Last Night in Soho

Au cinéma le 26 octobre 2021

Thomasin McKenzie (Ellie) © Universal

De l’autre côté de Soho : le nouveau film d’Edgar Wright nous transporte dans le Londres des années 60. De nos jours, Ellie (Thomasin McKenzie) s’installe dans une chambre précédemment occupée par Sandie (Anya Taylor-Joy). À travers les années, un étrange lien s’installe entre les deux femmes.

Après Baby Driver, Wright revient à un style qui lui est plus traditionnel. Le premier et l’arrière-plan se répondent : un jeu de références et de différences est lancé dès la séquence d’ouverture. L’héroïne contemporaine rêve d’un Londres des sixties, charmant, rythmé et libre. Dans ses rêves elle fait la connaissance de Sandie, poupée sublime et fougueuse, et de Jack (Matt Smith), impresario séduisant et intrépide. Ellie, timide et maladroite, s’est trouvée un alter-égo, quelques années plus tôt. Mais qu’en est-il vraiment ? Au fil de ses visites nocturnes dans les rues londoniennes d’une époque révolue, Ellie se retrouve confrontée à la dure réalité. Lorsque le passé ressurgit, le présent devient cauchemardesque. Sexisme, meurtre, prostitution. Le récit initiatique et hypnotique de la jeune femme s’embrase dans un tourbillon de désillusions.

Les films d’Edgar Wright peuvent être décrits comme des puzzles musicaux. Des chasses au trésor visuelles et sonores. L’œil du spectateur avisé s’habitue à repérer les indices. Et il comprend rapidement que le bijou luisant qu’est le Londres des années 60 ne tardera pas à se ternir. Les personnages fringants deviennent de sinistres silhouettes. Wright s’adonne à un exercice de style impressionnant. Les parallèles entre ses héroïnes – jeux de miroirs envoûtants – sont menés avec une virtuosité impeccable. Mais après une épatante séquence au Café de Paris, le maestro perd de son audace.

À défaut de confiance en lui – ou pris par un trop-plein de confiance en le spectateur – le réalisateur s’enlise dans des tentatives de retournements narratifs et d’évidences visuelles. Le film, qui brouillait savamment les pistes entre les différents genres, prend alors une tournure presque exclusivement horrifique, pour le moins indigeste, et parfois incohérente. La finesse qu’on connait à Wright devient introuvable.

Last Night in Soho vaut pour sa première heure stupéfiante. Mais après un début de la sorte, la suite ne pouvait qu’être décevante. 

Last Night in Soho / D’Edgar Wright / Avec Anya Taylor-Joy, Thomasin McKenzie, Matt Smith / Angleterre / 1h56 / Sortie le 26 octobre 2021.

Auteur : Chloé Caye

cayechlo@gmail.com

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