Tremblements

Au cinéma le 1er mai 2019

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Juan Pablo Olyslager dans Tremblements ©TuVasVoir – François Silvestre de Sacy

  Après son premier film Ixcanul sorti en 2015, qui racontait l’histoire d’une jeune fille maya oppressée par les traditions de sa communauté, le cinéaste guatémaltèque Jayro Bustamante poursuit l’auscultation des injustices de son pays natal. Dans Tremblements, c’est un homme qui se retrouve cadenassé par la mentalité d’une société discriminante. Au mysticisme vaporeux qui embrumait les paysages volcaniques d’Ixcanul succède l’obscurité des intérieurs bourgeois de Guatemala City, où la vie de Pablo, marié et père de deux enfants, bascule. Tandis que dehors s’abat une pluie battante, augure d’un tremblement de terre, la famille de Pablo s’est réunie. Sa femme, sa mère, son frère, sa belle-famille, tous l’attendent, dévastés comme s’ils venaient d’apprendre un décès. Pour eux, c’est tout comme : Pablo entretient une relation avec un homme.

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Quand Fellini rêvait de Picasso

La Cinémathèque française

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  « Maintenant, à chaque fois que je vois un tableau de Picasso, je me sens immédiatement une espèce de complicité, je suis complètement emporté, bouleversé, par la richesse, la force, le bonheur, l’esprit, la vie qui en émanent. Picasso est un peintre totalement, absolument libre », disait Fellini en 1995. Le réalisateur de La Strada ne pouvait se prêter à l’exercice de l’admiration qu’envers un créateur à l’univers aussi unique que le sien, à l’œuvre aussi pléthorique que la sienne. C’est sur cet angle insolite que la Cinémathèque a choisi de bâtir sa nouvelle exposition semestrielle, proposant un dialogue original entre Pablo Picasso (1881-1973) et Federico Fellini (1920-1993).

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Avengers : Endgame

Au cinéma le 24 avril 2019

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Robert Downey Jr. (Tony Stark) © Marvel Studios

Endgame correspond au quatrième et denier film Avengers de la saga.  Après les événements ayant pris place dans Infinity War, deux choix étaient possibles : se concentrer sur les personnages restants qui doivent accepter la disparition de la moitié des leurs, ou (option certes plus prévisible) tenter de les ramener à l’aide des membres du groupe absents lors d’Infinity War (Hawkeye, Ant-man) et la nouvelle arrivante Captain Marvel.

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Avengers : Infinity War

Au cinéma le 25 avril 2018

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Benedict Cumberbatch (Stephen Strange), Robert Downey Jr. (Tony Stark), Mark Ruffalo (Bruce Banner), Benedict Wong (Wong) © Marvel Studios

Après le ton humoristique brilliant et assumé que Taika Waititi avait donné à Thor : Ragnarok, les frères Russo continuent quant à eux leur lancée dramatique avec Infinity War. La saga Marvel (The Infinity Saga), touche à sa fin après trois phases composées d’au moins six films chacune. Infinity War marque la première partie du dernier volet des Avengers qui se finira avec la sortie de Endgame en 2019. Les frères Russo atteignent avec ce film l’apogée de cette deconstruction des super-héros qu’ils avaient entrepris avec Captain America : Le soldat de l’hiver puis Civil War. Que font des super héros s’ils n’ont plus rien à défendre et comment en arrivent-ils là ? C’est l’enjeu d’Infinity War.

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Rencontre avec : Matthew Whennell-Clark

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© Julien Benhamou

Après avoir joué dans 42nd Street et Singin’ in the rain au théâtre du Châtelet, l’acteur britannique endosse le rôle de Benny Southstreet dans la comédie musicale Guys and Dolls, actuellement au théâtre Marigny.

Quand as-tu été confronté aux comédies musicales pour la première fois ?

Quand j’étais petit ma soeur prenait des cours de danse. Un jour elle a fait un spectacle, j’y suis allé avec ma famille et je me rappelle les avoir vu danser sur la chanson Memory de Cats. Je devais avoir quatre ou cinq ans et je ne sais pas pourquoi ca m’est resté en tête! A partir de ce moment je ne voulais faire que ça! Tu vois le film Billy Elliott ? Enfant, j’étais comme ça. Je dansais partout, je dansais pour monter les escaliers, je dansais à l’école – jusqu’à ce que je me fasse harceler pour ça et alors j’ai arrêté… J’ai toujours aimé la danse, je ne sais pas si c’était une façon de m’évader mais cela m’attire depuis un très jeune age. 

Y’a t-il des danseurs qui t’ont particulièrement inspiré ?

Bien évidement Gene Kelly et Fred Astaire, beaucoup de ces vieux danseurs. Enfant, j’étais complètement obsédé par tous les films que je regardais. J’ai toujours été attiré par des danses classiques de comédies musicals comme le jazz. Bob Fosse était aussi incroyable, je ne savais pas vraiment qui il était quand j’étais petit, je ne connaissais que ses films amis déjà j’admirais beaucoup ce style de danse.

Quel a été ton premier spectacle ? 

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Nous finirons ensemble

Au cinéma le 1er mai 2019

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© Trésor Films – Canéo Films – Europacorp – M6 Films – Les Productions du Trésor – Artémis Productions

Guillaume Canet avait tout sauf envie d’une suite pour Les petits mouchoirs. Ayant « perdu un pote dans des conditions similaires à celles du film » au moment de la sortie, il n’y attache que des sentiments nauséabonds. Pourtant, quelques années plus tard, en revoyant le film, il parvient à se détacher des événements qui ont entouré sa conception et sa sortie. C’est là seulement qu’il comprend pourquoi le public lui « réclamait » une suite. Il lui faut alors une histoire.

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Rencontre avec : Virginie Bruant

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Pour la sortie de Mon inconnue, le troisième film d’Hugo Gélin, nous avons rencontré Virginie Bruant, la monteuse du film.

Comment êtes-vous devenue monteuse pour le cinéma ?

Après le bac, j’ai fait un BTS audiovisuel avec option montage, et j’ai commencé à travailler très rapidement. D’abord en documentaire, puis j’ai rencontré une monteuse qui faisait du long-métrage et j’ai été son assistante pendant neuf ans. À l’époque, il y avait un système de carte du CNC qui exigeait un certain nombre d’assistanats avant de devenir chef monteuse. Maintenant que cette carte n’existe plus – elle allait contre le droit du travail -, les monteurs viennent d’horizons très divers. J’ai fait également de nombreuses publicités, c’est un exercice que j’aime bien car il permet de faire des expérimentations, d’apprendre à saisir l’essence même d’une narration en 25 ou 15 secondes. C’est fou ce qu’on peut raconter en si peu de temps ! À l’échelle d’un long-métrage, ça peut être utile pour voir ce qui est essentiel ou non à l’intérieur d’une séquence. Les montages de formats courts et ceux de longs-métrages sont des expériences assez complémentaires.

Lorsque vous lisez un scénario, à quoi êtes vous attentive en premier ?

Principalement à l’histoire et au casting qui incarnera les personnages, qui donnera une couleur au ton du film. En effet, il faut que le ton me plaise. Si un scénario de comédie ne me fait pas rire à la lecture ou si je ne suis pas émue par l’histoire, il me sera difficile d’aider le réalisateur à l’épauler dans son travail pour rendre le film le mieux possible. Au montage, on se retrouve seule avec le film et le réalisateur alors il faut que le film me parle, c’est primordial.

Mon inconnue est une comédie romantique. Est-ce que certains modèles du genre ont pu influencer la forme du film ?

Oui, il y avait des références comme Un jour sans fin et les comédies romantiques anglo-saxonnes, Coup de foudre à Notting Hill ou Love Actually. Hugo Gélin recherchait un équilibre entre la comédie pure et le côté romantique. La directrice artistique du film et plusieurs membres de l’équipe avaient mis en commun des références visuelles sur un album partagé, ce qui permettait de s’imprégner de l’ambiance du film. Avant un tournage, j’aime beaucoup être présente à la lecture technique du scénario avec tous les chefs de poste du film, lorsqu’on l’épluche ligne après ligne en soulignant toutes les problématiques. C’était notamment important pour moi de savoir ce qui se ferait en trucages sur le tournage et en effets spéciaux en post-production. Par exemple, la neige est pour l’essentiel créée numériquement. C’était un gros travail d’effets spéciaux qu’il me fallait anticiper. C’est un film qui était très dense à l’écriture. Le premier montage faisait 2h40 ! Il y a eu 10 semaines de tournage et 2h30 de rushes par jour… ce qui est beaucoup ! Normalement, on est autour de 1h30 par jour maximum… Il a fallu trouver des solutions pour réduire la durée du film sans en affecter la continuité narrative et le rythme global. Pour la séquence du générique qui raconte les 10 ans de vie commune de Raphaël et Olivia, il y avait beaucoup de matière et nous tenions à ce que les images montées dans cette première partie ne soient pas les mêmes que celles montées dans les flashbacks de la fin pendant le concert. Pour un plan qui est monté à peine une seconde dans le film, il y a parfois une heure de rushes à regarder !

La vision que vous vous faites du film n’est pas forcément la même que celle du réalisateur. Comment délimiter votre part de création ?

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The Inheritance

Noel Coward Theatre

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© Marc Brenner

« One may as well begin with Helen’s letters to her sister », un jeune homme relit en boucle la première phrase d’Howard’s End, son roman préféré. Ils sont dix et ils essayent d’en écrire un à leur tour, assis autour d’un rectangle surélevé – une scène dans la scène – sur laquelle ils hésitent à monter. Son auteur E.M Forster vient alors leur rendre visite afin de les aider à se lancer. Enfin, ils s’y aventurent : « One may as well begin with Toby’s voicemails to his boyfriend ». L’intrigue débute, qui est Toby ? Que disent ces messages ? Pendant sept heures (réparties en deux parties), les jeunes hommes incarnent ces personnages, improvisant leurs vies : le sujet de leur roman.

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La dégustation

Théâtre de la Renaissance

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Bernard Campan, Isabelle Carré et des bouteilles de vin ©Charlotte Spillemaecker

  Jacques (Bernard Campan) aime tellement le vin qu’il est devenu caviste – son médecin, fidèle client, lui recommande souvent de calmer sa passion. Ce célibataire solitaire, un peu renfrogné, fait la rencontre d’Hortense (Isabelle Carré), venue acheter une bouteille pour l’offrir à des sans-abris. Au point de départ de cette romance entre deux timides se mêle l’apparition impromptue d’un jeune cambrioleur en liberté conditionnelle, Steve (Mounir Amamra, vu l’année dernière dans Le Monde est à toi de Romain Gavras), qui se réfugie dans la cave à vin.

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Dumbo

Au cinéma le 27 mars 2019

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Eva Green dans Dumbo © 2019 Disney Enterprises, Inc. All Rights Reserved / Jay Maidment

Les récentes productions de Disney n’enchantent guère, choisissant de faire des remakes en live-action de leurs succès d’antan au lieu de rechercher de nouvelles histoires et des univers originaux. C’était le cas, récemment, de La Belle et la Bête (Bill Condon, 2017), du Livre de la jungle (Jon Favreau, 2016) ou, bientôt, du Roi Lion (du même Jon Favreau). Dumbo semblait appartenir à cette lignée, mais c’était compter sans la patte d’un véritable auteur, Tim Burton, que l’on retrouve avec joie.

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