La plage, la mer, le soleil, les grandes maisons, les amours de vacances, les flâneries, les sens échauffés et les corps dénudés, bref, vous l’aurez compris : l’été est arrivé ! La saison estivale, son atmosphère, ses lieux et ses rencontres sont des thèmes qui ne cessent d’inspirer les cinéastes. Retour sur dix films dans lesquels l’été a son rôle à jouer.
Alors qu’elle s’apprête à quitter Copenhague et son poste de commissaire adjointe pour rejoindre de nouveaux horizons, la disparition inquiétante d’une jeune fille conduit l’enquêtrice Sarah Lund à repousser son départ. Le corps de l’adolescente est bientôt retrouvé ligoté au fond d’un canal et l’enquête s’enlise dans des fausses pistes. Derrière cette intrigue policière somme toute assez commune se cache une série danoise particulièrement bien écrite et réalisée.
3, 2, 1… Bip, bip, bip… En décalage s’ouvre sur un décompte. Apparu pour la première fois en 1929 dans La Femme sur la Lune de Fritz Lang, le compte à rebours sera utilisé, accompagné d’un cercle de rotation et d’un son, afin de servir les projectionnistes pour la synchronisation du son et de l’image dans les salles de cinéma, à l’ère de la pellicule. Le procédé technique est aujourd’hui devenu dans l’inconscient collectif un symbole vintage du médium. Dès lors, nous sommes témoins de la concordance audio et visuelle de l’œuvre de Juanjo Giménez Peña, le temps de notre expérience du film. Le bip régulier est semblable à celui d’un rythme cardiaque que retransmettrait un électrocardiogramme… Les battements de cœur du cinéma ? Cette séquence temporelle précédant le début de l’action – bien qu’à la différence du maître allemand, il n’y ait pas ici de vérifications à effectuer avant le lancement d’une fusée – crée une tension à l’œuvre, nous propulsant ainsi déjà vers les sujets de l’intrigue : le cinéma, le temps et le rapport que l’homme entretient avec eux.
Dans les hautes herbes du parc de leur riche villa athénienne, Mariella et Pavlos découvrent un curieux animal. Le dodo qui s’invite chez eux ne pouvait pas plus mal tomber : à la veille du mariage de leur fille Sofia, ce couple au bord de la ruine ne sait plus où donner de la tête entre ses difficultés conjugales et financières et les derniers préparatifs.
Il est arrivé le blockbuster de l’été, sous l’escorte d’une promo punchy et du plus cool des acteurs cools, Brad Pitt, dont l’aura persistante, voire polie par les ans, a de quoi faire pâlir le dernier Thor et son marteau flétri. Pour rester sur les rails, à chacun sa méthode. Alors qu’un Tom Cruise privilégie l’autocélébration, érigée par delà les cimes dans Top Gun Maverick, Pitt préfère la voie de l’auto-dérision, se railler de soi plutôt que s’aimer soi, une approche qu’il réitère dans Bullet train sous la panoplie de Coccinelle, un assassin loser et angoissé qui doit subtiliser une mallette dans un train à grande vitesse reliant Tokyo à Morioka.
Neil se rend en vacances à Acapulco avec sa sœur et ses deux enfants (que l’on croit d’ailleurs être sa femme et ses enfants). Lorsque leur mère (celle des deux adultes) meurt soudainement, ils doivent écourter leurs vacances paradisiaques pour rentrer en Angleterre. Neil prétexte alors un oubli de passeport afin de rester à Acapulco. Tout comme cet incipit de critique, Sundown met en scène une intrigue tout à fait banale mais aussi bancale, que viennent alourdir de trop nombreuses parenthèses.
On l’avait pas vu venir. Grâce à Capricci, la France découvre avec quelques trains de retard les deux premiers longs-métrages de Tetsuya Mariko, Destruction babies et Becoming Father, sortis respectivement en 2016 et 2018 au Japon, remarqués à l’époque dans plusieurs festivals internationaux. Comme récemment pour le cinéma d’ Hammaguchi, ou plus lointainement les regards de Miike et de Kitano, cet intérêt tardif a l’effet d’une petite bombe et témoigne des ressources toujours vivaces du cinéma nippon. C’est de l’aîné de cette curieuse engeance, récompensé à Locarno ainsi qu’ au Festival des 3 Continents en 2016, qu’il s’agira ici.
Dramatiquement contradictoires depuis leur propre fondation, les États-Unis nous ont à nouveau montré ces derniers mois à quel point le pays qui se veut phare de la démocratie mondiale peut sombrer dans un cauchemar incompréhensible pour tous ceux qui l’observent de loin. L’énième massacre dans une école – cette fois à Uvalde, Texas – nous a rappelé l’absurdité du refus de contrôler la vente des armes ; la décision de la Cour Suprême d’abroger le droit fédéral à l’avortement nous a confirmé que même les droits qu’on considère comme acquis depuis des décennies ne sont pas à l’abri d’une classe dirigeante réactionnaire, patriarcale et aveuglée par le fanatisme religieux. Le mandat de Trump a poussé les artistes, les auteurs et les cinéastes américains à s’engager encore plus dans une satire de leur propre pays, mais maintenant que la cible principale n’est plus au pouvoir et que les injustices continuent de persister, très peu d’œuvres parviennent à bien représenter ce que signifie de vivre dans une nation comme les États-Unis. Un rare exemple réussi est la série Atlanta, dont la troisième saison a été diffusée entre le mois de mars et le mois de mai.
Habillée en Chanel, esquissant un sourire, la jeune Romy Schneider fixe l’objectif de son regard vif. Les quatre lettres de son prénom encadrent son visage ; en bas à droite, en plus petit, figure son nom. L’affiche réalisée par la Cinémathèque française pour l’exposition consacrée à l’actrice iconique donne le ton, isolant son visage insondable. Il s’agira au fil des salles de dessiner un portrait fidèle et documenté de l’actrice, dense pour ne pas être réducteur.