La rumeur

San Sebastián International Film Festival 2025

© 1961 Metro-Goldwyn-Mayer Studios Inc. 

Lorsque Lillian Hellman, à qui le festival de San Sebastián dédie une rétrospective, écrit La rumeur, représenter ou faire allusion à l’homosexualité sur scène est illégal dans l’État de New York. Le réception critique et publique de sa pièce lui permet de braver cette interdiction et de monter l’œuvre à Broadway. En 1936, William Wyler en tourne une version. Mais sous le Code Hays, l’objet de la rumeur (l’homosexualité des deux professeures) est transformée en tromperie hétérosexuelle. C’est seulement en 1961 que Wyler pourra réaliser une nouvelle adaptation et un remake de son propre film, reprenant cette fois les thèmes originels de l’œuvre d’Hellman. 

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Nuremberg

Actuellement au cinéma

© Scott Garfield

Dans Nuremberg, James Vanderbilt retrace les événements qui mènent au procès historique. Ce qui intéresse principalement le cinéaste ce sont les échanges (fictifs) entre les prisonniers nazis et un psychiatre envoyé par l’armée américaine pour étudier leur comportement et éviter toute tentative de suicide. Un programme alléchant que Nuremberg réduit rapidement et efficacement à néant. 

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Une bataille après l’autre

Actuellement au cinéma

© Warner Bros

Au moins depuis Punch Drunk-Love (2002), le cinéma de Paul Thomas Anderson n’a eu de cesse de prendre à revers la promesse de ses films, l’horizon d’attente des spectateurs et les motifs des genres dont il s’emparait. Dans le film précité, comme plus tard dans Licorice Pizza (2021), la comédie romantique déraillait, chacune à sa façon ; le bain de sang annoncé par There Will Be Blood (2007) tardait à jaillir, en dépit d’un récit agonistique, sous le signe du crime (capitaliste), tandis que la trame policière de l’erratique Inherent vice (2014) s’évaporait et que la grande fresque sur la scientologie présupposée par The Master (2012) cédait la place au spectacle épuré et trouble des rapports de force entre deux hommes. Aussi trouble que ne l’était l’amour aromantique de Reynolds et Alma dans Phantom Thread (2017). Sans surprise donc, mais non sans étonnement ravi, le génie du cinéma américain contemporain récidive avec Une Bataille après l’autre, film d’action et comédie tout en dilutions, qui traite de – et procède par – révolution.

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La voix de Hind Rajab

Actuellement au cinéma

© Jour2Fête

Kaouther Ben Hania continue à explorer la frontière entre cinéma de fiction et documentaire. Dans La voix de Hind Rajab, elle reconstitue les événements ayant eu lieu le 29 janvier 2024 : Hind Rajab, une fillette de six ans, est prisonnière dans la voiture de son oncle, tué avec les autres passagers par l’armée israélienne. Seule au milieu des cadavres, Hind demeure coincée et cachée. Des heures durant, elle reste au téléphone avec le Croissant-Rouge palestinien (une société de secours) qui tente de la rassurer et de coordonner la venue d’une ambulance.

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Le cri des gardes

San Sebastian International Film Festival 2025

© Les films du Losange

Dans Le cri des gardes, Claire Denis adapte le Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès. Les quelques idées formelles que la cinéaste propose relèvent d’avantage de la scénographie que de la mise en scène. Si le théâtre de Koltès est éprouvant, Le cri des gardes l’est aussi, mais dans un autre registre. 

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Oui

Actuellement au cinéma

© Les Films du Losange

Autant rejeté par l’extrême droite – interdit dans plusieurs festivals israéliens, le film n’a toujours pas de distributeur là-bas – que par une certaine partie de l’extrême gauche, taxant notamment sa production partiellement israélienne, Oui affiche le curieux paradoxe d’un film nommé autour de l’expression d’une adhésion étant sujet à opposition. Tous ces rejets, aussi intéressants puissent être certains (peut-on séparer une œuvre de sa production ?), partagent néanmoins un élément commun : aucun des détracteurs principaux du nouveau film de Nadav Lapid ne semble l’avoir vu. Que toutes ces voix soient entendues est une chose, mais celle du film, en tant que forme artistique et donc politique, semble avoir été muselée. Oui a pourtant des choses à dire.

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Downton Abbey : Le grand final

Actuellement au cinéma

© 2025 Focus Features LLC.

Finir. Voilà la pierre d’achoppement sur laquelle trébuche un grand nombre de séries. Par définition, la série est conçue pour s’inscrire dans la durée, et sa longévité est souvent subordonnée à son succès : plus l’audience est grande, plus la durée de vie de la série augmente. En 2015, dans sa sixième et dernière saison, Downton Abbey mettait un premier point final aux histoires de la famille Crawley et de ses domestiques. Mais depuis, la série britannique, qui a progressivement gagné ses lettres de noblesse outre-Atlantique, n’en finit pas de finir. Victime de son succès, elle a commencé à ressusciter au cinéma, dans un premier film pâlot (Downton Abbey, 2019) puis dans un deuxième opus plus convaincant (Downton Abbey 2 : Une nouvelle ère, 2022), où la merveilleuse Maggie Smith nous faisait ses adieux. Il y avait de quoi être sceptique à l’annonce d’un énième volet au titre quelque peu présomptueux, Downton Abbey : Le grand final. Fan service ou réel au revoir ? Il semble que Julian Fellowes, le créateur et producteur de la série, soit devenu raisonnable, en laissant enfin tranquille sa poule aux œufs d’or. La série Downton Abbey tire donc joliment sa révérence, sans avoir été trop élimée.

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Left-Handed Girl

Actuellement au cinéma

© Le Pacte

« Cet endroit est magique. » Ce sont les premiers mots prononcés par I-Jing, cinq ans, qui contemple le paysage au travers de son kaléidoscope, assise à l’avant de la voiture qui les conduit elle, sa grande sœur, I-Ann, et leur mère, Shu-Fen, à Taipei après des années d’absence. Dans cette affirmation résonnent également les intentions de Shih-Ching Tsou, la réalisatrice de Left-Handed Girl : faire droit à l’émerveillement propre au regard de l’enfant qu’elle fut autrefois à Taïwan, avant son exil aux États-Unis. En un sens, ce premier long-métrage signé de son seul nom constitue l’envers de Take Out (2004), co-réalisé avec Sean Baker, qui dépeignait la lutte d’immigrants chinois piégés dans l’enfer du rêve américain, que venait redoubler une image brute et délavée. Ici, la cinéaste filme le retour à domicile d’une famille d’expatriées s’apprêtant à redémarrer en bas de l’échelle, en la scrutant par la lorgnette enchanteresse du souvenir.

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Renoir

Actuellement au cinéma

© Loaded Films

Dans l’hôpital où séjourne son père que ronge un cancer en phase terminale, la petite Fuki, onze ans, tombe nez à nez avec une reproduction de La Petite Irène de Renoir qui l’émerveille, et qu’elle s’empresse d’accrocher dans la chambre du mourant. S’éclaircit alors le mystère du titre, plutôt abscons jusqu’ici : portrait d’une jeune fille solitaire, Renoir ambitionne surtout d’emprunter la forme impressionniste pour saisir les éclats instables et contrastés d’une enfance.

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Nos coups de cœur à Off-Courts

Off-Courts Trouville touche aujourd’hui à sa fin, après cinq jours de projections, atelier kino et autres activités festives. Le festival fait encore une fois la part belle au cinéma d’animation ; en témoignent nos trois coups de cœur au sein des programmes de la compétition française.

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