The Child in Time

Rediffusé sur Canal + mercredi 6 mai à 16h

The_Child_in_Time
Benedict Cumberbatch (Stephen Lewis) © BBC One

Basé sur le livre de Ian McEwan du même titre, The Child in Time raconte l’histoire de Stephen Lewis, un écrivain pour enfants dont la vie bascule lorsque sa fille de quatre ans disparaît. Le téléfilm de Julian Farino, connu pour son travail sur la série Entourage, produit par la BBC se centre sur les différentes étapes du deuil et leur répercutions sur la vie personnelle et professionnelle des protagonistes. 

Le film est intélligent dans son rythme, relativement lent, qui accompagne avec délicatesse les personnages et ne précipite pas leurs émotions. La caméra semble les suivre de loin sans les oppresser, participant ainsi à conserver un aspect de réalisme. Cet élément permet aussi aux acteurs de prendre leur temps dans la représentation de cette douleur et son évolution. Benedict Cumberbatch, que l’on avait découvert dans Sherlock et qui depuis fait sensation sur le grand écran avec, entre autres, The Imitation Game ou encore Doctor Strange, est incroyable dans le rôle principal. Il parvient à être déchirant tout en restant juste et porte réellement le film du début à la fin. Il est accompagné de la très talentueuse Kelly Macdonald (Trainspotting, No country for old Men, Nanny Mcphee). Ce trio d’acteurs est complété par Stephen Campbell Moore (The History Boys, The Lady in the Van, Bright Young Things) dont on admire le travail aussi bien sur scène que sur le petit et grand écran. Ce dernier livre une prestation stupéfiante et vient même dans certaines scènes voler complètement la vedette au personnage principal. Ces figures notoires de la télévision, du théâtre et du cinéma anglais sont ici les réelles fondations du film et lui donne toute son ampleur. 

Cependant si le jeu s’avère parfait et est complimenté par le rythme, le format de téléfilm ne l’est pas particulièrement. Ce choix de lenteur oblige le cinéaste à omettre plusieurs éléments qui méritaient d’être plus développés. Notamment les différentes apparitions de la petite fille et ce début de réflexion sur le temps, qui sont au final très peu évoqués. Ainsi, en voulant soigner ses personnages et leur parcours émotionnels, affectifs et mentaux, le réalisateur se retrouve comme pris au piège par la contrainte temporelle et la fin semble précipitée. Afin de mettre en scène tous les thèmes abordés par le roman et de permettre aux personnages d’évoluer sans précipitation, une mini-série aurait sûrement été un choix plus approprié. Mais peut-être se rapprocherait-on alors trop de Broadchurch, la magnifique série britannique sur le même thème, superbement réalisée par Chris Chibnall en 2013 et à laquelle l’atmosphère de The Child in Time fait déjà beaucoup penser.

Ce dernier est donc plutôt réussi, même s’il est très loin d’être parfait et que son format ne semble pas bien correspondre au style adopté par le réalisateur. Il reste quand même à voir pour la manière dont le sujet est traité sans cliché et avec réalisme, mais surtout pour les performances de ses acteurs qui resteront avec vous longtemps après que l’écran se soit éteint. 

The child in Time realisé par Julian Farino / Avec Benedict Cumberbatch, Kelly Macdonald et Stephen Campbell Moore / BBC one en 2017 / Disponible en replay sur MyCanal jusqu’au 24 juillet 2018

Auteur : Chloé Caye

cayechlo@gmail.com

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