The Substance

Actuellement au cinéma

© Mubi Deutschland

Après Revenge, récit de vengeance qu’on appelle, car soyons précis, rape and revenge, The Substance tend à jouer une autre vengeance. Le très sanglant épilogue éruptif et cathartique, régurgitant à la face du « grand monde » sa cruauté envers les femmes et leur corps, la confirme et la signe. L’ambition d’une revanche du corps, de la matière, sur ce qui le fige. Le stéréotype. Et, à la manière de la victime qui retourne contre son bourreau sa violence, Coralie Fargeat s’empare frontalement du langage du patriarcat, ce male gaze bien aimé, pour en extraire la laideur.

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Sean Baker, american hustler

The Prince of Broadway © The Jokers

Loué pour son amour des marginaux, le cinéma de Sean Baker aura pourtant démarré par une fausse piste. Dans Four Letter Words (2000), le réalisateur américain filme le temps d’une soirée les retrouvailles d’ami·es parti·es étudier aux quatre coins du pays. Si on trouve déjà ici les prémices de son œuvre à venir, soit une appétence pour les situations patiemment dépliées, un intérêt pour l’industrie pornographique et un vrai talent pour le casting, ce premier long-métrage en constituerait plutôt le négatif. Cette bande de jeunes hommes blancs de la classe moyenne supérieure, en lesquels il est facile de reconnaître le cinéaste lui-même, diffère en tous points des personnages qui peupleront ses films suivants.

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Trois Amies

Actuellement au cinéma

© Pascal Chantier et Moby Dick Films

L’amour, selon Emmanuel Mouret, est une question de conjugaison : certains le vivent au présent et à l’impératif, d’autres au passé et au conditionnel, … Trois Amies reprend là où Chronique d’une liaison passagère s’était terminée, avec l’annonce de lieux déserts bientôt investis par les personnages. Cependant, le récit ne se déploie plus au présent, comme celui des amants Charlotte et Simon, mais se tourne désormais vers le passé.

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Anora

Actuellement au cinéma

© Le Pacte

Que ce soit à travers ses motels violets, ses fast-foods jaunâtres, ses mères secrètement prostituées ou ses ex-acteurs pornographiques pleins de verve, l’apparat domine l’Amérique dépeinte récemment par Sean Baker, marquée par la misère mais désireuse de la camoufler. Entamée avec The Florida Project puis Red Rocket, cette trilogie officieuse trouve en Anora sa logique continuation.

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Juré n°2

Actuellement au cinéma

© Warner Bros

Clint Eastwood est un classique. Il est presque gnomique – classique ? – de l’écrire. Il l’est sur le plan narratif, dont le régime est celui de l’action, ce mouvement dynamique traditionnellement tendu vers deux issues possibles, autant que sur le plan esthétique : la mise en scène, discrète chez Eastwood, s’assujettit à l’action susdite. Ce qui ne l’empêche pas de la subordonner à la durée des situations, à de la mise en scène, pour mieux fouiller les émotions, l’intériorité de ses personnages (voir Sur la route de Madison, drame au régime plus duratif). Un trait qui l’érige sans conteste au rang des grands cinéastes.

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Tardes de soledad

Actuellement au cinéma

© Dulac Distribution

Tardes de soledad s’ouvre avec une séquence de nuit : des taureaux, dans un champ, fixent la caméra. Leurs pupilles brillent, leurs cornes blanches se détachent du fond noir et leur souffle solide rassure autant qu’il inquiète. Albert Serra redonne au taureau une dimension mythologique : l’animal et la nuit ne font qu’un. Et la corrida est un rituel de sacrifice. Or le principe du sacrifice n’est autre que de verser le sang pur pour laver les péchés de ceux qui tuent. 

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Que Dios nos perdone

Festival Cinemed 2024

© Le Pacte

En 2013, Rodrigo Sorogoyen présente Stockholm en compétition à Cinemed. Onze ans et cinq longs métrages plus tard, le festival lui consacre une rétrospective. 

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Coup de foudre

Festival Lumière 2024

© Festival Lumière

Dans son troisième long-métrage, Coup de foudre, Diane Kurys déploie dans une veine autobiographique (que l’on retrouvait déjà dans Diabolo Menthe) le vécu de sa propre mère, d’origine juive, internée au camp de Perpignan en 1942. 

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Starlet

2012 / Actuellement au cinéma

© Rapid Eye Movies

Inédit en France, Starlet, quatrième film de l’américain récemment palmé d’or, contient tout l’art du cinéaste : une qualité d’observation inouïe couplée à un attrait pour les franges marginales de l’Amérique. Avant les flamboyantes prostituées africaines-américaines transgenres de Tangerine, avant la strip-teaseuse et mère célibataire de The Florida Project, Sean Baker s’imposait déjà comme l’auteur d’un contre-récit du rêve américain. De banlieues délaissées en motels miteux, son œuvre dresse en effet peu à peu le portrait des laissé·es-pour-compte du libéralisme sauvage qui règne sur le pays de l’oncle Sam, en évitant adroitement à la fois l’écueil du misérabilisme et celui de l’angélisme.

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La pianiste

Festival Lumière 2024

© Festival Lumière 2024

Parmi les rôles complexes, obscurs et tortueux interprétés par Isabelle Huppert, on compte celui d’Erika Kohut dans La pianiste de Michael Haneke : un film dérangeant, portant un trio de personnages ambigus et déroutants, dont les relations interrogent les rapports entre hommes et femmes.

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