Voleuses

Disponible sur Netflix

© Netflix

On avait l’habitude d’appréhender l’œuvre de Mélanie Laurent sous l’angle de la poésie, de l’intimité et de l’émotion (notamment avec Respire, sélectionné à La Semaine de la Critique à Cannes, en 2014). Avec Voleuses, elle signe un film d’action décalé, une comédie dramatique féministe en contre-point des blockbuster américains éminemment masculins. C’est en cela original, mais le film obéit malheureusement la plupart du temps au cliché et au formatage. 

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Le Garçon et le Héron

Au cinéma le 1er novembre 2023

© Wild Bunch Distribution

Il n’est pas exagéré de décrire Hayao Miyazaki comme l’un des plus grands réalisateurs de notre temps. Des films comme Princesse Mononoké, Mon voisin Totoro ou Le château ambulant ont bercé l’enfance de générations entières et ont rempli leur imaginaire de nourriture délicieuse, de forêts magiques et de petites bestioles adorables – aussi bien que de traumatismes indélébiles. Bien que des rumeurs circulent déjà sur un nouveau projet du maître, Le Garçon et le Héron condense néanmoins en une explosion débordante la somme de son œuvre, et plus encore.

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Rencontre avec : Kleber Mendonça Filho

© Urban Distributions / Dean Medias

Après le prix du jury au festival de cannes en 2019, le réalisateur brésilien revient avec un documentaire multiforme à la richesse démentielle. Que cela soit pour dessiner les portraits de sa famille ou des salles de cinéma de son quartier, Kleber Mendonça Filho pose son regard mélancolique et plein d’empathie avec une maitrise cinématographique impressionnante sur laquelle il a accepté de se confier.

Portraits Fantômes couvre l’industrie du cinéma de Recife étalée sur une large période tout en narrant l’histoire de votre maison familiale, ce qui résulte en une grande masse d’information et un rythme de montage assez rapide. Pourtant, tout parait cohérent et parfaitement fluide. Comment vous êtes-vous organisé ?

J’avais des idées écrites sur des carnets, des calepins ou même sur mon téléphone mais le film n’avait pas de scénario, ainsi tout s’est décidé au montage, un processus très long car rien n’était réellement prévu à l’avance. Je ne suivais aucune règle ou idée préconçue, il s’agissait d’écouter et de faire attention aux besoins de l’œuvre. Par exemple, un passage faisait défiler une collection d’anciens films et cela paraissait trop pragmatique, sec. Il faut trouver de quoi le film parle, où il se dirige, et je n’étais pas satisfait du montage. J’ai lentement pris conscience des plus grandes difficultés, dont l’une était que ma femme et moi avions décidé de déménager, de quitter cette maison dans laquelle j’avais vécu tout ma vie. Il y avait cette impression de changement imminent, de devoir abandonner tout un pan de ma mémoire, de souvenirs très forts que j’ai de cet endroit. J’ai redécouvert, entre autres, les nombreux films amateurs que j’y avais tournés avec des amis, surtout de l’horreur, avec beaucoup de faux sang. Je trouvais beau de montrer cette maison à travers les nombreuses archives que j’avais en ma possession, que cela soit des vidéos VHS ou Betacam. C’est ainsi que l’on peut photographier le temps : voir la même pièce évoluer sur une vingtaine d’années, d’abord en 35 mm, puis VHS, puis en film. J’ai fait de nombreuses découvertes, retrouvé des souvenirs enterrés comme ces photographies de fantômes et un ami déclarant que j’étais médium. Tous ces éléments ont formé la première partie du film pour une durée d’environ vingt-cinq minutes, alors que cinq étaient prévues à l’origine.

Votre film est chapitré, en commençant d’abord par la maison de votre famille, puis le cinéma du quartier, comme dans un mouvement d’expansion continu. Est-ce une structure qui est apparue très tôt dans la conception de l’œuvre ? Ou plus en aval, lors du montage ?

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Portraits Fantômes

Au cinéma le 1er novembre 2023

© Urban Distribution / Dean Medias

Après un détour métaphysique dans la campagne brésilienne pour le western Bacurau, dignement récompensé par le Prix du Jury au Festival de Cannes en 2019, Kleber Mendonça Filho porte son regard sur la ville de Recife. Déjà au centre d’Aquarius comme des Bruits de Recife, le réalisateur offre ici une nouvelle exploration, plus personnelle encore, de son lieu de naissance et clé de voute de son cinéma social et fantastique. Retour au bercail doublé d’un retour dans le temps : Portraits Fantômes amorce un voyage historique, politique et social à travers les salles de cinéma qui ont enchantées son enfance. Loin d’être un simple documentaire didactique sur un artiste ou un espace clairement définis, voici peut-être l’œuvre la plus intimiste et ambitieuse d’un auteur au sommet de son art.

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Le Vourdalak

Au cinéma le 25 octobre 2023

© The Jokers Films

Premier long métrage ambitieux, Le Vourdalak déploie une panoplie de ressorts cinématographiques au service d’un conte mi-horrifique, mi-comique.

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Une année difficile

Au cinéma le 18 octobre 2023

© Carole Bethuel – 2022 Quad Films – Ten Cinéma – Gaumont – TF1 Films Production

Qu’est-ce qu’un bon Nakache et Toledano ? Question légitime, car après 7 longs métrages parmi lesquels d’immenses succès populaires et critiques (Intouchables, Nos Jours Heureux, Le Sens de la Fête ou encore Hors Normes), on est en droit de s’interroger sur le secret de la réussite des comédies sociales du tandem. Ce qui amène également à disséquer leur 8ème et dernier film, Une Année Difficile, ne réitérant ni la recette ni l’accueil de ses prédécesseurs. 

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The Old Oak

Au cinéma le 25 octobre 2023

© Wild bunch Germany

À 87 ans, l’ancien combattant Ken Loach paraît plus que jamais fatigué. Au moins autant que son héros las mais résistant TJ Ballantyne, tenant à bout de bras son Old Oak (en français : vieux chêne…), dernier pub de son village minier du nord de l’Angleterre, paupérisé suite aux fermetures successives des mines, dans l’indifférence étatique. Alors que viennent s’y installer plusieurs familles de réfugiés syriens, notre brave Ballantyne, dont le nom rime avec « choukrane » (et qui a une lettre près s’appelait comme le whisky), choisit, sous l’impulsion de sa jeune amie Yara, d’ouvrir deux fois par semaine dans son bar une cantine gratuite pour les nécessiteux, accueillant familles de réfugiés et de déclassés.

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Saw X

Au cinéma le 25 octobre 2023

© Metropolitan Filmexport

Après deux tentatives ratées de soft reboots, la saga Saw fait marche arrière comme si de rien n’était : affiche à l’ancienne, reprise de la numérotation initiale et retour des héritiers de Jigsaw, tout est fait pour appâter les fans de la première heure. Mais ce serait oublier que Saw 3D est sorti il y a maintenant 13 ans, et que son public de l’époque est désormais en âge d’être parent. Pour autant, il est difficile de dire que les producteurs ont évolué avec les spectateurs tant ce “retour aux sources » fait l’effet d’un pétard mouillé.

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The Pod Generation

Au cinéma le 25 octobre 2023

© Jour2fête Distribution

La science-fiction n’est que la projection de nos espoirs et craintes vers un futur chaque jour plus incertain. De par son potentiel à générer des images fortes, qu’elles soient des croques mitaines robotiques du futur ou des monolithes noirs plus âgés que l’humanité, le genre a trouvé de beaux classiques au cinéma, si bien qu’il est difficile aujourd’hui de proposer des expériences nouvelles, aux idées fortes, sans tomber dans le sensationnalisme bas de gamme. La réalisatrice Sophie Barthes nous présente à son tour son high-concept cauchemardesque : une grossesse décharnée et accueillie à bras ouverts.

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Faux mouvement

Rétrospective Wim Wenders

© im Wenders Stiftung, Albatros Produktion, Solaris Film, WestDeutscher Rundfunk (W.D.R.)

Un an après l’errance de deux solitaires dans Alice dans les villes, Wim Wenders retrouvait celui qui deviendra son acteur fétiche, le blond taciturne et séduisant Rudiger Vögler, dans Faux mouvement, nouveau road movie cette fois-ci en couleurs mais autrement plus grisâtre dans le ton, épaississant un style et un univers fondés sur le sentiment postmoderne de l’épuisement et celui romantique du désenchantement, sources d’un besoin immodéré de mouvement.

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