Basée sur le comic book du même titre, écrit par Fabien Nury et Thierry Robin, la comédie raconte l’histoire de La mort de Staline et les moyens employés par sa garde rapprochée afin d’obtenir le poste vacant de Secrétaire Général de l’URSS. Le film, typiquement « British », d’Armando Iannucci est délicieusement déjanté et différent.
Lorsqu’une épidémie de grippe canine frappe la ville de Megasaki le maire decide de mettre tous les chiens en quarantaine à l’écart sur une île. Atari, un jeune garçon, se lance alors dans un périple afin retrouver son fidèle chien Spots. Après Fantastic Mr. Fox, le deuxième long métrage d’animation du réalisateur américain est une vraie réussite. Le film qui a ouvert le festival de Berlin cette année, et permis à Wes Anderson de remporter le prix du meilleur réalisateur, est une fable touchante qui plaira à tous les ages.
Le pessimisme et la noirceur de ce nouveau film de Woody Allen rappellent à quel point le metteur en scène est un grand dramaturge : on pense sans cesse à Tennessee Williams devant les relations usées qui animent les personnages désillusionnés de Wonder Wheel. La trame est classique : Ginny (Kate Winslet) se morfond, actrice ratée désormais serveuse, en couple avec Humpty, mari violent (Jim Belushi). Elle s’éprend d’un maître-nageur aspirant à devenir écrivain (Justin Timberlake), mais leur relation est très vite troublée par l’arrivée de Carolina (Juno Temple), la fille d’Humpty, qui fuit un mari mafieux voulant sa peau. L’image remarquable de Vittorio Storaro se fait le miroir de l’âme des protagonistes : les couleurs éclatent de désenchantement, comme celles d’une carte postale surannée.
Vicky Krieps et Daniel-Day Lewis dans Phantom Thread @ Universal Pictures International France
Au cœur du Londres raffiné des années 1950, le couturier Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis, immense) habille les plus grandes familles mondaines et princières. L’exigence de son travail a bâti sa réputation et celle de sa maison. La perfection de son travail n’a d’égale que ses obsessions : il s’impose à lui-même un quotidien millimétré, partagé avec sa sœur (Lesley Manville). Bientôt, cette vie réglée et plutôt austère sera troublée par la venue d’une jeune femme, Alma (Vicky Krieps). Elle sera la muse du couturier, son modèle et sa femme. L’élément déclencheur d’une relation tortueuse et ambiguë qui fait peu à peu vaciller les émotions tacites du couturier.
Lady Bird, qui s’était déjà démarqué en remportant deux Golden Globes et qui a obtenu cinq nominations aux Oscars, dont meilleur film, suit le parcours de Christine « Lady Bird » McPherson, une adolescente qui ne rêve que de partir étudier sur la côte Est et ainsi quitter la Californie. La réalisatrice et scénariste Greta Gerwig construit avec justesse un récit sur le passage à l’age adulte d’une jeune fille un peu à l’écart et en conflit avec sa famille.
L’enquête sur le meurtre de Angela Hayes avance trop lentement selon sa mère Milred Hayes, qui décide d’interpeler la police régionale grâce à trois panneaux publicitaires à l’entrée de la ville. L’histoire est saisissante, les dialogues sont choquants et justes. Le film, qui rappelle les grandes oeuvres de Tarantino ou des frères Coen, fait passer le public du rire aux larmes en quelques secondes et le tient en haleine jusqu’à la fin.
Djam, jeune femme d’une vingtaine d’années, vit sur l’île de Lesbos en Grèce. Sans vraiment lui laisser le choix, son oncle l’envoie en Turquie pour acheter la pièce manquante qui fera redémarrer son bateau. La voilà partie sur les routes, seule avec son sac et son baglama – sorte de mini-guitare grecque – pour un road-trip entre la Grèce et la Turquie. La solaire Daphné Patakia, révélation du film, embarque le spectateur dès la première scène, dansant et chantant dans une lumière crépusculaire. D’abord filmée derrière un grillage, elle surgit au centre de l’écran avec une liberté et une insolence qui ne la quitteront pas.
Mark Gill réalise un biopic sur la vie de Steven Morrissey à Manchester avant qu’il ne forme le groupe culte The Smiths. Jack Lowden interprète une jeune Morrissey qui peine à faire entendre sa voix et trouver son style dans une industrie musicale qui ne parvient pas à se renouveler.
Dans les années 1990, Tonya Harding est la patineuse artistique qui fait la plus parler d’elle. Sa célébrité s’explique autant par ses exploits sur glace (elle est la première à réussir un « triple axel ») que par son lien avec l’agression de sa rivale Nancy Kerrigan, quelques mois avant les Jeux Olympiques de Lillehammer. Le nom de Tonya, que le film entend réhabiliter avec vérité, est à jamais associé à ce triste et inouï fait divers sportif qui l’obligeât à mettre un terme à sa carrière.
Le film est inspiré de l’histoire vraie de P.T. Barnum, le premier à avoir l’idée de créer un spectacle en mettant sur scène des personnes différentes, soit le « freak show », qui deviendra par la suite le principe du cirque. Réalisé par Michael Gracey la comédie musicale retrace donc la vie de Barnum interprété par Hugh Jackman. Le film base beaucoup sur ses visuels épiques, mais les surcharge parfois un peu trop, donnant une impression de faux et de distance entre le public et ce qui lui est montré.