Là où Hanako boit sa bière dans des verres à pieds, la famille de Miki boit la sienne à même la cannette. Ces quelques plans indiquent très clairement la forte différence de classe entre les deux jeunes femmes et leurs amies. Et pourtant, celle-ci n’empêchera pas une forte sororité de se développer.
Christiane Jatahy réinvestit la salle de l’Odéon pour mettre à mal les fondements d’une société fasciste – ceux qui résident finalement dans un postulat plus humain que politique.
Comment un jeune séminariste de dix-sept ans en arrive-t-il à décapiter un garçon plus jeune que lui ? C’est l’ambition du cinéaste Vincent Le Port : remonter aux origines d’un meurtrier méconnu.
Avec De nos frères blessés, Hélier Cisterne réalise son deuxième long métrage après Vandal (2013). À l’origine du film, un roman et un homme : dans son premier livre du même nom, l’écrivain Joseph Andras exhumait la trajectoire oubliée (et pourtant peu ordinaire) de Fernand Iveton, un pied noir qui s’est battu pour l’indépendance de l’Algérie dans les années 1950.
« Femme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes », eût pu tout aussi bien écrire Baudelaire dans son poème L’Homme et la mer. Cette vérité, le capitaine Jakob Storr la découvrira tout au long de ses années de mariage et au-delà, sans jamais parvenir à la conjurer. L’Histoire de ma femme est une histoire d’abîmes, une histoire trouée, fruit du regard d’un mari qui, à l’image de ces vues à travers des hublots, semble poser un cache sur le réel.
Le second long métrage d’Anita Rocha da Silveira propose un savant mélange de genres pour dénoncer un extrémisme masqué. Que se passe t-il lorsque les femmes – armées d’une puissante volonté émancipatrice – se retournent vers leurs semblables ? Une perte de sens, de valeurs, de cohésion. Glaçant.
Second long métrage du réalisateur franco-québécois Éric Gravel, À plein temps est une de ces perles dissimulées qui se révèlent peu à peu à l’œil du spectateur.
La recette est simple : après avoir choisi une histoire de romance éculée, incorporez des thèmes universels qui, si formulés élégamment, donnent l’illusion de l’intime, incluez des marqueurs d’époque, opposez plans composés à caméra portée, diluez quelques questions de sociétés pour montrer votre éveil aux problématiques contemporaines, saupoudrez de quelques gros plans d’une jeune actrice inconnue et inexpressive. Voilà, votre film pseudo-générationnel est prêt !
Au cinéma, il arrive que l’on déniche quelques bijoux insoupçonnés. La Légende du roi crabe, servi par un titre peu séduisant et une visibilité médiatique proche du néant, comme il est de coutume hélas pour ce cinéma aux ambitions non commerciales, est de ces œuvres inattendues qui ravissent, étonnent, procurent cette émotion rare que vise toute œuvre d’art. Dans ce qui est leur premier long-métrage de fiction, les réalisateurs Alessio Rigo de Righi et Matteo Zoppis parviennent, au sein de la forme a priori mineure du conte traditionnel, à générer une indéniable force romanesque.
Le cinéma d’Alain Guiraudie est souvent associé aux territoires qu’il filme : une enquête qui remue les milieux gays naturistes du cap d’Agde, une histoire d’amour périurbaine aux alentours d’Albi ou encore une forme de mysticisme de la solitude dans la Lozère. Ce film ne fait pas exception. Voici la comédie noire dans la ville grise.