreuses) cinéastes oubliées du champ cinématographique international. Dans son troisième long-métrage, la réalisatrice mexicaine reste fidèle aux questions féministes qui sillonnent l’ensemble de son parcours.
Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés. Sur la plage abandonnée, guitares et macchabées. Sous l’œil rond de la pleine lune inquisitrice et au rythme des solos de Jimi Hendrix, Dédé et Simon errent d’erreur en erreur.
Les meilleurs documentaires de Wim Wenders s’étaient jusque-là appliqués à admirer les artistes par leur absence (Tokyo-ga, dans lequel il partait sur les traces de Yasujirō Ozu ; Pina, hommage des danseurs à leur ancienne chorégraphe Pina Bausch) ou leur disparition prochaine (le sublime Nick’s Movie, filmant les derniers jours du réalisateur Nicholas Ray). Anselm prolonge en cela la rupture entamée avec Le sel de la Terre puisqu’en filmant son ami, l’artiste plasticien Anselm Kiefer, Wenders s’accompagne de nouveaux enjeux : comment retranscrire par images la vie et l’œuvre d’un créateur toujours en activité ?
Réalisé entre deux œuvres imposantes, Les Misérables et Germinale, Le Nabab d’Albert Capellani est un film social et intimiste, lui aussi adapté d’un roman d’Alphonse Daudet. Il dessine le parcours du forgeron Bernard Jeansoulet, frère aîné de Louis, qui trouve un emploi à Paris, et se laisser griser par l’atmosphère enivrante de la capitale. Bientôt, il est accusé à tord par une femme qu’il convoite de lui avoir dérobé, à tord, un sac contenant ses bijoux, et se voit écoper de cinq ans de prison. Bernard, pour ne pas inquiéter sa mère, n’en souffle mot, et part lui aussi, à la conquête des villes, et surtout d’argent. Il s’enrichit, mais la concupiscence le rattrape.
Ozu aime filmer la famille et avec elle, le temps qui passe. Les Sœurs Munakata place le spectateur au sein d’une intrigue menée par deux frangines que tout oppose : d’un côté, Stesuko, interprétée par Kinuyo Tanaka, actrice venant du muet, ancrée dans les traditions, portant un kimono et soumise à un mariage malheureux. De l’autre, la cadette, Mariko, qui fume, parle sans vergogne et s’habille à la façon de la mode occidentale.
La première séquence d’Alice dans les villes s’ouvre sur un avion qui plane dans le ciel, métaphore du voyage que vont entreprendre le protagoniste, un photographe et journaliste esseulé, et une petite fille, Alice, laissée pour compte par sa mère, rencontrée à l’aéroport, et remise aux mains de Phillip. La caméra pivote et nous retrouvons Phillip, appareil photo en main, prendre un cliché de la mer, la mer qui rappelle la mère, le point final de l’aventure.
On le croyait perdu notre poète des paysages, sauvages ou urbains, errant comme ses personnages, égrenant ça et là quelques documentaires oubliables et fictions peu inspirées, pour ne pas dire ratées. On le retrouve au Japon, notre cinéaste itinérant, admirateur d’Ozu dont il avait suivi les traces en 1985, dans son documentaire Tokyo Ga. Avec un art similaire de l’épure, du cadrage et de la durée, Wenders arpente de nouveau la capitale sous un visage inattendu : celui de ses toilettes publiques.