Quentin Dupieux est de retour avec un film cette fois-ci plus conforme à son trait habituel. Moins comédie populaire que Mandibules, pas aussi méta que Réalité, Incroyable Mais Vrai est une curiosité pas si inattendue.
Classique du cinéma français, chef d’œuvre ultime de l’esprit Nouvelle Vague, La Maman et la putain de Jean Eustache, perle devenue si rare, presque impossible à dénicher, est ressorti la semaine dernière au cinéma dans une version restaurée 4K. Pour le bonheur des cinéphiles et le salut de ceux, chanceux, qui ne l’auraient pas encore vu.
Il est éminemment cocasse que Compétition officielle ait concouru l’année dernière pour le Lion d’or au festival de Venise. Familiers des récompenses et des festivals internationaux, les cinéastes Mariano Cohn et Gastón Duprat ont dû se féliciter, en se tenant les côtes, d’une sélection qui hisse leur film vers un troisième degré jouissif et inopiné, alors que la seule place qu’il accorde aux Lions d’or et aux Goyas, aux Palmes et aux médailles, est dans un broyeur. C’est à travers cette séquence forte, la plus mémorable, que le nerf de la satire féroce du duo argentin se découvre.
On aurait pu croire à un film sensible sur les rapports conflictuels entre un frère et une sœur, comme l’indiquait le synopsis. Au lieu de cela, Frère et sœur devient rapidement un drame petit bourgeois dans lequel deux jeunes artistes se haïssent à la mort pour on ne sait quelle raison.
À l’occasion de la sortie en salles de Birds of America, nous avons rencontré le réalisateur Jacques Lœuille, ainsi que la productrice, Ariane Métais. Le réalisateur de films d’arts, de documentaires et d’essaisretrouve ici les traces des oiseaux du peintre français émigré au États-Unis, Jean-Jacques Audubon, pour révéler une histoire moderne.
Quel a été le point de départ de ce film ?
Jacques Lœuille : J’ai été étudiant à Nantes, aux Beaux Arts. Lors de mes études, on s’intéressait en général à l’art contemporain, mais j’ai toujours gardé un goût pour l’art ancien. J’ai continué à voir beaucoup d’expositions, et j’ai découvert lors d’une exposition au Musée d’Histoire Naturelle en 2004-2005, l’Œuvre d’Audubon. C’était une exposition assez importante, ils avaient fait venir des œuvres d’Amérique. Je l’ai trouvé poignante pour notre époque puisqu’elle documentait des oiseaux qui aujourd’hui, en partie, ce sont éteints. Cette œuvre, qui représente une sorte d’archive du ciel avant notre époque, avant notre ère, me parle toujours aujourd’hui, différemment, mais en est peut-être d’autant plus émouvante. Cette idée était en sommeil et un jour, j’en ai parlé à Ariane, je lui ai dit qu’il serait intéressant de produire quelque chose avec ça, peut-être pas un film mais une sorte d’installation pour une exposition et Ariane a voulu en faire un film. Elle a pensé qu’il y avait de la matière pour que cela se déploie dans un grand récit. On a alors commencé à écrire un long-métrage.
Ariane Métais : Quand on partait du Mississippi, on a pensé à l’idée d’un « rivermovie », comme un roadmovie mais suivant l’autoroute des oiseaux qu’est le fleuve du Mississippi. On avait effectivement assez de matière pour en faire un long-métrage pour le cinéma.
Avez-vous choisi de suivre les traces d’Audubon, d’empreinter la même route, de la même manière, pour traverser le Mississippi ?
JL : Le dispositif du film est de s’appuyer sur les oiseaux peints par Jean-Jacques Audubon qui s’est donné la mission un peu folle au début du 19ème siècle, dans les premières années, de peindre tous les oiseaux d’Amérique. Il faut imaginer que c’est une époque où il n’y a pas de route. Au-delà du Mississippi, c’est ce que l’on appelle la « wilderness », une sorte d’océan vert de 4000kms de forêt jusqu’au Pacifique. Le mode de vie est celui des chasseurs-cueilleurs et donc marcher dans les pas d’Audubon, cela veut dire, forcement, marcher dans un monde qui est tout autre. Aujourd’hui, là où les indiens chassaient, il y a des stations-services et des fast-foods. Le monde est différent et donc le dispositif du film est, en suivant les pas d’Audubon, de mesurer l’écart qui nous sépare de lui.
Combien de temps le film a-t-il mis à voir le jour ?
AM : cinq ans à peu près. cinq ans avec les premiers tournages en 2016. Après tous les ans on a tourné aux Etats-Unis jusqu’en 2019. On a monté en 2019-2020 et le film a été terminé vers l’été 2020.
JL : La période de production/fabrication du film a été l’ère Trump. C’est vrai que cela marque un peu l’univers du film puisque c’est un film avec une dimension environnementale, les années Trump ont été des années assez sombres.
AM : Trump est sorti de l’accord de Paris et a fermé beaucoup de réserves ornithologiques.
JL : Et à l’époque les Etats-Unis étaient le premier pollueur mondial, maintenant c’est peut-être devenu la Chine, mais donc ça avait un impact mondial, ça touchait tout le monde.
Comment avez-vous envisagé et préparé le tournage de Birds of America ?
Huit ans après Maps to the stars, David Cronenberg est de retour avec Les crimes du futur. Du même titre que son second long-métrage, le film permet au réalisateur de tisser des liens avec la totalité d’une filmographie, pour le moins dense.
Avec la saga Mission Impossible, Tom Cruise – aussi bien en tant qu’acteur que producteur – nous a habitué à des films toujours plus ambitieux. Chaque nouvel opus surenchérit : en images, en actions, en cascades. Il n’en est rien pour Top Gun : Maverick.
Premier long métrage de Jacques Lœuille, Birds of America revient sur le travail entrepris par l’ornithologue Jean-Jacques Audubon au XIXe siècle pour créer un atlas zoologique illustré représentant la totalité des oiseaux du continent américain.
Remake d’un film étudiant japonais, la nouvelle comédie de Michel Hazanavicius nous entraîne sur le tournage chaotique d’un film de zombies et nanar du genre.
Alors que son sujet présupposait un traitement réaliste, d’autant que le cinéma britannique en a fait son quasi sacerdoce, Limbo opte audacieusement pour l’absurde et le décalage. En attendant la lettre, celle qui leur donnera le droit d’asile en Angleterre, des réfugiés bloqués sur une île inhospitalière d’Écosse sont contraints à… attendre. De ce groupe ressort Omar, jeune musicien syrien couvert d’une parka bleue que le spectateur suit dans ses tribulations stériles. Amir El-Masry interprète brillamment ce personnage à la mine taciturne, presque invariablement blasé, dont la mélancolie teintée de drôlerie rappelle l’ antihéros keatonien. À travers son regard, l’acteur parvient à refléter la présence d’un passé intime et douloureux qui sépare fatalement le jeune homme de sa nouvelle réalité.