Tully

Au cinéma le 27 juin 2018

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Charlize Theron (Marlo) © Focus Features

Tully raconte l’histoire de Marlo, une mère de famille qui subit une dépression après la naissance de son troisième enfant. Elle est impuissante face aux dégâts de la grossesse sur son corps, elle peine à s’occuper des problèmes scolaires de ses ainés et à gérer le domicile familial sans l’aide d’un mari désintéressé. Afin qu’elle puisse se reposer, son frère engage pour elle une baby-sitter. Sa vie va alors changer dès l’arrivée de la jeune Tully. Le film de Jason Reitman est assez inclassable, il oscille entre comédie familiale et drame psychologique. Le genre n’est cependant pas ce qui intéresse le réalisateur, il veut raconter une histoire, une période de vie. Juno puis Young Adult : la plupart de ses films traitent de l’acte de grandir. Ici, il s’agit du moment où l’on dit au revoir à sa jeunesse et accepte la responsabilité d’être adulte. 

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Manifesto

Au cinéma le 23 mai 2018 / Rétrospective Cate Blanchett

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Cate Blanchett, exceptionnelle, endosse treize rôles dans ce surprenant film concept ©Haut et court distribution

À l’origine, ce film n’est pas destiné au cinéma : il s’agit d’une installation exposée dans les musées d’art contemporain, qui diffusait simultanément sur treize écrans les scènes des différents personnages incarnés par Cate Blanchett. Si le montage conçu par l’artiste allemand Julian Rosefeldt pour les salles obscures fait perdre à l’œuvre la force qu’elle puisait dans la liberté de déplacement laissée au spectateur, il fait néanmoins place à un étonnant et passionnant film-concept.

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Sans un bruit

Au cinéma le 20 juin 2018

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John Krasinski ( Lee Abbott) et Noah Jupe (Marcus Abbott) © Paramount

Sans un bruit c’est l’histoire d’un monde post-apocalyptique dans lequel les survivants doivent rester silencieux afin de ne pas être repérés par les différents monstres qui rôdent. On suit alors la vie de parents qui tentent de protéger leur enfants, que l’arrivée d’un nouveau né met en danger. Le film de John Krasinski, qui a fait l’objet de critiques très positives depuis sa sortie à l’international, est très attendu en France.

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Solo : A Star Wars Story

Au cinéma le 23 mai 2018

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Alden Ehrenreich (Han Solo) © The Walt Disney Company France

Le spin-off sur le personnage de Han Solo faisait partie de la sélection officielle du festival de Cannes cette année et est sorti dans une relative discrétion. Le film n’a pas fait l’objet d’une promotion faramineuse comme ses prédécesseurs. Cela pourrait expliquer que le film ait réalisé le plus mauvais démarrage de l’histoire des Star Wars. Ou bien c’est le bouche à oreille entre les spectateurs et les critiques negatives qui ont enterré le film dès sa sortie. Le nouvel opus de Ron Howard sur un des héros les plus aimés de la galaxie peut-il vraiment être qualifié de mauvais ?

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Désobéissance

Au cinéma le 13 juin 2018

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«Whenever I’m alone with you
You make me feel like I am free again»… ©Mars Films

Ronit (Rachel Weisz), photographe à New York, retrouve pour quelques jours et après des années d’absence la communauté juive orthodoxe londonienne dans laquelle elle a grandi : son père, rabbin, vient de mourir. Sa vie new-yorkaise l’a considérablement éloignée des moeurs de la communauté, et sa présence que personne ne semblait attendre crée le trouble. Elle revoit pour cette occasion le fils spirituel de son père (Alessandro Nivola), désormais marié à Esti (Rachel McAdams), avec qui elle a vécu une histoire passionnée avant son départ définitif…

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Consent

Harold Pinter Theatre

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Clare Foster (Zara), Stephen Campbell Moore (Edward) et Lee Ingleby (Tim) © Johan Persson

La pièce écrite par Nina Raine en 2017 avait connu un grand succès lors de sa première production au National Theatre la même année. Elle est ce mois-ci reprise au théâtre Harold Pinter pour dix semaines seulement. L’auteur britannique met en scène deux couples mariés Jake et Rachel d’un coté, Edward et Kitty de l’autre. Au quatuor d’amis s’ajoutent Zara et Tim. La plupart travaille ensemble dans le monde de la justice et vont être confrontés à Gayle, une jeune femme victime de viol. Cette affaire va être le point de départ de plusieurs débats mouvementés au sein du groupe. Leurs vies personnelles commencent alors à tomber en morceaux sous les répercussions de leurs problèmes professionnels. Les personnages voient leur certitudes se détruire et sont mis au défi d’avoir assez de courage pour se remettre en question. 

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The Child in Time

Sur Canal+ le 28 mai 2018

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Benedict Cumberbatch (Stephen Lewis) © BBC One

Basé sur le livre de Ian McEwan du même titre, The Child in Time raconte l’histoire de Stephen Lewis, un écrivain pour enfants dont la vie bascule lorsque sa fille de quatre ans disparaît. Le téléfilm de Julian Farino, connu pour son travail sur la série Entourage, produit par la BBC se centre sur les différentes étapes du deuil et leur répercutions sur la vie personnelle et professionnelle des protagonistes.  Continuer à lire … « The Child in Time »

Le Limier

Sur Arte le 28 mai 2018

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Après le tournage de Cléopâtre, Mankiewicz avait déclaré qu’il ne réaliserait plus qu’un film avec deux acteurs dans une cabine téléphonique. C’est presque chose faite avec Le Limier, huis-clos avec lequel il termine volontairement sa carrière (il meurt vingt ans plus tard). Dans cet ultime film, le réalisateur d’Ève et Jules César resserre son terrain de jeu cinématographique à l’extrême, à la limite de la théâtralité. Le Limier est une tragédie en trois actes. Trois coups de théâtre, un lieu, deux personnages. L’un est un écrivain reconnu et bourgeois, l’autre est un coiffeur issu d’une famille d’immigrés italiens. Andrew Wike (Laurence Olivier) et Milo Tindle (Michael Caine) se rencontrent pour la première fois mais se connaissent pour une simple (mais déconcertante) raison : Milo vient demander à Andrew la permission d’épouser sa femme Marguerite dont il est l’amant. Pourquoi devaient-ils se rencontrer ? Andrew a invité Milo dans sa somptueuse demeure pour lui proposer un marché : simuler un vol de bijoux. Milo les revendra et pourra alors répondre aux goûts luxueux de sa nouvelle compagne, et Andrew empochera l’argent de l’assurance.

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Leto

Au cinéma le 5 décembre 2018

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©Kinovista/Bac Films

Sur une plage, des jeunes dansent autour d’un feu. Ils chantent, échangent, improvisent des refrains sur leurs guitares. Une euphorie de musique et de liberté à laquelle se joint un garçon de 19 ans : Viktor Tsoï, aux faux airs de Jimmy Page et Jim Morrison, qui s’apprête à devenir une légende du rock soviétique au moment de la pérestroïka. On est à Leningrad, en 1981, et les élans créatifs de la jeunesse sont freinés par l’austérité régnante, l’anti-américanisme et la censure. Face à cela, Viktor, véritable icône nationale (il est encore très aimé aujourd’hui en Russie), romantique et amoureux de musique, incarne avec Mike, rocker qui le prend sous son aile, à la fois son influence et son rival, et Natasha, leur muse, tous incarnés avec grâce et charisme, une génération pressée d’exister et décidée à ne jamais cesser de s’exprimer.

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Rencontre avec : François de Brauer

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© Victor Tonelli

Dans La Loi des prodiges, François de Brauer incarne seul et minutieusement une panoplie de personnages pour nous raconter l’histoire de Rémi Goutard, un député qui cultive une haine sans pareil des artistes. Un spectacle merveilleux porté par un comédien épatant, qui affichait complet à Paris au théâtre de La tempête le mois dernier et entame actuellement une tournée en France.

Est-ce qu’il y a beaucoup d’éléments autobiographiques dans le spectacle ? 

Fatalement quand tu écris, il y a toujours une part autobiographique pour que cela soit ancré dans quelque chose d’intime, même si tu pars dans des univers délirants. En plus, le seul en scène c’est très particulier, c’est exposer sa sensibilité radicalement. Si tu ne fais pas ça en tant qu’auteur et interprète, tu passes un peu à coté de l’exercice du seul en scène je trouve. J’ai improvisé par rapport à ces codes autobiographiques parce que j’ai été un spectateur totalement idolâtre de Philippe Caubère. C’est un acteur et auteur qui travaille sur ce mode la, il joue beaucoup de personnages tout en racontant sa vie. Alors assez rapidement, j’avais envie de me démarquer de ce maître et de raconter une histoire qui ne soit pas la mienne. Vraiment créer des personnages, les caractériser, structurer une histoire sur une longue période de vie. J’avais envie de ce côté épopée et biopic. Ça me paraît être la convention d’aujourd’hui pour faire un seul en scène d’être dans l’autobiographie. C’est un peu une facilité, dans le sens où tu te débarrasses du soucis d’imaginer. Moi je n’avais pas envie de me faciliter le travail et même, au contraire, je voulais me compliquer la tâche en me disant que j’allais imaginer toute une histoire. J’avais aussi des prétentions d’écriture de fiction depuis longtemps que je n’arrivais pas à mener à bien. Mais je crois que c’est parce que je n’avais pas encore trouvé ma manière d’écrire, qui se fait en jouant. 

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