Présidente du jury courts-métrages au Champs-Élysées Film Festival cette année, Rebeka Warrior nous confie ce que le format court représente pour elle, les compositeurs de musique de film qui l’ont marquée et nous parle des clips de Sexy Sushi, KOMPROMAT et Mansfield.TYA.
Auteur : Chloé Caye
Causerie : Bertrand Bonello
Président du jury longs-métrages au Champs-Elysées Film Festival cette année, Bertrand Bonello a répondu à nos questions sur son rôle de juré, le cinéma indépendant, le contexte de production des films et l’évolution du festival.
Rencontre avec : Patric Chiha

Projeté à la Berlinale dans la catégorie Panorama, La Bête dans la jungle est le cinquième long-métrage de Patric Chiha. À l’occasion de la sélection du film au Champs-Elysées Film Festival et de sa sortie en salle, le réalisateur a répondu à nos questions sur ce dernier film, d’une ambition folle.
Quand avez-vous découvert le roman d’Henry James ? Qu’est-ce qui vous a donné envie d’adapter La Bête dans la jungle ?
Platon a une très belle idée là dessus, il dit que les idées volent en l’air et nous tombent dessus. Elles tombent sur une personne, pas toujours celle qu’on pense. C’est un concept que je déforme peut-être car je ne connais pas assez bien Platon mais que je trouve très beau, je l’utilise beaucoup en tournage. La Bête dans la jungle m’est tombée dessus, il y a dix ans environ. Au delà de la beauté du roman, il me parlait très fortement, dans son thème, dans ses tensions entre le réel et le rêve, entre le fantasme et la réalité, entre ce que nous attendons et ce que nous faisons. Il me semble que le roman évoque cette tension presque comme un mythe, à la fois très simplement et très mystérieusement. C’est un livre qui m’échappe toujours. Et c’est justement parce qu’il m’échappe que j’ai eu envie d’en faire un film. C’est en grand roman donc j’ai été très respectueux envers la forme, le langage et le style. Et un jour, en rentrant chez moi, dans ce virage qui monte, j’ai compris qu’il fallait le faire en boîte de nuit. Alors qu’au départ, je ne savais pas ce que j’allais faire de ce roman. Je savais seulement que je n’allais pas l’adapter comme ça, qu’il fallait me l’approprier. Et c’est cette boîte de nuit qui était la clef, qui m’a autorisé à me lancer. Très vite, ça m’a semblé être l’idée juste : la boîte de nuit comme espace où documentaire et fiction se mêlent. Un espace où nous attendons quelque chose.
Comment avez-vous choisi cette boîte de nuit, qui, au cour du film devient paradoxalement familière en restant assez labyrinthique ?
Avant ça, il y a eu une longue période d’écriture parce que c’est un roman très difficile : ce sont deux personnes qui attendent quelque chose 25 ans mais c’est aussi une romance, un mélodrame et l’histoire de cette boîte, fictionnelle. Je me suis longtemps demandé s’il fallait que je m’appuie sur une boite réelle, pour raconter son histoire. Ça aurait pu être le Palace à Paris, le Trésor à Berlin, ou le Heaven à Londres. Pourtant, je sentais bien que ça ne devait pas être l’histoire d’une boîte mais de toutes nos boîtes, de toutes nos fêtes. Trouver le lieu était assez difficile, notamment pour des raisons de co-production. Nous avons tourné en Belgique, car j’ai étudié là bas et y suis beaucoup sorti aussi. Il fallait une boîte qui ressemble à un théâtre : un endroit où nous pouvons être acteurs ou spectateurs. Il y avait vraiment cette question du balcon et de la place du spectateur dans le film. Parce que quand nous allons en boîte, nous sommes à la fois ceux qui dansons et ceux qui regardons danser. Ce sont deux activités qui se mêlent et qui sont toutes les deux excitantes. Et le lieu qu’on a trouvé est réellement une boîte, construite dans un ancien cinéma des années 50. Tout l’enjeu était alors de remplir la boîte, en plus en temps de COVID…
Il y a quelque chose de très répétitif dans l’histoire mais aussi visuellement étant donné qu’il s’agit d’un huis-clos, comment éviter que le film devienne redondant ?
Continuer à lire … « Rencontre avec : Patric Chiha »La Bête dans la jungle
Au cinéma le 16 août 2023

May plonge dans la foule avec aisance, elle y nage sans s’y noyer, s’y fond sans disparaître. Encore plus à la surface et presque à l’opposé d’elle, Tom observe, absent et distant. Après s’être rencontrés plus jeunes, ils se croisent et May reconnait Tom : « Vous m’avez dit que depuis votre plus tendre enfance, vous aviez l’impression d’avoir été choisi pour quelque chose d’exceptionnel et d’étrange… prodigieux, terrifiant, et qui devrait vous arriver tôt ou tard… ».
Continuer à lire … « La Bête dans la jungle »Passages
Au cinéma le 28 juin 2023

Tomas est un réalisateur autoritaire, impétueux et arrogant. À la fin de son nouveau tournage, bien que marié à Martin, il se retrouve à batifoler avec Agathe. La peur de l’échec de son nouveau film fait discrètement irruption dans sa vie personnelle et le jeune homme cherche l’amant que le flattera le plus.
Continuer à lire … « Passages »Rencontre avec : Philippe Miller

À l’occasion de la ressortie, en version restaurée, de Jeanne et le garçon formidable (1997), nous avons eu la chance de discuter avec Philippe Miller, le compositeur du film.
Comment s’est déroulé votre rencontre avec Jacques Martineau et Olivier Ducastel ; comment a eu lieu votre arrivée sur le projet ?
Ma femme est monteuse et il se trouve qu’elle avait déjà travaillé avec le producteur de Jeanne et le garçon formidable. Il lui avait parlé de ce projet de comédie musicale et lui a appris que j’en avais déjà composé une pour le théâtre. Je devais donc travailler avec Jacques Martineau et ma femme a pensé que ce serait bien d’avoir aussi quelqu’un qui avait déjà travaillé sur une comédie musicale de cinéma ; car aucun de nous n’avait cette expérience. Elle en a donc parlé à Olivier Ducastel, sachant qu’il avait travaillé sur les derniers films de Jacques Demy. Ils sont tous venus à cette occasion et se sont rencontrés chez nous.
Vous avez composé les musiques à partir du scénario ? Comment se passait votre collaboration avec Jacques Martineau, qui a écrit les paroles des chansons ?
Quand on fait des musiques de films, on arrive souvent au dernier moment. Sauf si un réalisateur veut une musique en amont pour une certaine séquence, mais généralement, on arrive lors du montage. Dans le cas de Jeanne, la musique a été filmée, en quelque sorte. Cela inverse totalement le rapport car elle arrive juste après le scénario. C’était un souhait que nous avions tous : tourner avec les enregistrements définitifs, les voix des acteurs (sauf une), pour créer une véracité au moment de l’interprétation. Afin que les acteurs ne s’appuient pas sur des maquettes. Et puis, à l’époque il y avait assez peu de maquettes finalement, toutes les musiques que j’ai composées, je leur ai d’abord fait écoutées au piano, en chantant : à l’ancienne ! Mais notre choix était donc d’aller en studio, de faire enregistrer les vrais acteurs et puis d’enclencher le tournage. Etant donné que Jacques est aussi chanteur et musicien, il avait déjà écrit quelques paroles en pensant à des mélodies. Il était vraiment très humble par rapport à ça, il m’a dit que je n’avais aucune obligation de les utiliser mais qu’il ne pouvait simplement pas s’empêcher de penser à des mélodies lorsqu’il écrivait les paroles. Il y en a certaines que j’ai gardées, d’autres que j’ai transformées et quand, pour certains textes, il n’avait rien, j’ai eu l’entière liberté de composer ce que je voulais.
Aviez-vous déjà le désir de piocher dans plein de registres musicaux différents : java, tango, variétés ou encore jazz ?
Continuer à lire … « Rencontre avec : Philippe Miller »Depuis Cannes : Anthony Chen
Festival de Cannes 2023
Invité à Cannes pour la quatrième fois, Anthony Chen vient cette année présenter Un Hiver à Yanji. Le réalisateur nous a raconté la genèse de cette histoire d’amour peu commune, sélectionnée dans la catégorie Un certain regard.
Fleur Pâle
1964 / Ressortie le 31 mai 2023

Dans Fleur Pâle, Masahiro Shinoda met en scène le retour de Muraki après trois ans d’emprisonnement pour homicide. Le meurtre de quelqu’un d’autre devient ici l’ultime don de soi aux yakuzas. La vie de Muraki appartient au clan, elle appartient à Tokyo. Seul, il erre dans cette ville dont les lumières bleutés subliment son spleen.
Continuer à lire … « Fleur Pâle »Depuis Cannes : Simon Rex
Festival de Cannes 2023
Grand favori pour le Prix d’interprétation l’année passée pour Red Rocket, Simon Rex était de retour à Cannes cette année pour présenter l’excellent The Sweet East de Sean Price Williams. L’acteur nous a raconté la construction de ce personnage, des plus atypiques :
L’Enlèvement
Festival de Cannes 2023

En 1858, Edgardo Mortara est enlevé à ses parents par les autorités papales. Le jeune garçon de six ans aurait été secrètement baptisé par sa nourrice et ne peut donc pas être élevé au sein d’une famille juive. Il est alors envoyé à Rome à la Maison des Catéchumènes pour recevoir une éducation catholique. Bellocchio filme dans L’Enlèvement la conversion du jeune Edgardo, l’admiration qu’il développe pour le pape Pie IX et, à l’inverse, la perte de crédibilité, d’influence que ce dernier subit en Italie.
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