Mother Land

Actuellement au cinéma

© Metropolitan FilmExport

Après un rapide retour en France avec Oxygène, réalisé en 2021 spécialement pour l’usine à contenus Netflix, Alexandre Aja revient au grand écran et à une production 100% américaine avec Mother Land. Dans ce film d’horreur en forme de conte de fées, June et ses deux enfants vivent dans les bois après la fin du monde. Ils survivent en chassant aux abords de leur maison en prenant garde de respecter une règle cruciale : ne jamais, sous aucun prétexte, se défaire de la corde qui les relie à la demeure et les immunise du Mal qui rôde à l’extérieur.

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Le Comte de Monte Cristo

Actuellement au cinéma

© Pathé

Après le pénible Asterix et Obélix : L’Empire du Milieu (Guillaume Canet, 2023) et la réception en demie teinte du diptyque Les Trois Mousquetaires (Martin Bourboulon, 2023), Jérôme Seydoux et les studios Pathé poursuivent leur entreprise de réhabilitation du film à grand spectacle hexagonal, avec cette nouvelle adaptation du classique d’Alexandre Dumas. Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, déjà scénaristes des aventures de D’Artagnan et Milady, se voient confier la réalisation et affichent une ambition inchangée : bâtir une fresque ample et romanesque sur un socle culturel patrimonial à même de mobiliser massivement le public estival dans les salles obscures.

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Memory

Actuellement au cinéma

© Metropolitan FilmExport

Huitième long-métrage de Michel Franco, Memory orchestre la rencontre de deux âmes blessées : Sylvia, alcoolique en rémission qui élève seule sa fille Anna, et Saul, un homme atteint de démence précoce. L’une est incapable d’échapper au traumatisme inscrit dans sa chair, l’autre ne parvient pas à fixer le moindre souvenir. Un mélodrame beau et triste qui délaisse en apparence la mécanique froide et cynique qui traversait les précédents films du réalisateur mexicain. En apparence. Car toute la réussite de ce film (peut-être le plus beau de son auteur) réside dans le subtil travail de maquillage par l’écriture et la mise en scène qui dessine, sous le vernis chatoyant de la fiction réparatrice, un gouffre d’ambivalence tragique.

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Le Deuxième Acte

Actuellement au cinéma

© Diaphana

Tournant à un rythme effréné, l’ancien marginal qui règne aujourd’hui en maître sur le cinéma français nous avait laissé·e·s épuisé·e·s par son Daaaaaali. Réduite à des gimmicks, sa mise en scène boursouflée y masquait difficilement le vide abyssal qui menaçait constamment d’engloutir le film. Moins de quatre mois plus tard, Quentin Dupieux nous revient avec une forme dépouillée, rapprochant d’emblée ce Deuxième Acte de Yannick, plus gros succès public à ce jour du réalisateur. En lieu de théâtre, le décor est cette fois-ci celui d’un restaurant abritant le tournage d’une comédie méta, écrite et réalisée par une intelligence artificielle, interprétée par Florence (Léa Seydoux), Guillaume (Vincent Lindon), Willy (Raphaël Quenard) et David (Louis Garrel).

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La Planète des Singes : Le Nouveau Royaume

Actuellement au cinéma

© The Walt Disney Company

Sorti en 2017, La Planète des Singes – Suprématie s’achevait par la mort du leader César et semblait tirer un trait définitif sur ce reboot de la vénérable saga adaptée du roman de Pierre Boule. Après une ouverture en trait d’union, dans laquelle Wes Ball prête allégeance à la trilogie dont il reprend le flambeau, le réalisateur nous propulse en avant de plusieurs centaines d’années et remet ainsi les compteurs à zéro. L’humanité semble avoir disparu, la nature a repris ses droits, et l’on suit les pas de Noa, jeune singe issu d’une colonie pacifique de dresseurs d’oiseaux. Très vite, cette quiétude est interrompue par l’irruption d’un groupe de primates armés se réclamant de César, qui procède au rapt de la communauté.

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Lan Yu

Actuellement au cinéma

© Carlotta Films

Le désir peut-il résister au passage du temps ? C’est l’une des questions que pose Lan Yu, film magnifique du méconnu Stanley Kwan, dont une partie de l’œuvre fait l’objet d’une ressortie en salles orchestrée par Carlotta. Réalisé cinq ans après son coming-out out, faisant de Kwan l’un des rares cinéastes ouvertement gays d’Asie, le film raconte l’histoire d’amour qui unit Handong, golden boy de la finance à Pékin, et Lan, un étudiant désargenté qui s’essaie à la prostitution. Le scénario est adapté d’un roman anonyme publié sur internet en 1998 et aborde par un prisme intime la clandestinité forcée des relations homosexuelles dans la Chine post-Mao.

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Hitcher

1986 / Ressortie le 10 avril 2024

© Tamasa Distribution

Passé relativement inaperçu à sa sortie en 1986, Hitcher de Robert Harmon nous revient dans une copie restaurée, permettant d’enfin rétablir cette erreur d’appréciation. Il faut dire que le projet d’origine avait de quoi dérouter. Pensé par son auteur comme un film d’exploitation gore et ultra-violent centré sur la figure d’un autostoppeur psychopathe, le scénario a subi de nombreux remaniements jusqu’à finir amputé de ses scènes les plus explicites. En résulte un thriller assez bancal, littéralement troué, mais c’est justement dans ses manquements, ses absences, que ce film ménage des espaces de liberté particulièrement féconds pour le spectateur.

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Apolonia, Apolonia

Actuellement au cinéma

© Survivance

Initié par Léa Glob comme un projet étudiant, Apolonia, Apolonia s’est finalement mué en un travail de longue haleine, couvrant pas moins de treize années de la vie de son personnage principal. En résulte un film vertigineux d’une densité rare, embrassant du même geste le cheminement personnel d’Apolonia Sokol, « painteresse » en quête d’une place dans le milieu de l’art, et les bouleversements intimes et politiques qui agitent la société autour d’elle.

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Imaginary

Actuellement au cinéma

© Metropolitan FilmExport

Au début des années 2000, la modeste société de production Blumhouse opère un véritable braquage sur l’industrie cinématographique et son versant horrifique en imposant un modèle économique inédit : des films à très petits budgets, tournés en un temps record et si possible dans un décor unique. L’idée astucieuse est d’ainsi pouvoir multiplier les paris tout en limitant les risques, jusqu’à ce que l’un d’eux se révèle payant. Une vingtaine d’années plus tard, force est de constater que la recette apparait usée, et cet Imaginary est une nouvelle fois l’occasion d’en prendre la mesure.

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