Le cinéma de Mia Hansen-Løve ne cesse d’entrelacer des émotions contraires, de celles qui constituent la trame même de la vie. Il incarne une matière composite d’états d’âme souvent en prises avec le transitoire, sur le seuil du nouveau. Un Beau matin, ne serait-ce que dans son titre, résume en un trait simple ce projet filmique. Un titre lumineux, déictique plutôt flou, marquant une unité de temps aux rayons fugitifs, mais qui sonne également comme l’incipit d’un conte, assignant avec force et tout de go le film à l’aire de la fiction.
Derrière la mise en scène surchargée de Cédric Jimenez, il y a une certaine justesse dans cette représentation en hors-champ des attentats du 13 novembre.
Dinard a du Royaume-Uni le climat mais aussi parfois, pendant une semaine en septembre, les films. Les équipes et leurs œuvres traversent la manche, de la côte britannique jusqu’à la côte bretonne. Cette année avait lieu la 33ème édition du festival du film britannique et nous y étions.
Avec Patriarcat, Winter Family présente un spectacle centré sur les effets du patriarcat à échelle intime, avec pour terrain d’enquête leur propre couple.
Faire un spectacle éreintant aussi techniquement virtuose que politiquement et esthétiquement vain. Vous n’en rêviez pas ? Romain Gavras l’a quand même fait. Après son sympathique Le Monde est à toi, qui brassait bon nombre d’influences cinématographiques dans une comédie à l’énergie communicative, le cinéaste revient par la grande porte, en faisant appel à Netflix pour financer son nouveau projet.
Fruit d’une gestation pour le moins turbulente, fardé d’un intrigant parfum de scandale, Blonde, adaptation du roman de Joyce Carol Oates évoquant fictivement la vie de Marilyn Monroe, plus immense des icônes, ne pouvait que faire événement. Surtout que, fidèle au registre du livre, Andrew Dominik n’y va pas avec le dos de la cuiller et saute même à pieds joints dans les replis les plus obscurs de la star, ses déboires les plus crues et les recoins les plus sordides d’une industrie corrompue et carnassière, à la misogynie dévastatrice.
George Blagden effectue à Londres de prestigieuses études théâtrales avant d’obtenir des rôles marquants dans des films (Les Misérables) et, plus encore, dans des séries télévisées (Versailles, Vikings). À Dinard, nous avons pu nous entretenir avec l’acteur, qui est, cette année, l’un des membres du jury du Festival du film britannique.
Comment naît ta passion pour le théâtre ?
Quand j’ai eu neuf ou dix ans, un ami de ma mère m’a emmené voir The Lion, the witch and the wardrobe ; et une fois le spectacle terminé je me suis tourné vers cet ami pour lui dire que lorsque je serai grand, c’est ça que je veux faire. À l’école, j’essayais donc déjà de faire partie des spectacles mais pas pour jouer un arbre, dans le décor, je voulais d’ores et déjà tenir des rôles principaux. À dix-huit ans, j’ai donc déposé des candidatures pour les grandes écoles de théâtre londoniennes. Étant donné que ces écoles sont extrêmement sélectives, je me suis dit que si j’étais pris, cela voulait dire que j’étais capable d’en faire mon métier.
Giornate degli Autori s’affirme comme une compétition à part au sein de la 79ème Mostra du Cinéma de Venise, presque intime et familiale. L’évènement autonome dans le cadre de la Biennale de Venise a fêté sa 19ème édition, riche d’un jury de 27 jeunes cinéphiles européens, chacun ambassadeur de son pays – et où je représentais la France. La présidente du jury n’était autre, cette année, que Céline Sciamma, scénariste aux multiples facettes, depuis le film d’animation poétique jusqu’au drame romantique et politique du 18ème siècle, réalisatrice viscéralement moderne. Quelques minutes après la délibération finale du Jury, le 9 septembre 2022, nous sommes revenu avec Céline Sciamma sur son rôle de présidente, sur cette compétition, sur le festival de Venise, et immanquablement, sur son rapport au cinéma.
Comment est-ce que tu appréhendes ce rôle de présidente du jury ? L’idée de juger un film, qu’est-ce que ça t’inspire ?
Pour moi, c’est plutôt l’idée d’une sélection globale. Je suis moins intéressée par qui va gagner que par l’opportunité d’avoir comme une photographie d’un moment du cinéma contemporain, dans une section qui regarde aussi plus le cinéma de la marge. On voit des films qu’on aurait pas du tout l’occasion de voir autrement. L’idée même de cette dégustation à l’aveugle du film est une expérience que l’on trouve uniquement en festival et c’est très précieux. Je ne suis pas dans la question du goût, pour moi c’est vraiment politique, aussi, de choisir les films. Il arrive qu’on ait une passion absolue et à ce moment-là il faut se battre de tout son coeur ! (rires) Mais mon rôle, en tout cas ici, c’est plus d’entendre les jurés, de les aider à faire un choix, qui fait qu’ils seraient fiers de leurs discussions. Pour moi, lorsqu’on est président, on décide quasiment moins que lorsqu’on est membre d’un jury.
Revenir sur 11 jours intenses d’une 79ème édition de la plus vieille manifestation internationale de cinéma du monde ? Dévoiler les chefs d’œuvre de cette chasse au trésor à travers la Sérénissime ? Exposer les coffres de bijoux cinématographiques que nous avons déterrés ? Livrer les milliers d’émotions ayant pu nous traverser ? Challenge accepted !
George Sand souhaitait que Gabriel soit joué au théâtre et pendant vingt-cinq ans, elle remania son texte pour qu’il puisse en être ainsi. Dans la salle du Vieux-Colombier, il n’y a plus de doute, il faut donner raison à l’autrice : Gabriel est un texte puissant, qui résonne d’autant plus lorsqu’il est clamé sur scène.