Les Harkis

Au cinéma le 12 octobre 2022

© Pyramide Distribution

En mars 1962, les accords d’Evian signent la fin des évènements d’Algérie, une guerre sans nom dont la douleur muette accable encore ses survivants. À peine murmurée dans le cinéma français, il faut attendre plusieurs décennies pour que la parole se libère, dans les maisons comme sur les écrans. Soixante ans plus tard, Les Harkis s’attèle à rendre compte d’une détresse encore taboue, celle des hommes algériens qui ont combattu pour la France.

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L’Innocent

Au cinéma le 12 octobre 2022

© Emmanuelle Firman

Après trois longs métrages charmeurs et charmants mais inégaux, Louis Garrel, que l’on aurait pu craindre de voir ventriloquer le cinéma de son père, aurait-il enfin trouvé sa voie avec L’Innocent ? Ou par voie entendra-t-on sa propre voix d’auteur ? Dans son précédent film La Croisade, on sentait que l’éternel jeune premier du cinéma français amorçait un virage sec dans sa filmographie. Un virage à 180 degrés vers une légèreté désinhibée, quoique dénier la veine comique de L’Homme fidèle serait une bévue.

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Les Amants

1958 / Ressortie le 9 novembre 2022

© Malavida

« J’aimais éperdument la comtesse de *** ; j’avais vingt ans, et j’étais ingénu ; elle me trompa ; je me fâchai ; elle me quitta. J’étais ingénu, je la regrettai ; j’avais vingt ans, elle me pardonna ; et comme j’avais vingt ans ans, que j’étais ingénu, toujours trompé, mais plus quitté, je me croyais l’amant le mieux aimé, partant le plus heureux des hommes ». Louis Malle a 26 ans lorsqu’il réalise Les Amants, inspiré du roman bref de Dominique-Vivant Denon. Le jeune homme a déjà connu un franc succès avec Ascenseur pour l’échafaud et, du film noir au drame romantique, il n’y a qu’une main. Le noir des gants de Julien Tavernier laisse place au blanc des draps de Jeanne Tournier. 

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Festival du film slovène 2022

1ère édition


© Affiche du festival, Sœurs de Kukla.

« Révéler le cinéma de Slovénie », telle était la promesse de cette première édition du Festival du film slovène à Paris. Au programme : un film de patrimoine et huit productions récentes, dont quatre courts-métrages.

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L’Origine du mal

Au cinéma le 5 octobre 2022

© The Jokers / Bookmakers

On s’installe devant le troisième film de Sébastien Marnier comme un dimanche après-midi d’hiver autour d’un jeu d’enquête. Le synopsis nous met déjà sur la piste d’un Cluedo cinématographique. Une grande bâtisse, une étrange famille, six suspects, et… « quelqu’un qui ment », affiche la règle du jeu. Chaque joueur parcourt le manoir de ses espaces interdits à ses passages secrets, pose des questions et relève des indices. On photographie de manière impétueuse les pièces à conviction d’une scène de crime. L’affabulation, le bluff, et l’hypocrisie sont de mise… Que la partie commence !

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Les Années Super 8

Disponible sur Arte

© Les Fillms Pelleas

Depuis le 7 septembre, Arte met à disposition sur son site Les Années Super 8, superbe collaboration entre l’écrivaine nobélisée il y a peu et son fils David Ernaux-Brio.

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Tori et Lokita

Au cinéma le 5 octobre 2022

© Diaphana

Le nouveau film des frères Dardenne, évidemment récompensé à Cannes, prend le contre-pied du Jeune Ahmed. Si ce dernier traitait d’un sujet difficile en lui apposant un regard tendre et un cadre propice à l’amour, cette nouvelle proposition se place dans une démarche bien plus frontale.

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Ticket to Paradise

Au cinéma le 5 octobre 2022

© Universal Studios

Depuis leur divorce, David et Georgia n’ont pas cessé de se détester. Mais lorsque leur fille Lily, fraîchement diplômée, renonce à une carrière d’avocate pour se marier avec Gede, rencontré lors de son séjour de fin d’études à Bali, ils unissent leurs forces pour saboter le mariage.

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Rencontre avec : Mia Hansen-Løve et Pascal Greggory

© Mariana Castro

Venue à Lyon pour présenter en avant-première son dernier film, Un beau matin, Mia Hansen-Løve était au cinéma le Comoedia en compagnie de l’immense Pascal Greggory qui interprète le rôle de Georg, un professeur de philosophie atteint de la maladie de Benson, inspiré du père de la réalisatrice. On a pu s’entretenir avec eux dans le cadre d’une rencontre presse, avec quatre confrères.

Vos films résonnent souvent avec votre expérience personnelle, à quel point dans ce film ?

Mia Hansen-Løve : Concernant la dimension autobiographique du film, il y a la maladie de mon père, qui a inspiré celle de Georg, et tout ce qui accompagne cette maladie. Le départ d’abord en hôpital, puis en EHPAD et cette espèce d’errance ont nourri le film. Mais au-delà de faits précis qui ont pu influencer son écriture, il y a surtout l’observation d’une chose extrêmement triste et extrêmement heureuse, en l’occurrence ici une rencontre amoureuse, qu’on peut vivre en même temps, et comment ça peut nous aider à affronter le malheur. Je ne suis pas seulement partie de la maladie, je n’aurais pas fait le film si je n’avais pas vécu deux expériences contradictoires au même moment, et c’est cette dialectique avant tout, et ce qu’elle révèle de la beauté de la vie en tant qu’elle peut nous redonner ce qu’elle nous reprenait, qui a inspiré le film.

Les liens que vous tissez entre votre expérience vécue et votre écriture, vous les ressentez comme nécessaires ?

M. H-L : Ça dépend des moments. Là ça l’était, mais pour tourner la page, pour prendre une distance avec ce que la réalité avait pu avoir de pesant. Mais j’en parle comme s’il n’y avait que du malheur alors que le film est né aussi d’un grand bonheur. En tout cas ici, c’était une nécessité mais ce n’est pas dogmatique chez moi. J’ai très envie de faire des films qui n’ont rien à voir avec moi, d’ailleurs je ne sais pas ce que je ferai demain mais les choses auxquelles je pense là tout de suite sont très détachées de ma vie. Je comprends que mon cinéma puisse donner cette image, mais mes deux premiers films n’étaient pas autobiographiques. Ils sont inspirés en revanche de personnes qui ont existé, mais ce n’est pas ma vie, ce n’est pas moi. Il y a réellement deux ou trois films qui ont directement à voir avec mon propre vécu. Donc bien sûr que j’ai envie de faire des films qui n’ont rien à voir avec ma vie, et aussi de faire des films avec des personnages masculins. J’ai envie de garder cette liberté-là, qui me permet de m’identifier aussi bien à des personnages féminins que masculins.

Le titre « Un beau Matin » sonne comme un déictique plutôt flou, ambivalent, teinté de clarté et de mélancolie. Est-ce que ce titre ne résume pas en quelque sorte les différences de tons qui innervent votre film et plus largement votre cinéma ?

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