Alice dans les villes

Festival Lumière 2023 / Rétrospective Wim Wenders

©  Les Films du Losange

La première séquence d’Alice dans les villes s’ouvre sur un avion qui plane dans le ciel, métaphore du voyage que vont entreprendre le protagoniste, un photographe et journaliste esseulé, et une petite fille, Alice, laissée pour compte par sa mère, rencontrée à l’aéroport, et remise aux mains de Phillip. La caméra pivote et nous retrouvons Phillip, appareil photo en main, prendre un cliché de la mer, la mer qui rappelle la mère, le point final de l’aventure. 

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La Conférence

Au cinéma le 19 avril 2023

© Condor Distribution

Aborder un sujet aussi grave que l’Holocauste n’est pas aisé, surtout lorsque le cinéma a déjà approché cette époque avec déjà nombre de propositions personnelles et définitives. Dans le sillage des classiques de Lanzmann, Resnais ou Polanski, le réalisateur Matti Geschonneck propose La Conférence, exploration de la conférence de Wannsee lors de laquelle des hauts dignitaires nazis ont tracé les grandes lignes de l’Holocauste. Remake d’un film paru en 1984, doit-on craindre la redite ou, pire, un drame de mauvais goût ?

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Kokon

Au cinéma le 5 avril 2023

© Salzgeber & Co. Medien GmbH

C’est l’été. Nora a quatorze ans. Elle grandit entourée de sa sœur, Jule, protectrice, et d’une mère absente, alcoolique, au sein d’un cocon familial chaotique. Elle se cherche, regard inquiet, timide, déstabilisée par l’exposition de l’intimité propre aux réseaux sociaux, au sein de laquelle Jule excède, se filmant avec son téléphone portable sur fond de musique rebelle, embrassée par une caméra volatile, de dos ; où chacun vit en permanence sous le regard des autres, à l’affût d’images, de paroles, de conseils à enregistrer.

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Le Ciel rouge

Actuellement au cinéma

© Les Films du Losange

Léon et Félix se rendent en vacances dans une maison sur la côte. Du moins, c’est ce que tout le monde pense mais Léon, lui, n’est pas en vacances, il doit terminer d’écrire le manuscrit de son livre et il a rendez-vous avec un éditeur dans quelques jours. Or ses studieuses ambitions vont se heurter non seulement à la présence d’une troisième invitée dans la maison mais aussi aux incendies qui sévissent dans les forêts alentours, se rapprochant dangereusement.

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Rencontre avec : Henrika Kull

© dafilms

Réalisatrice allemande, Henrika Kull était à Paris à l’occasion de la sortie de son deuxième long-métrage, Seule la joie. Nous avons pu la rencontrer et l’interroger sur cette histoire d’amour atypique entre deux travailleuses du sexe dans une maison close berlinoise.

Le film se déroule dans une maison close. Pourquoi avez-vous été attirée vers ce décor particulier ?

J’ai fait des études de sociologie et, en tant que sociologue, on est toujours intéressé par différents milieux. Ce n’est pas pour éprouver des sensations fortes, mais pour me rapprocher de ces gens, pour leur parler, pour essayer de comprendre un processus de stigmatisation à la fois très élémentaire et très complexe. Mon premier film était un court documentaire sur une maison close et après j’y suis revenue, pendant des années. L’endroit m’intriguait. Je ne cherchais pas à y trouver une histoire, mais quand j’y étais, je me disais que cet endroit devait figurer dans un film.

Comment travaille-t-on avec des acteur.rice.s au milieu d’un décor réel, c’est à dire avec en arrière-plan des non pas des figurants mais des personnes qui font leur travail ?

C’était un premier rôle pour les deux. Katharina, l’actrice de Sascha, avait déjà joué, mais jamais dans un long-métrage. En général, j’aime travailler avec des gens qui n’ont pas beaucoup d’expérience. On travaille ensemble sur la biographie des personnages, on va très loin dans leur histoire personnelle. C’est impossible de tourner de façon normale dans un environnement réel, avec des gens réels et toute une vie qui continue à se dérouler autour de nous. La façon de jouer est spécifique, très différente de ce que l’on trouve généralement dans un film de fiction.

Les corps représentés à l’écran sont différents de ceux que l’on a l’habitude de voir dans un film : Celui de Maria est tatoué, celui de Sascha, âgé par rapport aux standards de beauté de l’industrie. Même ceux des clients sont très variés. Qu’est-ce qui vous a donné envie de filmer ce genre de corps ?

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