Je suis toujours là

Actuellement au cinéma

© StudioCanal

« Sodade, sodade… » Dans Je suis toujours là, le nouveau film du brésilien Walter Salles, la voix de la chanteuse Cesaria Evora déplore le tiraillement causé par l’absence et la séparation. La chanson résonne avec la douleur qu’éprouve Eunice Paiva (Fernanda Torres, bouleversante) suite à l’arrestation et à la disparition inexpliquée de son mari, Rubens Paiva. Le sentiment intraduisible de la « sodade », tout à la fois mélancolie, nostalgie et espoir de retrouver ce qui a été perdu, innerve le film jusqu’à son titre qui exprime une résistance face à la disparition.

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Limonov, la ballade

Actuellement au cinéma

©  Pathé Films

Qui de mieux que Kirill Serebrennikov pour mettre en scène un homme au bord de la folie ? Plutôt que de s’enliser sur les sentiers rebattus du biopic traditionnel pour évoquer la vie d’Edouard Limonov, Serebrennikov emprunte un chemin de traverse par lequel il construit un portrait parcellaire et protéiforme. Guidé par une énergie punk, le cinéaste signe une ballade libre, fidèle à son acception poétique et qui puise dans cet art son esthétique surréaliste marquée par une utilisation inspirée et fascinante du collage d’images et de sons, du rythme et de la collision de différents régimes d’images.

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Arras Film Festival

© Memento Films

Cette année, le Arras Film Festival propose une compétition de films européens éclectiques formellement bien que reliés par certains aspects thématiques. À l’Est de l’Europe où la menace russe grandit, les œuvres raconte la résistance. Les cinéastes filment le passé en espérant éclairer le futur.

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Tardes de soledad

Actuellement au cinéma

© Dulac Distribution

Tardes de soledad s’ouvre avec une séquence de nuit : des taureaux, dans un champ, fixent la caméra. Leurs pupilles brillent, leurs cornes blanches se détachent du fond noir et leur souffle solide rassure autant qu’il inquiète. Albert Serra redonne au taureau une dimension mythologique : l’animal et la nuit ne font qu’un. Et la corrida est un rituel de sacrifice. Or le principe du sacrifice n’est autre que de verser le sang pur pour laver les péchés de ceux qui tuent. 

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Culte

Amazon Prime

© Amazon Prime

Dans Culte, Nicolas Slomka et Matthieu Rumani racontent l’avénement de Loft Story, la première émission de télé-réalité française. La série d’Amazon Prime porte bien son nom : l’objet désigné est d’abord violemment rejeté par la presse et une partie des spectateurs avant d’obtenir une notoriété telle qu’on lui confère à postériori le statut de « culte ». C’est peut-être là l’élément le plus intéressant de la série : à savoir, capter ce moment de fracture entre la vocation d’information de la télévision et sa nécessité de divertir. Une fracture qui s’exprime, et est représentée parfaitement dans Culte, également de façon générationnelle, au début des années 2000. 

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Lee Miller

Actuellement au cinéma

© SKY UK

« Pour comprendre Lee Miller, il faut prendre en compte toute son expérience de vie. On la réduit souvent à son statut de mannequin, de muse, de photographe de mode ou de cuisinière. Si vous prenez n’importe laquelle de ces étiquettes isolément, vous ne pourrez pas comprendre la vraie Lee Miller. Il faut regarder l’ensemble pour vraiment appréhender qui elle était, comment elle en est arrivée à faire les photos qu’elle a faites, et pourquoi. » Dans une Grande Traversée que France Culture consacrait à Lee Miller, la conservatrice de musée Hilary Roberts pointait du doigt un écueil récurrent lorsqu’on évoque la vie de l’artiste. Par excès de zèle, Kate Winslet et Ellen Kuras répètent l’erreur dans leur biopic Lee Miller en se focalisant sur l’étiquette ‘photographe de guerre’ pour les besoins d’un film épique aux accents mélodramatiques. Le résultat rend un maladroit hommage à cette artiste extraordinaire.

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Emmanuelle

Actuellement au cinéma

© Pathé Films

En 1974, Just Jaeckin adapte Emmanuelle, le roman d’Emmanuelle Arsan. Il fait de son héroïne une jeune cruche craquante, qui n’a d’autres désirs que de satisfaire ceux des hommes. Sous couvert de réflexions philosophiques (entre deux scènes de viol, Alain Cuny disserte sur la différence entre sexe et érotisme), le film propose un univers fantasque où tout n’est que fantasme. En 1974, on jouit de tout, avec tout et sur tout. 

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Girls will be girls

Actuellement au cinéma

© Nour Films

Mira est une élève modèle d’un pensionnat d’élite, situé au nord de l’Inde. Alors qu’elle vient de décrocher un statut honorifique, récompensant ses capacités intellectuelles et son tempérament moteur auprès de ses camarades, elle fait la rencontre de Sri, son opposé en tout point de vue. Dans un univers régit par des codes traditionalistes strictes, reflété par la mise en scène (des coupes brutes, des plans géométriques), Mira découvre la naissance du désir. 

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Septembre sans attendre

Actuellement au cinéma

© Arizona Distribution

« L’amour reprise est en vérité le seul heureux ». Jonás Trueba lie philosophie et pratique dans Septembre sans attendre, Kierkegaard et cinéma. Il y a ce qu’on dit mais qu’on ne devrait pas faire : le père d’Ale a souvent raconté à sa fille et à Alex, son compagnon, qu’il est plus amusant de fêter les séparations que les unions. Après quinze ans de vie commune, Ale et Alex le prennent au pied de la lettre.

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Oh, Canada

Actuellement au cinéma

© ARP Séléction

Dans Oh, Canada, Paul Schrader offre à ses personnages torturés un regain d’humanité. Dans les derniers moments de sa vie, le grand documentariste Leonard Fife accepte de se confier devant la caméra de deux de ses anciens élèves. Il profite de cette mise en scène pour révéler à sa femme les secrets de sa jeunesse.

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