Maestro

Disponible sur Netflix

© Netflix

La figure de Leonard Bernstein était faite pour le cinéma. D’abord, car il est l’un des seuls chefs d’orchestre américains reconnus à l’international, il était donc évident que les studios de production finiraient par s’en saisir. Ensuite, parce qu’il dirige de façon particulièrement cinégénique ; il existe d’ailleurs pléthore de matériaux visuels (interviews, leçons ou concerts) permettant de l’imiter ou, rendons à Cooper ce qui est à Cooper, de recréer l’image de Bernstein, à la perfection. Le fait que son œuvre de compositeur soit toujours exploitée – un récent remake de West Side Story par Steven Spielberg – et que son histoire personnelle soit dans l’air du temps – il affichait une sexualité décomplexée – achevaient de faire de ce 20 décembre 2023 le moment propice à la sortie, très attendue, de Maestro.

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La fille de son père

Actuellement au cinéma

© Pyramide Distribution

« Lorsqu’elle vous a quitté, Valérie a fait de vous un personnage de tragédie » affirme Youssef à Étienne. La rencontre entre Valérie et Etienne, leur idylle et la naissance de Rosa nous sont montrés succinctement, sans dialogue. Les événements s’enchainent, jusqu’au jour où Valérie laisse Etienne, avec Rosa dans les bras. À ce moment là, il devient non seulement un personnage de tragédie mais aussi, et surtout, un personnage de cinéma.

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Légua

Actuellement au cinéma

© Norte Distribution

Ana (Carla Maciel) vit avec Victor (Paulo Calatré) dans un petit village au nord du Portugal. L’une est femme de ménage dans un manoir inhabité, l’autre est ouvrier. Leurs enfants sont grands et étudient loin d’ici, « ils font des études pour ne pas finir comme nous », explique le mari. Ce couple encore fougueux souhaite à présent s’exiler, pour le travail, en France. Mais Emilia (Fátima Soares), la gouvernante qui œuvre à l’entretien de la maison aux côtés d’Ana depuis de nombreuses années, est soudain frappée de maladie. Ana reste, son conjoint part, leur fille vient les retrouver.

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Wonka

Actuellement au cinéma

© 2023 Warner Bros

Les premières notes de « Pure Imagination », délicatement touchées sur un clavier, du bout des doigts… et nous voguons déjà vers un univers magique et familier. À la surface d’une eau agitée et soulevée par des vagues, un bateau… Un magistral mouvement de caméra accompagne le spectateur jusqu’au protagoniste de cette histoire, Willy Wonka (Timothée Chalamet). Hissé, en haut de la grand-voile, il commence à chanter. Magie, fantasmes et ambitions seront les maîtres-mots de cette traversée. Voilà une histoire qui s’ancre dans une énergie très Walt Disney – on l’ajouterait facilement à un top des films de Noël réconfortants – dans le registre pas moins convenu d’un conte pour enfant caricatural.

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Past Lives – nos vies d’avant

Actuellement au cinéma

© ARP Selection

Nora et Hae Sung sont de très bons amis d’enfance, ils n’envisagent pas la vie l’un sans l’autre. Mais lorsque la famille de Nora émigre aux États-Unis, leur relation s’arrête abruptement. Et ce jusqu’à ce que Hae Sung parvienne à retrouver Nora grâce aux réseaux sociaux et à reprendre contact avec elle. Des deux enfants jouant à grimper sur les statues d’un jardin en Corée, on retrouve le regard enjoué lorsque les deux adultes se rencontrent des années après, dans un parc américain.

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Vermines

Paris International Fantastic Film Festival 2023

© Tandem

Principale source d’angoisse dans l’inconscient collectif, l’araignée est étrangement le parent pauvre du cinéma horrifique. Lorsqu’elle n’est pas reléguée à une simple séquence choc (L’homme qui rétrécit, L’au-delà), l’arthropode ne trône que rarement en tête d’affiche, le dernier exemple honorable étant Arachnophobie en 2001. Suite à quelques courts-métrages inégaux mais non dénués de promesses, Sébastien Vaniček troque les maisons californiennes filmées par Frank Marshall pour un HLM de Noisy-le-Grand, sujet d’une invasion.

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Godzilla Minus One

Paris International Fantastic Film Festival 2023

© Piece of Magic Entertainment

Parmi les nombreuses franchises qui pullulent dans l’industrie cinématographique actuelle, Godzilla est une des seules parvenant à trouver du renouvellement dans chacune de ses itérations, réussies ou non. Tour à tour protagoniste ou antagoniste, symbole du traumatisme nucléaire ou d’un problème écologique plus global, le lézard ne cesse de muter pour accompagner les inquiétudes de son époque. Shin Godzilla, dernier exemple japonais en date, offrait notamment une passionnante alternative bureaucratique au kaijū eiga et figurait la banqueroute politique du pays à travers l’évolution progressive de la bête. 37e épisode de la saga, Godzilla Minus One décide de faire à nouveau table rase et impose un retour aux sources, en plaçant son film dans l’immédiat après-guerre, contexte qui n’avait pas été abordé depuis le premier épisode de 1954.

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Dream Scenario

Paris International Fantastic Film Festival 2023

© Metropolitan FilmExport

Si Les Griffes de la Nuit marque les esprits à sa sortie en 1984, c’est qu’il tombe probablement au moment opportun pour incarner les angoisses d’une jeunesse en crise. Plus de quarante ans plus tard, Kristoffer Borgli décide, après son remarqué Sick of Myself, de reprendre peu ou prou le même concept mais transpose Freddy Krueger dans le corps d’un cinquantenaire moyen, apparaissant soudainement dans les rêves de millions de personnes. Hélas, au slasher brut succède désormais un lourd pensum sociétal. 

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Kokomo City

Actuellement au cinéma

© Magnolia Pictures

Un clip de hip-hop avec des transitions coup de poing, des lettres jaunes dégoulinantes qui s’écrasent sur l’image, et un discours sur l’intersectionnalité des luttes trans, noires et féministes mieux articulé que certaines thèses académiques : c’est le mélange explosif mis en place par D. Smith. Dans ce documentaire qui brise tous les codes du genre, le rire, la tragédie, la performance expérimentale, l’exubérance flamboyante et le quotidien le plus banal se côtoient en un débordement parfois étourdissant mais toujours fascinant.

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Rencontre avec : Bertrand Mandico

© Radio France

Après Les Garçons Sauvages et After Blue – Paradis Sale, Bertrand Mandico revient avec un troisième long-métrage sélectionné à la Quinzaine des Cinéastes, Conann. À cette occasion, nous l’avons rencontré.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans l’histoire de Conan le barbare ? 

Je voulais faire un récit sur la barbarie et raconter l’histoire d’une femme à travers plusieurs moments de sa vie. Je me suis dit que c’était intéressant de commencer par une période antique, à l’origine de la barbarie. Par association d’idées, je me suis amusé à jouer avec cette figure à la fois de la culture populaire, mais aussi de la mythologie, puisque Conann est un personnage qui aurait vraiment existé. Je suis parti des origines pour remonter le temps et les époques jusqu’à notre monde, voire un monde plus futuriste.

Comment avez-vous défini les époques du film ?

Le socle, c’est-à-dire la période antique, est celle décrite dans les bouquins de Robert E. Howard. La deuxième époque renvoie plus à une antiquité symbolique qu’on peut retrouver dans les films de Cocteau, c’est la période des 25 ans. Après, j’ai décidé de marquer une rupture en propulsant le récit dans le futur. Et puis quitte à aller dans le futur, autant aller dans une époque proche de la notre, donc les années 1990 dans le Bronx. À partir de là, j’ai imaginé cet autre monde qui peut rappeler les guerres contemporaines dans les pays de l’Est.

Même s’il est très fantasmé, le passage au Bronx est effectivement le plus réaliste du film. Comment avez-vous abordé ce décor ?  

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