Nome

Actuellement au cinéma

© The Dark

“En Guinée libre, il n’y aura pas de Messieurs. Ni blancs, ni noirs” : si Nome a trait à une désillusion, c’est bien autour de cette promesse égalitaire, martelée fièrement par les guérilleros du PAIGC (Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée) pendant la guerre. Contrairement à Sambizanga, qui prenait à bras le corps l’oppression portugaise subie par le peuple et les résistants dans un naturalisme rude mais in fine optimiste, Sana Na N’Hada oppose désormais un regard contemporain, débarrassé de l’espoir et gagné par une triste ironie.

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Imaginary

Actuellement au cinéma

© Metropolitan FilmExport

Au début des années 2000, la modeste société de production Blumhouse opère un véritable braquage sur l’industrie cinématographique et son versant horrifique en imposant un modèle économique inédit : des films à très petits budgets, tournés en un temps record et si possible dans un décor unique. L’idée astucieuse est d’ainsi pouvoir multiplier les paris tout en limitant les risques, jusqu’à ce que l’un d’eux se révèle payant. Une vingtaine d’années plus tard, force est de constater que la recette apparait usée, et cet Imaginary est une nouvelle fois l’occasion d’en prendre la mesure.

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La salle des profs

© Alamodefilm

Après deux prix à la Berlinale dans la sélection Panorama, les prix du meilleur film de l’année 2023 et du meilleur scénario au Deutscher Filmpreis, le prix du meilleur scénario aux European Film Awards… La salle des profs de İlker Çatak est en lice pour les Oscars ce dimanche 10 mars, dans la catégorie « meilleur film étranger ». S’il a des adversaires de taille, le thriller allemand mêle habilement et de manière déroutante les sujets de société actuels au sein d’un établissement scolaire.

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Ferrari

Disponible sur Amazon Prime

© Amazon Prime France

“We all know it’s our deadly passion, our terrible joy”, déclare Enzo Ferrari (Adam Driver) à ses pilotes et autres collaborateurs, agglutinés à table autour de lui. À l’aune de ces paroles, il n’est pas difficile de voir ce qui a tant passionné Michael Mann dans cette nouvelle personnalité masculine, autant Messie de l’automobile qu’Antéchrist semant la mort. L’apparence froide et grisonnante (Collateral), les démons de la célébrité (Ali), l’affect détaché (Heat) : Enzo endosse à lui-seul le spectre de plusieurs masculinités évoquées précédemment par l’auteur. Mais à la possible redite, Mann oppose consciemment un regard détourné sur son sujet qui, à défaut d’une réinvention totale, propose un pas de côté pertinent.

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Lady Vengeance

2005 / Ressortie le 6 mars 2024

© Metropolitan FilmExport

Éclipsé peu ou prou par son prédécesseur culte, Lady Vengeance, ultime segment d’une « trilogie de la vengeance » de Park Chan-wook, retrouve avec ses deux aînés Old Boy (2003) et Sympathy for Mister Vengeance (2002) la lumière des salles. L’occasion rare de (re)découvrir peut-être ce rubis devenu au fil des ans discret, emblématique du style corrosif et chiadé du cinéaste, acteur fécond avec ses pairs Bong Joon-ho et Kim Jee-woon d’un âge doré du cinéma sud-coréen.

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Alice

Actuellement au cinéma

© Malavida

Près de vingt ans après Valérie au pays des merveilles, pépite surréaliste de la nouvelle vague tchécoslovaque explorant l’éveil à la sexualité d’une jeune fille, Jan Švankmajer se réapproprie le roman de Lewis Carroll avec le sobrement intitulé Alice. En 1988, le cinéaste avait jusqu’alors fondé sa réputation sur des courts-métrages délirants projetés dans des festivals du monde entier. Ce premier long-métrage aux ambitions hybrides multiplie les expérimentations formelles.

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Black Tea

Actuellement au cinéma

© OLIVIER MARCENY – CINÉFRANCE STUDIOS ARCHIPEL 35 DUNE VISION

Dix ans après le remarqué Timbuktu, Abderrahmane Sissako vient dresser le portrait sensible et empreint de poésie d’une jeune femme ivoirienne, Aya, qui émigre en Asie, après avoir dit non le jour de son mariage. On retrouve le thème cher au cinéaste de l’exil, porté par une histoire d’amour entre les deux protagonistes de Black Tea : Cai, chinois d’une quarantaine d’années, gérant d’un magasin de thé, qui enseigne à Aya les règles et coutumes liées à sa préparation et sa dégustation.

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Dune : Deuxième partie

Actuellement au cinéma

© Warner Bros. Entertainment Inc.

La tâche était lourde, écrasante pour Denis Villeneuve que de faire renaître à l’écran l’univers foisonnant de Franck Herbert, aux complexes intrications politiques et mystiques. Malgré son air de film d’exposition, la faute à un découpage industriel en deux volumes, et sa nature dissonante, aux velléités introspectives couplées à des ambitions esthétiques d’envergure, toutes deux étouffées par les contraintes d’efficience narratives inhérentes au projet, Dune : Première partie illustrait déjà sa pleine saisie des conflits essentiels du roman. Le heurt entre deux cultures, deux rapports au monde qu’expérimente Paul Atréides, et son dilemme identitaire, happé par le désert auprès des Fremen, rattrapé par son héritage, appelé, enfin, à un destin transcendant.

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Eureka

Actuellement au cinéma

© Le Pacte

Prison à ciel ouvert dans La Libertad, quête illusoire de rédemption dans Los Muertos et Jauja : chez Lisandro Alonso, les espaces naturels sont le théâtre d’un enfermement. Eureka prend initialement ce même chemin figuratif, à travers un faux western ironique, citant directement le cow-boy incarné par Viggo Mortensen dans le précédent film. Soudain, d’un cut brutal, Alonso balaye d’un revers de la main la fiction – la sienne et celle des autres – pour imposer un retour nécessaire au réel.

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Rien ni personne

Actuellement au cinéma

© La Vingt-Cinquième Heure

« Vaut mieux avoir une vie de merde que pas de vie du tout » assure-t-on à Jean (Paul Hamy), petit voyou orphelin dont le métier de coupeur de cocaïne grignote son quotidien et sa santé mentale. À bout, il prend le grand large avec plusieurs précieux kilos de coke et entraine dans sa chute sa femme Nadia (Jina Djemba), son nouveau-né et ses nombreux collègues psychopathes maintenant bien enragés. Dans cette traque nocturne éclairée par les feux verts et rouges de Saint-Nazaire, Jean semble n’a comme échappatoires que la mer et son horizon lointain, accessibles grâce aux bons services de Valérie (Suliane Brahim), navigatrice alcoolique et méfiante.

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