Brooklyn Affairs

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Gugu Mbatha- Raw (Laura Rose) et Edward Norton (Lionel Essrog) © Warner

Edward Norton n’est pas étranger aux rôles de schizophrènes. À vrai dire, les personnages atteints de troubles mentaux correspondent même à la majeure partie de sa filmographie (Peur primale, Fight Club, American History X, L’incroyable Hulk, etc…). Il n’est donc pas étonnant de le voir endosser avec une facilité flagrante le rôle de Lionel Essrog, le protagoniste du roman Motherless Brooklyn de Jonathan Lethem. Personnage schizophrène dans le film, Edward Norton semble aussi l’être sur le plateau, endossant les rôles d’acteur, scénariste, réalisateur et producteur pour s’attaquer au genre très prisé du film noir.

Si le film est la preuve d’un travail esthétique et scénaristique indéniable, il n’en demeure pas moins inégal. Le scénario devient rapidement laborieux et s’encombre de quelques répétitions. En voulant donner vie à un thriller complexe et malin, Norton se perd dans des complications peu nécessaires et qui donnent au film un rythme bancal.  Si certains moments ennuient, d’autres captivent pourtant. La réalisation est intrigante et recherchée. Chaque plan est minutieusement mis en place et s’inscrit dans un hommage évident aussi bien à d’autres films noirs qu’à de grands peintres américains, notamment Hopper. Inspiration géniale qui permet réalisateur et à son directeur de la photographie Dick Pope de créer une ambiance esthétique reflétant parfaitement le New York des années 50. Malheureusement, à l’image de son scénario, la réalisation de Norton se retrouve parfois victime d’effets stylistiques un peu lourds. Ces séquences, même peu nombreuses, viennent dégrader ce travail sur le cadre et la recherche picturale en donnant à l’œuvre un caractère essentiellement disparate dans sa mise en scène.

Ce que le film réussit de manière inéquivoque est son casting. Willem Dafoe est d’une justesse remarquable, Gugu Mbatha- Raw est pétillante et Alec Baldwin interprète un politicien véreux avec une grande simplicité (une référence à son talent d’imitation de l’actuel président des États-Unis ?). Mais c’est bien l’acteur principal qui impressionne le plus. Ce détective maniac et rongé par des tocs correspond parfaitement au style de l’acteur qui prouve une fois de plus son génie d’interprétation en nous livrant une prestation réellement bluffante. Brooklyn Affairs propose donc indéniablement des pistes intéressantes mais son manque de naturel et de fluidité lui fait défaut. Sans jamais parvenir à s’inscrire dans la lignée des grands films noirs, l’œuvre d’Edward Norton reste un film séduisant qui résulte de toute évidence d’un travail acharné de la part de son acteur, réalisateur, scénariste et producteur. Peut-être trop acharné. 

Brooklyn Affairs / de Edward Norton / Avec Edward Norton, Alec Baldwin, Willem Dafoe, Gugu Mbatha-Raw et Bobby Cannavale / USA / 2h24 / Sortie le 4 décembre 2019.

 

Auteur : Chloé Caye

cayechlo@gmail.com

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