Un « eephus » est un type de lancer très précis, caractérisé par sa lenteur anormale et la grande courbe qu’il trace, explique l’un des joueurs de baseball sur le banc de touche. Le choix de ce titre pour le premier film de Carson Lund n’est donc pas un hasard : Eephus, comme le lancer en question, surprend et in fine touche par son décalage.
Tournant à un rythme effréné, l’ancien marginal qui règne aujourd’hui en maître sur le cinéma français nous avait laissé·e·s épuisé·e·s par son Daaaaaali. Réduite à des gimmicks, sa mise en scène boursouflée y masquait difficilement le vide abyssal qui menaçait constamment d’engloutir le film. Moins de quatre mois plus tard, Quentin Dupieux nous revient avec une forme dépouillée, rapprochant d’emblée ce Deuxième Acte de Yannick, plus gros succès public à ce jour du réalisateur. En lieu de théâtre, le décor est cette fois-ci celui d’un restaurant abritant le tournage d’une comédie méta, écrite et réalisée par une intelligence artificielle, interprétée par Florence (Léa Seydoux), Guillaume (Vincent Lindon), Willy (Raphaël Quenard) et David (Louis Garrel).
Alors que pleuvent, ces temps-ci dans les salles obscures, les biopics en tous genres, le prolifiquissime Quentin Dupieux s’attaque au frappadingue Salvador Dali… Tournoi au cours duquel le roi de l’absurde au cinéma portraitise le marquis, insigne peintre espagnol et principal représentant du surréalisme. Deux artistes décalés et appréciés du public. Un long-métrage qui promet. Ce titre éponyme n’en est pas moins le signe d’un biopic, on s’y attend. Une comédie dupieusienne d’ailleurs un peu plan-plan.
Pas de tricycles avançant tout seuls, de mouches géantes qu’on apprivoise, de barracudas grillés parlants ou encore de trappes au sous-sol capables de remonter le temps, au cœur du dernier Dupieux. Bienvenue dans Yannick, où l’absurde se repaît du surréalisme de l’ordinaire. Et comme pour en attester, le réalisateur avait décidé d’offrir au cours de la première semaine d’exploitation du film, une entrée gratuite à tous les détenteurs de ce prénom.
Six mois après Incroyable mais vrai, nous revoilà déjà sur la planète Dupieux. Une escale obligée chaque année, à laquelle on consent, pour peu qu’on soit un fervent zinzinphile, sans bouder son plaisir. Alors devant une bande de couillons en lycra bleu et jaune qui corrige une invraisemblable tortue géante, un casting « de malade[s] » et un rat répugnant version scabreuse de Splinter des Tortues Ninja doublée par Chabat, dur de faire la fine bouche.
Quentin Dupieux est de retour avec un film cette fois-ci plus conforme à son trait habituel. Moins comédie populaire que Mandibules, pas aussi méta que Réalité, Incroyable Mais Vrai est une curiosité pas si inattendue.
Serions-nous au début du premier épisode de Twin Peaks ? Un corps inerte est étendu sur la plage. Est-ce le cadavre de Laura Palmer ? En aucun cas : c’est un type enroulé dans son sac de couchage, en train de dormir sur le sable. Il s’appelle Manu et son pote Jean-Gab vient le chercher pour une mission. Une vraie mission de mafieux : il faut remettre une valise remplie de billets à un homme mystérieux.
Au départ, le film s’annonce comme le récit d’un changement de vie presque anodin, l’histoire d’un type qui plaque tout et prend la route… mais le bouleversement de la vie de Georges prend une tournure bizarre dès lors qu’il tente de faire disparaître sa veste dans les toilettes d’une aire d’autoroute. Son changement de vie devient soudain changement de peau, il part à la rencontre d’un vendeur qui lui cède l’objet de son désir et le déclencheur de son obsession : une veste en daim.