The House that Jack Built

Au cinéma le 17 octobre 2018

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Matt Dillon est Jack, tueur psychopathe imaginé par Lars von Trier ©Zentropa

Parce que leurs contenus sont si singuliers et leurs héros tellement torturés, les films de Lars von Trier incitent souvent le spectateur à y chercher la figure de leur auteur. Pour tenter de comprendre comment parvenir à créer de telles visions… Faut-il voir dans The House that Jack Built un portrait de Lars von Trier en serial killer ? On le retrouve, en creux, moins dans la part de tueur psychopathe de Jack, encore heureux, que dans celle de ses névroses. L’un des problèmes du tueur incarné par Matt Dillon, qui agit en esthète du crime en le considérant comme un art, réside en ce qu’il ne parvient pas, matériellement, à bâtir sa maison. Comme la marque de son incapacité à se faire une place dans le monde, à mener à bien ses désirs d’architecture – jusqu’à ce que soit apportée une résolution à la fois morbide et impressionnante. À travers sa réflexion sur le mal, le film met en scène des problématiques intimes à la création.

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Leçon inaugurale d’Amos Gitaï au Collège de France

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Le cinéaste Amos Gitaï au Collège de France © Christophe Archambault / AFP

  « Je n’ai pas été aussi ému depuis ma bar mitzvah », déclare Amos Gitaï en exergue de sa leçon inaugurale. Il y a de quoi être ému, tant l’événement est unique. Il s’agit de la toute première fois qu’un cinéaste est nommé à la chaire annuelle de création artistique du Collège de France, c’est-à-dire invité à donner une série de conférences et de colloques durant l’année. Cette leçon, intitulée « La caméra est une sorte de fétiche – Filmer au Moyen-Orient », a annoncé les grandes lignes de ses prochaines conférences, rassemblées autour du thème « Traverser les frontières », qui se tiendront tous les mardis à 11h jusqu’au mois de décembre.

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Rue des cascades

Au cinéma le 19 septembre 2018

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©1963 SND (Groupe M6)

En 1963, Maurice Delbez tourne Rue des cascades – d’abord nommé Un gosse de la butte – adapté du roman de Robert Sabatier Alain et le nègre. L’action du film, contrairement au Ménilmontant des années 1930 du livre, est transposée dans le Belleville des années 1960 : l’histoire d’amour vécue par Hélène, gérante d’un café qui élève seule son petit garçon, et Vincent, un jeune homme noir plus jeune de 20 ans, gagnait en force en se situant dans la France post-coloniale. C’est justement cette audace qui est à l’origine de l’échec du film, au moment de sa sortie. Lâché par son distributeur, diffusé à peine une semaine, il fut très mal accueilli et ruina son réalisateur. Aujourd’hui, il n’est pas trop tard pour réparer cette injustice. Continuer à lire … « Rue des cascades »

Rencontre avec : Henri Garcin

Henri Garcin, Fanny Ardant
Henri Garcin et Fanny Ardant dans La Femme d’à côté de François Truffaut (1981) ©Arte

  « À mon âge, on rit de beaucoup de choses », s’exclame Henri Garcin d’un air enjoué. Il est là, chez lui, dans son appartement du 6e arrondissement de Paris. Un prélude de Chopin s’échappe de son ordinateur. La pièce principale donne envie de s’y éterniser, pour observer tous les détails : un intérieur rempli de livres, des murs tapissés d’affiches et de photos d’acteurs et d’actrices, amis, aimés ou admirés. Ici, chaque objet semble avoir quelque chose à dire. Tous parlent d’Henri Garcin, ce garçon né de parents hollandais, le dernier d’une fratrie de cinq enfants qui a décidé à 20 ans de quitter le foyer familial pour vivre de cinéma et de théâtre à Paris. En février dernier, deux mois avant son quatre-vingt dixième anniversaire, l’acteur s’est raconté dans une autobiographie, intitulée avec malice Longtemps, je me suis couché tard : l’occasion de le rencontrer et de replonger avec lui dans ses souvenirs, ceux d’un certain âge d’or du cinéma et du théâtre français. Il revient sur sa carrière, oscillant entre la nostalgie d’une époque révolue et le bilan heureux de quatre-vingts dix ans de vie, en posant un regard volontiers lucide et souvent amusé.

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The Pluto Moment

Prochainement au cinéma

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L’équipe de The Pluto Moment à Cannes ©Victorien Daoût

Ming Zhang s’est inspiré d’une expérience vécue lors d’une randonnée, il y a 10 ans, pour imaginer The Pluto Moment, qui met en scène l’errance d’un réalisateur et de son équipe lors de repérages dans les montagnes chinoises. Soumise au hasard et aux aléas naturels, l’ambulation des personnages se prolonge progressivement en une quête mystique, motivée par le désir d’entendre et de capter le « récit des ténèbres », un chant traditionnel entonné après la mort d’un individu. Si cet enjeu dramatique n’atteint pas le stade de l’envoûtement, il y a, dans ce film qui montre le cinéma comme une recherche infinie, un questionnement pertinent sur le regard de l’artiste – cela passe par le pathétisme du héros réalisateur, qui devrait arriver à voir ce que les autres ne voient pas, ou encore cet étonnant changement de point de vue final avec la jeune paysanne.

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Sicario

Au cinéma le 7 octobre 2015

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Josh Brolin (Matt Graver) et Jeffrey Donovan (Steve Forsing) © Lionsgate

Si à première vue Sicario semble être un film américain sur les cartels parmi tant d’autres, dès les premières secondes, le spectateur sent que quelque chose de plus sombre l’attend. « In Mexico, Sicario means hitman. » s’affiche sur l’écran en lettres blanches, puis tout s’enchaîne.

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Woman at war

Au cinéma le 4 juillet 2018

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©Pandora Film

Halla, la cinquantaine, est une guerrière singulière. Professeur de chant dans la vie, elle mène en parallèle un combat qui fait d’elle une dissidente poursuivie dans toute l’Islande par des drones et des hélicoptères : armée d’un arc, l’activiste s’attaque aux lignes électriques qui alimentent les usines d’aluminium, responsables de la pollution des sols du pays.

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Come as you are, the miseducation of Cameron Post

Au cinéma le 18 juillet 2018

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©Condor Distribution

C’est un fait méconnu et stupéfiant : dans plus de 40 états américains, 70 000 adolescents sont envoyés tous les ans dans des établissements pour suivre des « thérapies de conversion ». Il s’agit de détourner les jeunes homosexuels de ce péché suprême qui consiste à aimer une personne du même sexe que le sien… En somme, tout le contraire de ce à quoi invite le titre du beau film de Desiree Akhavan, Come as you are (« viens comme tu es »). Au début des années 1990, après avoir été surprise en train d’embrasser la fille dont elle est secrètement amoureuse, Cameron Post (Chloë Grace Moretz) est envoyée dans un de ces camps, au beau milieu de la Pennsylvanie, afin de la voir « guérir ». Alors qu’elle arrive à un moment charnière de son existence, lorsque gagner en maturité passe par l’affirmation de son identité sexuelle, l’héroïne entre rapidement en conflit avec la thérapie qu’on cherche à lui imposer, décidée à vivre et à aimer librement.

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Manifesto

Au cinéma le 23 mai 2018 / Rétrospective Cate Blanchett

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Cate Blanchett, exceptionnelle, endosse treize rôles dans ce surprenant film concept ©Haut et court distribution

À l’origine, ce film n’est pas destiné au cinéma : il s’agit d’une installation exposée dans les musées d’art contemporain, qui diffusait simultanément sur treize écrans les scènes des différents personnages incarnés par Cate Blanchett. Si le montage conçu par l’artiste allemand Julian Rosefeldt pour les salles obscures fait perdre à l’œuvre la force qu’elle puisait dans la liberté de déplacement laissée au spectateur, il fait néanmoins place à un étonnant et passionnant film-concept.

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Sans un bruit

Au cinéma le 20 juin 2018

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John Krasinski ( Lee Abbott) et Noah Jupe (Marcus Abbott) © Paramount

Sans un bruit c’est l’histoire d’un monde post-apocalyptique dans lequel les survivants doivent rester silencieux afin de ne pas être repérés par les différents monstres qui rôdent. On suit alors la vie de parents qui tentent de protéger leur enfants, que l’arrivée d’un nouveau né met en danger. Le film de John Krasinski, qui a fait l’objet de critiques très positives depuis sa sortie à l’international, est très attendu en France.

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