Minotaure

Actuellement au cinéma

© Anna Matveeva / Les films du Losange

La métaphore n’est pas forte. Pas très subtile. Le mythe grec raconte que Minos, roi de Crète, par rancune contre son peuple, sacrifiait tous les neuf ans quatorze enfants au Minotaure, monstre engendré par sa femme et le taureau blanc de Poséidon. En 2022, alors que la Russie vient d’agresser l’Ukraine, Gleb (Dmitri Mazourov), un chef d’entreprise, est chargé par le maire, avec plusieurs de ses confrères, de sélectionner quatorze de ses employés pour nourrir le front ukrainien. Minotaure, c’est l’État, bien sûr. L’État dévorant ses enfants dont Gleb est le suppôt, alors que de toutes parts la polis russe s’ébrèche, fuit comme un robinet corrodé. Les hommes fuient le pays, les épouses s’échappent du foyer. Parce que ce contexte de guerre en Ukraine, Andreï Zviaguintsev le greffe au scénario de La Femme infidèle de Claude Chabrol (1969). Un glissement contextuel du film qui épaissit à trop gros traits, tout en la réduisant, la charge sociologique et politique du drame adultérin qu’esquissait plus finement l’écriture chabrolienne.

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Fairytale

Au cinéma le 10 mai 2023

© Les films de l’Atalante

Alexandre Sokourov revient après plus de sept ans d’absence avec Fairytale. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que du haut de ses 71 ans, le cinéaste n’a jamais été aussi moderne.

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Une grande fille

Au cinéma le 7 août 2019

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©ARP Sélection

En 1945, à Leningrad, le retour est difficile pour celles et ceux qui reviennent du front… Physiquement et psychologiquement atteints, très peu ont réussi à retrouver une vie normale. C’est dans ce contexte qu’Iya et Macha travaillent comme aide-soignantes dans un hôpital militaire, après avoir été démobilisées. Dans ce lieu où l’on peut aussi bien donner la vie qu’euthanasier pour soulager, se dévoile toute l’ampleur de la souffrance d’une population qui doit vivre à la suite d’un tel cataclysme… Après Tesnota (2018), un des grands chocs cinématographiques de ces dernières années, Kantemir Balagov signe un deuxième film aussi maitrisé que le précédent. Un impressionnant portrait de femmes pour un film d’époque récompensé par le prix de la mise en scène en sélection Un certain regard, au dernier Festival de Cannes.

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