Moi, Tonya

En salles le 21 février

I,_Tonya
L’affiche américaine de Moi, Tonya

Dans les années 1990, Tonya Harding est la patineuse artistique qui fait la plus parler d’elle. Sa célébrité s’explique autant par ses exploits sur glace (elle est la première à réussir un « triple axel ») que par son lien avec l’agression de sa rivale Nancy Kerrigan, quelques mois avant les Jeux Olympiques de Lillehammer. Le nom de Tonya, que le film entend réhabiliter avec vérité, est à jamais associé à ce triste et inouï fait divers sportif qui l’obligeât à mettre un terme à sa carrière.

La première heure est la plus réussie, centrée sur l’ascension professionnelle de Tonya, battante passionnée dans un univers familial instable. Les deux premières scènes de patinage, haletantes, sont filmées toutes en courbes et douceur, rythme et volupté. Margot Robbie y rayonne, parfaite (son meilleur rôle depuis Le Loup de Wall Street). Ces beaux moments s’équilibrent avec la violence que la jeune femme subit quotidiennement de la part de sa mère et son compagnon. Cette violence outrancière est tellement régulière que l’on s’y habitue, étrangement, très vite. Il faut dire qu’elle est le plus souvent tournée en dérision : la mère de Tonya est capable de payer quelqu’un pour insulter sa fille avant d’entrer en piste, histoire de tester sa concentration.

Cependant, il y a un souci majeur. Craig Gillespie, obnubilé par le second degré, s’est fait avoir à son propre jeu. Que chacun des personnages narre 40 ans plus tard sa version des faits, façon interrogatoire didactique, ne pose pas de problème. Mais les face caméras se poursuivent dans le récit lui-même, altérant la tension et le déroulé de l’histoire, pourtant passionnante. Le film finit même pas perdre de vue son héroïne, dont on n’entend plus parler pendant une quinzaine de minutes. C’est dommage, car le cinéma n’a jamais vraiment réussi ses incursions dans le monde du patinage artistique. Moi, Tonya aurait pu être un grand film de sport doublé d’un superbe portrait de femme, mais il pâtit de ses propres ambitions narratives.

Moi, Tonya / De Craig Gillespie / Avec Margot Robbie, Sebastian Stan, Allison Janney / 2018

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