Bientôt vingt ans que Dark Water est sorti en salle, bien qu’il soit empreint de l’esthétique si particulière des films d’horreur des années 2000, le long-métrage d’Hideo Nakata n’a que peu perdu de sa fraîcheur.
Un producteur de cinéma veuf organise de fausses auditions pour trouver une nouvelle compagne. Le synopsis d’Audition ressemblerait à première vue plus à celui d’une comédie que d’un film d’horreur. C’est bien ce rapport extrême aux contrastes de ton qui frappe dans le film de Takashi Miike. Le cinéaste transforme sans concession l’humour en épouvante et bâtit un film en miroirs.
Troisième film du réalisateur Hideo Nakata, Ring n’est ni son premier ni son dernier film d’horreur. Suivant la trajectoire lancée par Curse, Death and Spirit (1992) et Le spectre de l’actrice (1996), qui influença grandement les choix créatifs du réalisateur pour Ring, son premier grand film d’horreur ressort aujourd’hui, faisant découvrir à une nouvelle génération l’immense talent d’Hideo Nakata.
Dans Lux Aeterna, sorte de remake furieux et ensorcelant de La Nuit américaine, Gaspar Noé semblait tout entier dévoué à la tâche de saisir, au milieu du chaos, un moment d’éternité. Un fragment d’immuable. À la lumière éternelle, Noé substitue cette fois sa tragique extinction, une fluxa lux à laquelle il aura préféré le titre Vortex, hérité lui aussi du latin et signifiant « tourbillon ». Voilà le projet du film : capter dans sa durée « la mort au travail », l’implacable déliquescence de l’esprit dont la vision apparaît plus terrible encore que celle du corps en tant qu’elle signifie notre pleine finitude.
Dans Contes du hasard & autres fantaisies, Ryūsuke Hamaguchi nous offre une étude fine et vibrante des croisements. Croisements de trajectoires, de corps et, surtout, de paroles.
Gustave Kervern et Benoît Delépine nous dévoilent avec En même temps un film à l’humour décomplexé qui rappelle, dans la lignée de leurs précédents long-métrages, que l’absurde reste éminemment politique, voire l’est d’autant plus dans le contexte actuel.
Abuela réalisé par Paco Plaza – réalisateur de la saga horrifique à succès REC – et écrit par Carlos Vermut – auteur acclamé lors du festival de San Sebastian de 2015 pour son film La Nina de Fuego – sort en salle le 6 avril. L’affiche pouvait laisser présager un long métrage intéressant, servi à l’écriture par un scénariste éclectique issu de la BD et par un réalisateur dont la recette horrifique pouvait faire mouche. À cela s’ajoutait le sujet, la relation entre une grand-mère mourante et sa petite fille dans la fleur de l’âge, qui pouvait promettre une certaine originalité.
Élise est première danseuse à l’Opéra de Paris. À 26 ans, elle a consacré tout son temps et toute son énergie à son art, mais voilà qu’une blessure handicapante lui impose de tout arrêter et de faire une croix sur sa carrière. Sa rencontre avec la danse contemporaine lui ouvre de nouvelles perspectives. C’est au contact de la compagnie du chorégraphe Hofesh Shechter qu’elle découvre une autre manière de se mouvoir à laquelle elle prend goût.
La Nuit. Un cri. Un homme brûle dans la cour d’une usine décrépie. Acte de transgression suprême, l’immolation par le feu érige celui qui la choisit, et la subit, au rang des martyrs, des sacrifiés pour une cause collective. En choisissant d’ouvrir son film par une telle séquence, qui ranime en nous nombre d’événements et d’images chocs qui ont jalonné notre histoire récente et, nécessairement, celle du cinéma (Dans Persona par exemple, les images documentaires du Bonze s’immolant à Saïgon en 1962), Omar El Zohairy lui confère d’emblée une portée politique, pour mieux l’acheminer ensuite vers la fable kafkaïenne.
Là où Hanako boit sa bière dans des verres à pieds, la famille de Miki boit la sienne à même la cannette. Ces quelques plans indiquent très clairement la forte différence de classe entre les deux jeunes femmes et leurs amies. Et pourtant, celle-ci n’empêchera pas une forte sororité de se développer.