La Diplomate

Disponible sur Netflix

© Netflix

Dans La Diplomate, Deborah Kerr met en scène la vie de Kate Wyler, ambassadrice américaine au Royaume-Uni. Les premières saisons se centraient principalement sur l’adaptabilité de Kate : son passage des États-Unis à Londres (le centre névralgique d’enjeux narratifs et de péripéties géopolitiques se déplaçant évidemment avec elle) et sa campagne discrète pour devenir vice-présidente. Mais la fin de la troisième saison (la mort du président des États-Unis) laissait présager de nouvelles intrigues hautement plus rocambolesques. 

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A House of Dynamite

Disponible sur Netflix

© Netflix

A House of Dynamite, nouveau film de Kathryn Bigelow sorti directement sur Netflix, reprend là où Zero Dark Thirty (2012) s’était arrêté ; aux portes d’un monde presque intégralement basculé de « l’autre côté », patiemment fondu et absorbé dans son envers numérique, univers d’informations et d’images. La fin en suspens du magnum opus de Kathryn Bigelow centré sur la traque de Ben Laden – « Où voulez-vous aller ? » adressait-on à Maya (Jessica Chastain), enquêtrice défaite d’avoir enfin trouvé et exécuté sa cible – ouvrait sur un vertige dans lequel s’engouffre ce film-ci. La cinéaste délaisse pour l’occasion la fiction inspirée de faits réels (son sillon de Démineurs à Detroit), imaginant ex nihilo une frappe nucléaire imminente sur le territoire américain et la réponse simultanée des différentes agences gouvernementales, de la situation room au président lui-même. Son objectif pourtant reste le même : se placer, à coups de missiles atomiques s’il le faut, à un point d’incandescence du monde d’aujourd’hui.

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The Neon People

Actuellement au cinéma

© Kidam

The Neon People s’ouvre par une longue séquence muette de déambulation dans la pénombre du réseau souterrain de Las Vegas. À la suite de figures anonymes, on arpente ces tunnels exigus éclaboussés d’une puissante lumière rouge profond – Dario Argento n’est pas loin –, au son de violons discrets mais inquiétants, avant d’en ressortir éblouis par le soleil blafard du Nevada. Cette entrée en matière convoque également le souvenir de l’arrivée à Los Angeles de John Nada dans They Live de John Carpenter, vagabond sans le sou qui élisait domicile dans un campement de sans-abris, caverne de Platon des laissés-pour-compte du rêve américain. Passage d’un monde à l’autre, plongée dans le terrier d’Alice : par ce petit précis de narration atmosphérique, Jean-Baptiste Thoret inscrit son long-métrage à la lisière entre le documentaire et la fiction.

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La voix de Hind Rajab

Actuellement au cinéma

© Jour2Fête

Kaouther Ben Hania continue à explorer la frontière entre cinéma de fiction et documentaire. Dans La voix de Hind Rajab, elle reconstitue les événements ayant eu lieu le 29 janvier 2024 : Hind Rajab, une fillette de six ans, est prisonnière dans la voiture de son oncle, tué avec les autres passagers par l’armée israélienne. Seule au milieu des cadavres, Hind demeure coincée et cachée. Des heures durant, elle reste au téléphone avec le Croissant-Rouge palestinien (une société de secours) qui tente de la rassurer et de coordonner la venue d’une ambulance.

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Ce n’est qu’un au revoir & Un pincement au cœur

Actuellement au cinéma

© Bathysphere productions

Après avoir filmé en sortie de Covid trois lycéennes d’Hénin-Beaumont, Guillaume Brac a voulu donner à son court-métrage Un pincement au coeur une suite spirituelle. Naît donc Ce n’est qu’un au revoir, projeté en diptyque avec le premier film. Du Nord-Pas-de-Calais à la Drôme, il s’agit de tirer un trait pour lier deux jeunesses aussi profondément semblables que différentes.

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Interview avec Roberto Minervini

© Arnaud Combe

Vous êtes principalement reconnu pour votre travail documentaire sur des communautés marginalisées des États-Unis. Qu’est-ce qui vous a incité à opérer ce saut temporel et à vous orienter vers une reconstitution de la guerre de Sécession ? 

Les Damnés a germé peu après l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021, un événement qui révélait l’image troublante d’une démocratie vacillante sous l’impulsion d’une frange masculiniste de la population. Mon intention était de remonter le cours de l’Histoire et d’établir une analogie entre la situation actuelle et cette guerre où les hommes luttaient physiquement pour l’avenir de l’Amérique. Si cette période est souvent perçue comme un moment d’unité, elle marque en réalité le point de départ de nos divisions. 

La cohésion n’est jamais réellement au cœur du film. Les Damnés repose sur l’idée que la guerre est avant tout une expérience de l’attente foncièrement individuelle. 

J’ai souhaité m’éloigner d’une vision de la guerre comme une entité massive et impersonnelle, une force qui dépasserait l’individu. Ce qui a motivé ma démarche, c’est la volonté de saisir une essence plus intime de ce phénomène et de mettre en lumière certains aspects personnels du parcours des combattants. Je voulais que le film rende compte de l’expérience de ceux qui se sont retrouvés dans un entre-deux, pris dans les limbes d’un conflit, en transition entre un système de valeurs conservateur et une société en mutation—des hommes qui, parfois, ignoraient même pourquoi ils se battaient. À cette époque, l’armée américaine comptait de nombreux soldats sans véritable compréhension de la cause qu’ils étaient censés défendre. 

Cet isolation transparaît également à travers le choix d’un cadrage serré et d’une focale spécifique, permettant de générer une profondeur de champ réduite et de recentrer l’attention sur les personnages. 

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Les Damnés

Actuellement au cinéma

© Les Films Losange

Il aura fallu attendre un film de guerre pour voir Roberto Minervini changer son fusil d’épaule. Pour la première fois, le cinéaste italien s’éloigne d’une facture proprement documentaire pour nous plonger dans une fiction, au cœur du grand Ouest américain durant la guerre de Sécession. 

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Je suis toujours là

Actuellement au cinéma

© StudioCanal

« Sodade, sodade… » Dans Je suis toujours là, le nouveau film du brésilien Walter Salles, la voix de la chanteuse Cesaria Evora déplore le tiraillement causé par l’absence et la séparation. La chanson résonne avec la douleur qu’éprouve Eunice Paiva (Fernanda Torres, bouleversante) suite à l’arrestation et à la disparition inexpliquée de son mari, Rubens Paiva. Le sentiment intraduisible de la « sodade », tout à la fois mélancolie, nostalgie et espoir de retrouver ce qui a été perdu, innerve le film jusqu’à son titre qui exprime une résistance face à la disparition.

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Sept promenades avec Mark Brown

Actuellement au cinéma

© JHR FILMS

“Les gens ne vont pas croire les images de ce film”. La remarque que lance le paléobotaniste Mark Brown a de quoi sonner hyperbolique et, pourtant, au fil de ses pérégrinations, le constat est sans appel : Sept promenades avec Mark Brown est effectivement d’une beauté incandescente. La splendeur d’un tel objet ne saurait être résumée par quelque “cinematography” ou autre notion creuse, cherchant à englober les nuances de l’image sous une seule tutelle. Au contraire, si le documentaire de Pierre Creton et Vincent Barré émerveille autant, c’est qu’il découle précisément de regards pluriels et irréguliers.

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Au cœur des volcans : Requiem pour Katia et Maurice Krafft

Actuellement au cinéma

© POTEMKINE FILMS

Lors de sa distribution initiale en 2022, Au cœur des volcans : Requiem pour Katia et Maurice Krafft fut discrètement éclipsé par la sortie d’un autre film s’emparant de la même matière première. Dans Fire of Love, la cinéaste américaine Sara Dosa plongeait elle aussi dans les archives du couple de volcanologues français pour en tirer le récit d’une vie passionnelle et passionnée, entièrement dédiée à la traque des éruptions, et qui s’acheva par leur tragique disparition au pied du mont Uzen au Japon en 1991. Généreusement produit, linéaire, chronologique, ce long-métrage diffère en tous points de celui d’Herzog.

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