Rencontre avec : Bertrand Mandico

© Radio France

Après Les Garçons Sauvages et After Blue – Paradis Sale, Bertrand Mandico revient avec un troisième long-métrage sélectionné à la Quinzaine des Cinéastes, Conann. À cette occasion, nous l’avons rencontré.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans l’histoire de Conan le barbare ? 

Je voulais faire un récit sur la barbarie et raconter l’histoire d’une femme à travers plusieurs moments de sa vie. Je me suis dit que c’était intéressant de commencer par une période antique, à l’origine de la barbarie. Par association d’idées, je me suis amusé à jouer avec cette figure à la fois de la culture populaire, mais aussi de la mythologie, puisque Conann est un personnage qui aurait vraiment existé. Je suis parti des origines pour remonter le temps et les époques jusqu’à notre monde, voire un monde plus futuriste.

Comment avez-vous défini les époques du film ?

Le socle, c’est-à-dire la période antique, est celle décrite dans les bouquins de Robert E. Howard. La deuxième époque renvoie plus à une antiquité symbolique qu’on peut retrouver dans les films de Cocteau, c’est la période des 25 ans. Après, j’ai décidé de marquer une rupture en propulsant le récit dans le futur. Et puis quitte à aller dans le futur, autant aller dans une époque proche de la notre, donc les années 1990 dans le Bronx. À partir de là, j’ai imaginé cet autre monde qui peut rappeler les guerres contemporaines dans les pays de l’Est.

Même s’il est très fantasmé, le passage au Bronx est effectivement le plus réaliste du film. Comment avez-vous abordé ce décor ?  

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Conann

Actuellement au cinéma

Conann de Bertrand Mandico

Mandico a fait bien du chemin. Depuis son passage à la prise de vue réelle, ses films semblent avoir élargi le champ des possibles pour toute une génération de cinéastes de genre autrefois cantonnés à un certain degré de réalisme. Après deux longs-métrages remarquables, Bertrand Mandico revient avec une relecture au féminin du personnage créé par Robert E. Howard.

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Rencontre avec : Fabian Stumm

Festival Chéries-Chéris 2023

© Michael Bennett

Scénariste, réalisateur et interprète du film Des os et des noms, Fabian Stumm était cette semaine à Paris pour présenter son premier long-métrage, dans le cadre du festival Chéries-Chéris.

Le film parle de l’art comme d’un exercice assez thérapeutique : il faut écrire, jouer et mettre en scène pour reprendre contrôle sur ses émotions et les extérioriser. Est-ce que faire ce film avait ce but là pour toi aussi ?

Exactement, oui. Je travaillais avant sur un sujet différent mais plus couteux et en temps de COVID difficilement réalisable. Je me suis donc dit qu’il serait sans doute plus simple de monter un film plus intimiste. Il se trouve que je sortais d’une rupture assez douloureuse et, même si ça n’était pas forcément conscient, avec le recul je réalise que j’ai fait ce film pour m’en remettre. J’ai eu cette envie, ce besoin de définir et de réfléchir à ces choses qui me font peur ou qui me font du bien. Ces choses de ma vie qui sont saines et celles qui sont plus fragiles. Je voulais aussi raconter l’histoire de deux hommes qui s’aiment et qui se parlent, qui discutent, qui communiquent beaucoup. En tant qu’homme queer, comédien, vivant à Berlin c’est une représentation du couple que je voyais assez peu, en Allemagne en tout cas.

Est-ce aussi pour ça que tu as voulu jouer le rôle principal, pour que le projet soit totalement cathartique ?

Au début, ça me faisait un peu peur de jouer ce rôle et j’ai remarqué que, dans ma profession, lorsque quelque chose me fait peur ou m’intimide c’est qu’il y a une nécessité de le faire. De comprendre pourquoi ça me fait peur. Ça m’intéresse beaucoup de voir à l’écran quelqu’un surmonter quelque chose. Généralement, c’est très difficile pour moi de me regarder jouer mais cette fois-ci, pour la première fois, c’était plus facile. Je crois que c’est parce que c’était très naturel, rien n’était forcé. Il n’y avait pas cette distance qui peut se créer lorsque, en tant que comédien, je veux plaire à un autre metteur en scène. Là je devais jouer quelque chose que j’avais déjà beaucoup travaillé avec Knut Berger. Et j’étais en adéquation avec mes envies, aussi bien en tant que cinéaste qu’acteur. 

Est-ce que le processus de casting est plus laborieux lorsque tu es à la fois réalisateur et acteur, car tu dois trouver non seulement des partenaires de jeu mais aussi des comédiens que tu prends plaisir à filmer ?

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Des os et des noms

Festival Chéries-Chéris 2023

© Postofilm

Sur les murs blancs ou beiges des affiches de films, photos ou cartes postales dénotent de par leurs couleurs. Fabian Stumm met en scène ses personnages par rapport à l’arrière plan de façon à ce que ces motifs carrés rappellent les bulles de pensée que l’on trouvent dans les bandes dessinées. Jonathan écrit une histoire d’amour qui se termine et derrière lui, au dessus de sa tête, sont affichées des photos de lui et de Boris enfants, comme le rappel d’une intimité partagée qui traverse en ce moment même l’esprit de l’écrivain.

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La Vénus d’Argent

Actuellement au cinéma

© Pyramide Films

Électrique. C’est du moins le début de La Vénus d’argent. Une moto file sur des autoroutes désertes, dans des tunnels qui tournent à l’infini, et une silhouette, ni homme ni femme, casque de motard sur la tête, se regarde dans une vitrine. Devant elle, un costume trois pièces, dans lequel son reflet ne s’imbrique pas exactement. Dans le calme du petit matin, une barrière fragile vole en éclats et ce sont toutes les frontières sociales qui se retrouvent menacées.

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Ricardo et la Peinture

Actuellement au cinéma

© Les Films du Losange

Barbet Schroeder est un personnage de cinéma. Fait connu, le fondateur des Films du Losange a pratiqué maintes fois le caméo, mais Barbet Schroeder est aussi personnage de ses films, plus particulièrement de ses documentaires. Dans sa trilogie du mal, discret, il se discerne en une voix, en un commentaire saillant qui sort de l’ombre et vient brutalement nous replacer dans une certaine lucidité face aux flots d’horreurs évoquées. Alors quand vient la beauté, l’amitié, Barbet fleuri, Barbet sourit, surtout quand il y a Ricardo et sa peinture.

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Silver Haze

Festival Chéries-Chéris 2023

© The Jokers Films

Sacha Polak traite dans Silver Haze des liens familiaux, amicaux ou amoureux, tous confondus. Comment accueillir ou se protéger de ces confrontations incessantes, parfois apaisantes, parfois harassantes ? Et comment préserver cette capacité à s’abandonner lorsque l’esprit a été brisé et le corps broyé ?

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Sunset Boulevard

The Savoy Theatre

© Marc Brenner

Sunset Boulevard est l’une des comédies musicales d’Andrew Lloyd Webber les moins connues, au profit de Cats ou de Phantom of the Opera. Pourtant, l’adaptation du film de Billy Wilder n’a rien à envier aux autres œuvres du compositeur. En conséquence, l’avantage qu’elle possède sur celles-ci est que, plus rarement jouée, elle est sujette à des mises en scène précieuses et radicalement différentes les unes des autres. Cette année, c’est Jamie Lloyd et sa compagnie qui s’en emparent et offrent à Sunset Boulevard une renaissance triomphale.

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Little Girl Blue

Au cinéma le 15 novembre 2023

© Tandem Films

Avec Little Girl Blue, Mona Achache signe un film intimiste et puissant, relevant de l’autofiction. Un genre qui lui permet de traiter d’un sujet documentaire avéré, tout en y insérant la complexité de ses émotions ; soit une forme de cache, une distorsion propre à son regard. Car ce qu’elle cherche à scinder relève de la vie tourmentée de sa mère, Carole Achache. 

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Et la fête continue !

Au cinéma le 15 novembre 2023

© AGAT FILMS – BIBI FILM – France 3 CINEMA

Retour au bercail marseillais après un Twist à Bamako pour Guédiguian, notre Ken Loach provençal, tendance hugolienne plus que zolienne, défenseur fervent des travailleurs, au romantisme obstiné. Retour aussi de sa famille de cinéma presque au complet (Ascaride, Meylan, Darroussin ou encore Robinson Stévenin) pour chercher ensemble, dans la nuit désabusée du marasme politique, les lueurs du possible.

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